L’essentiel
- Le Gouvernement a approuvé le sixième amendement au prêt de 500 millions d’euros contracté par la Roumanie auprès de la Banque mondiale pour le secteur de la santé, signé en 2019 et ratifié par la loi n° 1/2021.
- Le délai jusqu’auquel la Roumanie peut encore effectuer des décaissements a été prolongé de 12 mois, jusqu’au 30 juin 2027, à la demande formulée par le ministère des Finances en janvier 2026.
- S’y ajoute une nouvelle composante d’assistance technique pour la gouvernance du système de santé, l’évaluation des technologies de santé, les achats centralisés et un système de prix et de remboursement des médicaments.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 686 du 19 août 2026
Adoptée : 14 août 2026
Le programme de 500 millions d’euros par lequel la Banque mondiale finance la médecine de famille en Roumanie dispose d’une année supplémentaire pour dépenser les fonds. Le Gouvernement a approuvé, par la Décision n° 629/2026, le sixième amendement à l’accord de prêt signé à New York le 23 septembre 2019 et ratifié par la loi n° 1/2021. L’amendement a été convenu par une lettre signée à Bruxelles le 4 juin 2026 et à Bucarest le 16 juin 2026. C’est le deuxième acte de cette journée qui porte sur le financement de services publics, à côté de celui par lequel l’État prend en charge l’évaluation médicale des personnes handicapées.
Le prêt finance un programme axé sur les résultats, c’est-à-dire un programme dans lequel les décaissements interviennent au fur et à mesure que sont atteints des indicateurs convenus à l’avance, et non sur factures. L’objectif déclaré dans l’accord est d’accroître la couverture en services de soins de santé primaires pour la population mal desservie et d’améliorer l’efficacité des dépenses de santé.
La demande de modification est venue du ministère des Finances, par une lettre du 21 janvier 2026, qui demandait notamment la prolongation de 12 mois de la date limite de décaissement et l’introduction d’une composante de financement de projets d’investissement. La Banque a accepté, et le document de restructuration approuvé est daté du 27 mai 2026 et doit être publié sur le site externe de la Banque.
Les effets concrets
Le premier effet porte sur le délai. La date limite de décaissement devient le 30 juin 2027. C’est l’intervalle pendant lequel la Roumanie peut encore demander à la Banque des fonds sur les 500 millions d’euros ; après cette date, les montants non décaissés ne seront plus accessibles. La prolongation de 12 mois est précisément la raison principale pour laquelle l’amendement a été demandé.
Le deuxième effet est structurel. Le prêt ne finance plus seulement un programme, mais aussi un projet. La section 2.01 réécrite indique que les fonds soutiennent le financement du programme figurant à l’annexe 1 et du projet figurant à la partie 2 de la même annexe, les deux étant désignés ensemble comme l’opération, auxquels s’ajoute un soutien au titre de l’option de réponse rapide. Concrètement, à un dispositif qui payait des résultats vient s’ajouter une ligne classique de financement des investissements et de l’assistance technique.
Le troisième effet tient au contenu de cette nouvelle composante. La partie 2 comporte deux points. Le premier, l’amélioration de la gouvernance, de l’administration et de la rentabilité du secteur de la santé, par une assistance technique destinée aux capacités du ministère de la Santé, y compris pour l’évaluation des technologies de santé, les achats centralisés et un système de fixation des prix et de remboursement pour tous les produits pharmaceutiques. Le second, le soutien à l’unité de gestion du projet du ministère, pour la gestion, le suivi, l’évaluation et l’établissement de rapports.
Le quatrième effet concerne les responsabilités. L’article III réécrit indique que l’Emprunteur, c’est-à-dire l’État roumain, met en œuvre l’opération par l’intermédiaire du ministère de la Santé, en coopération avec d’autres institutions. Le ministère doit maintenir pendant toute la durée de la mise en œuvre une unité de gestion du projet et un comité de pilotage composé de représentants du ministère et des autres institutions concernées, et chaque institution doit conserver des points centraux de suivi et contribuer aux rapports dans un délai maximal de 30 jours à compter de la fin de chaque semestre.
Le cinquième effet est administratif et explique une partie de l’amendement. Toutes les références au ministère des Finances publiques et à l’abréviation MoPF se lisent désormais ministère des Finances et MoF, et le représentant de l’Emprunteur est le ministre des finances. La section 1.03 de l’accord est supprimée dans son intégralité, et les adresses de correspondance des deux parties sont mises à jour.
Le sixième effet concerne la destination des fonds, qui reste la même. Le premier domaine de résultats vise la couverture en soins de santé primaires pour la population mal desservie : infirmiers communautaires et médiateurs sanitaires roms recrutés et formés pour travailler dans les communautés, éducation sanitaire et accompagnement dans le système pour les groupes vulnérables, ainsi qu’un panier minimal de services pour les personnes non assurées, aligné sur le panier de base. Le deuxième domaine vise le déplacement de l’accent de l’hôpital vers les soins de santé primaires, par la révision du panier de services, le renforcement de la prévention et la correction des mécanismes de paiement de la Caisse nationale d’assurance maladie.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Par rapport à la version antérieure de l’accord, le changement de fond est la double nature du prêt. Jusqu’à présent, il s’agissait d’un programme axé sur les résultats, dans lequel les décaissements intervenaient à l’atteinte de certains indicateurs. Désormais, à côté de celui-ci existe aussi un projet financé de manière classique, pour l’assistance technique et la gestion. C’est une reconnaissance implicite du fait que les indicateurs seuls ne suffisaient pas : pour les atteindre, le ministère avait besoin d’un soutien technique que le dispositif initial ne couvrait pas.
Le deuxième changement est le calendrier. La date limite de décaissement est repoussée d’un an, au 30 juin 2027. L’annexe des indicateurs liés aux décaissements conserve des résultats à atteindre en 2025, 2026 et 2027, et le texte précise que les indicateurs peuvent être atteints jusqu’à la date limite de décaissement.
Le troisième changement porte sur l’architecture juridique des documents. Les annexes n° 1, 2 et 4 à l’accord de prêt sont intégralement remplacées par les textes figurant aux annexes de la lettre d’amendement, l’avenant à l’annexe 2 est supprimé dans son intégralité, et le document joint, celui des définitions, est lui aussi réécrit. Autrement dit, celui qui consulte l’accord doit lire désormais la version publiée dans cette édition du Journal officiel de la Roumanie, et non celle de la loi n° 1/2021.
Ce qui n’a pas changé : le montant. Le prêt reste de 500 millions d’euros, avec la possibilité d’une conversion de monnaie périodique. L’amendement n’augmente pas le financement, il redistribue la manière dont il peut être utilisé et prolonge le délai.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Les fonds restent disponibles une année de plus. Sans prolongation, les montants non décaissés à l’échéance antérieure auraient été perdus et le programme se serait interrompu à mi-chemin.
- La nouvelle composante d’assistance technique s’attaque précisément aux points faibles reconnus dans l’accord : l’évaluation des technologies de santé, les achats centralisés et un système cohérent de prix et de remboursement des médicaments.
- La structure de mise en œuvre est renforcée, avec une unité de gestion du projet et un comité de pilotage maintenus obligatoirement pendant toute la durée de l’opération.
- L’objectif reste centré sur la médecine de famille et sur les communautés mal desservies, y compris par des infirmiers communautaires et des médiateurs sanitaires.
- Le document de restructuration doit être publié sur le site de la Banque mondiale, il pourra donc être vérifié publiquement.
Ce qui reste problématique
- Une prolongation demandée plus de six ans après la signature de l’accord montre que le rythme de mise en œuvre a été très inférieur à celui prévu.
- C’est le sixième amendement au même accord, ce qui rend la version en vigueur difficile à suivre : le texte de la loi n° 1/2021 ne correspond plus à la réalité.
- L’annexe des indicateurs conserve des résultats qui devaient être atteints en 2025, une partie des retards est donc reportée et non rattrapée.
- Le montant n’augmente pas, tout ce qui s’ajoute au titre de l’assistance technique est donc financé sur les mêmes 500 millions d’euros qui auraient dû aller vers les résultats.
- La décision du Gouvernement approuve l’amendement, mais son entrée en vigueur dépend d’un échange de notifications avec la Banque, donc d’une étape qui n’apparaît pas dans le Journal officiel de la Roumanie.
Conseils pratiques
- Si vous travaillez dans une institution associée au programme, retenez le délai de rapport : la contribution aux rapports du programme se transmet dans un délai maximal de 30 jours à compter de la fin de chaque semestre calendaire.
- Si vous suivez le financement des soins de santé primaires, la date qui compte désormais est le 30 juin 2027. Passé ce jour, les montants non décaissés ne seront plus accessibles.
- Ne lisez pas l’accord publié avec la loi n° 1/2021 comme étant la version en vigueur. Les annexes n° 1, 2 et 4 et le document joint ont été remplacés par cet amendement.
- Les prestataires de services médicaux intéressés par le panier minimal destiné aux personnes non assurées trouvent l’objectif décrit dans le domaine de résultats 1 de l’annexe 1, dans la version publiée maintenant.
- Pour qui suit les achats dans la santé, la nouvelle composante d’assistance technique inclut explicitement les achats centralisés et un système de fixation des prix et de remboursement pour tous les produits pharmaceutiques.
- Le document de restructuration, daté du 27 mai 2026, doit être publié sur le site externe de la Banque mondiale. C’est la source qui explique pourquoi la restructuration a été nécessaire.
Questions fréquentes
La Roumanie emprunte-t-elle de l’argent nouveau ?
Jusqu’à quand les fonds peuvent-ils encore être décaissés ?
Que signifie programme axé sur les résultats ?
Quelle est la nouvelle composante ajoutée maintenant ?
Qui administre le programme ?
À quoi servent concrètement les fonds ?
À partir de quand l’amendement s’applique-t-il ?
Pourquoi lit-on ministère des Finances au lieu de ministère des Finances publiques ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
