L’essentiel

  • La téléréadaptation entre dans la loi en tant que service de télémédecine : la rééducation peut être délivrée à distance, par des moyens numériques, de la consultation et du bilan fonctionnel jusqu’à l’intervention thérapeutique, l’éducation du patient et son suivi.
  • Peuvent la fournir les médecins de réadaptation, mais aussi les cardiologues, les neurologues, les neurochirurgiens et les orthopédistes, ces derniers uniquement dans les 3 premiers mois qui suivent l’événement aigu ou l’opération, ainsi que les médecins d’autres spécialités cliniques et les prestataires autorisés de services connexes à l’acte médical.
  • La loi est entrée en vigueur le 16 juillet 2026, mais elle ne s’applique pas encore en pratique : les normes méthodologiques doivent être élaborées par le ministère de la Santé dans un délai de 30 jours et approuvées par décision du Gouvernement.
Acte : loi n° 138/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 574 du 13 juillet 2026
Entrée en vigueur : 16 juillet 2026

Un patient opéré du genou ou sorti de l’hôpital après un infarctus pourra faire ses séances de rééducation depuis chez lui, devant un écran, avec le médecin qui le voit et le corrige à distance. La loi n° 138/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 574 du 13 juillet 2026, ajoute la téléréadaptation à la liste des services de télémédecine de la loi n° 95/2006. C’est le deuxième mouvement de 2026 qui place la réadaptation cardiaque sous l’attention du législateur, après que les stimulateurs cardiaques sans sonde ont été inscrits sur la liste des fournitures médicales remboursées.

La loi est courte, deux articles, mais elle fait deux choses distinctes. Elle ajoute d’abord une lettre nouvelle, la lettre g), à l’énumération des services de télémédecine de l’art. 30^1 al. (6) de la loi n° 95/2006. Elle introduit ensuite un article nouveau, l’art. 30^13, qui dit qui peut fournir la téléréadaptation et ce qu’elle recouvre.

Jusqu’à présent, la rééducation était, par définition, une activité de contact : le patient se rendait au cabinet ou dans le centre de traitement. Le texte nouveau reconnaît qu’une partie de celle-ci, le bilan fonctionnel, le guidage de l’exercice, l’éducation du patient et le suivi, peut se faire aussi par écran.

Les effets concrets

La téléréadaptation devient une catégorie juridique, non plus une pratique tolérée. Le texte la définit comme la fourniture à distance des services de médecine physique et de réadaptation et des services connexes à l’acte médical, par des moyens numériques, pour la consultation, le bilan fonctionnel, l’intervention thérapeutique spécialisée, l’éducation du patient et le suivi de celui-ci. Cela fait cinq composantes distinctes, et non une simple téléconsultation.

La liste des prestataires est limitative et suit un schéma clair. Sans aucune restriction de durée, peuvent la pratiquer les médecins ayant la spécialité récupération, médecine physique et balnéologie, respectivement médecine physique et de réadaptation. Avec une restriction de durée, peuvent la pratiquer les cardiologues, pour les patients en phase aiguë de réadaptation cardiovasculaire, dans les 3 premiers mois qui suivent un événement cardiovasculaire aigu ou une intervention cardiaque ; les neurologues et les neurochirurgiens, pour la phase aiguë et subaiguë, dans les 3 premiers mois ; les orthopédistes-traumatologues, également dans les 3 premiers mois qui suivent l’opération orthopédique ou le traumatisme musculo-squelettique majeur.

Les professions qui gravitent autour de l’acte médical entrent elles aussi en jeu. Les prestataires autorisés de services connexes à l’acte médical, catégorie qui recouvre les physiothérapeutes, les kinésithérapeutes, les psychologues cliniciens et les orthophonistes, peuvent fournir de la téléréadaptation dans les limites des compétences professionnelles fixées par la loi. Pour eux, la loi ajoute une condition supplémentaire : les services sont délivrés en stricte conformité avec la prescription et les recommandations du médecin traitant.

La lettre e) ouvre une porte large. Outre les quatre spécialités nommées, le texte permet la téléréadaptation aux médecins d’autres spécialités cliniques, dans les limites des compétences professionnelles fixées par la loi, sans leur imposer la moindre limite de durée.

Rien ne peut cependant se faire avant les normes méthodologiques. L’article II oblige le ministère de la Santé à les élaborer dans les 30 jours qui suivent l’entrée en vigueur de la loi, leur approbation intervenant par décision du Gouvernement. Elles fixeront les conditions techniques, la documentation et, ce qui compte le plus pour le patient, si et comment le service est remboursé. L’Ordre a avancé plus vite sur ses propres règles : en septembre 2026, il a remplacé toute la méthodologie de réattestation, avec 150 heures de pratique supervisée au lieu de 420.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

La télémédecine est entrée dans la loi n° 95/2006 pendant la pandémie et y est restée, avec une liste de services qui comprenait la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance et les autres formes classiques. La rééducation n’y figurait pas. La conséquence pratique était qu’un kinésithérapeute qui guidait un patient par visioconférence n’accomplissait pas, formellement, un acte médical reconnu, et que le cabinet n’avait aucun moyen de le facturer comme service de télémédecine.

Depuis le 16 juillet 2026, la liste compte une lettre de plus et un article propre qui la développe. La différence n’est pas technologique, elle est de qualification juridique : le même Zoom ou la même plateforme médicale signifie désormais un service de télémédecine, avec le régime qui en découle.

La deuxième modification est que la loi dessine, pour la première fois, un parcours de rééducation à distance pour la phase aiguë. Les trois mois qui suivent un infarctus, un accident vasculaire ou une opération orthopédique étaient précisément la période où le patient se déplaçait le plus difficilement à l’hôpital. Le texte les attribue explicitement au cardiologue, au neurologue et à l’orthopédiste, et non au seul médecin de réadaptation.

La troisième modification concerne les professions connexes. Le physiothérapeute et le kinésithérapeute obtiennent un fondement légal pour le travail à distance, mais sous une condition que les médecins n’ont pas : la prescription et les recommandations du médecin traitant. C’est une hiérarchie inscrite dans la loi, non une simple pratique de cabinet.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Le patient en phase aiguë, celui qui se déplace le plus difficilement, dispose d’une voie légale pour poursuivre sa rééducation sans se rendre à l’hôpital.
  • La définition couvre toute la chaîne, de la consultation et du bilan fonctionnel jusqu’au suivi, elle ne se réduit donc pas à un entretien vidéo.
  • Les physiothérapeutes et les autres prestataires de services connexes obtiennent un fondement légal explicite pour l’activité à distance.
  • Pour les zones dépourvues de cabinet de rééducation à une distance raisonnable, la téléréadaptation peut être la seule forme d’accès réaliste.
  • Le délai de 30 jours pour les normes méthodologiques est court, ce qui montre une intention d’application rapide.

Ce qui reste problématique

  • La loi ne dit rien du remboursement. Sans une modification du contrat-cadre et de ses normes d’application, le service reste accessible uniquement contre paiement.
  • La restriction de 3 mois s’applique aux spécialités nommées, mais la lettre e) permet la téléréadaptation à tout médecin d’une autre spécialité clinique, sans la moindre limite de durée. L’asymétrie n’a aucune justification visible dans le texte.
  • La loi ne pose aucune exigence technique : ni sur la plateforme, ni sur la sécurité des données médicales, ni sur l’enregistrement de la séance. Tout est renvoyé aux normes méthodologiques.
  • La loi ne prévoit pas comment on établit qu’un patient est apte à une rééducation à distance, alors que le bilan fonctionnel par écran a des limites évidentes.
  • Le délai de 30 jours porte sur l’élaboration des normes par le ministère, non sur leur approbation par décision du Gouvernement, qui n’est enfermée dans aucun délai.

Conseils pratiques

  1. Ne partez pas du principe que le service est gratuit. La loi le reconnaît comme forme de télémédecine, mais le remboursement dépend du contrat-cadre et de ses normes d’application, qui n’ont pas encore été modifiés.
  2. Si vous êtes dans les 3 premiers mois qui suivent un infarctus, une intervention cardiaque, un accident neurologique ou une opération orthopédique, demandez à votre médecin traitant s’il peut vous inclure dans un programme de téléréadaptation. La loi lui donne expressément cette possibilité.
  3. Passé ces 3 mois, adressez-vous à un médecin de récupération, médecine physique et balnéologie ou de médecine physique et de réadaptation. Pour lui, la loi ne prévoit aucune limite de durée.
  4. Si les séances sont conduites par un physiothérapeute ou par un kinésithérapeute, demandez qu’il existe une prescription et des recommandations écrites du médecin traitant. La loi subordonne expressément le service connexe à celles-ci.
  5. Vérifiez que le prestataire de services connexes est bien autorisé. Le texte exige l’autorisation, et pas seulement la compétence professionnelle.
  6. Suivez la parution des normes méthodologiques, approuvées par décision du Gouvernement. C’est là que se trouveront les conditions techniques, les documents et, éventuellement, les règles de remboursement.
  7. Conservez les preuves des séances, quel qu’en soit l’intervenant. Dans une forme d’assistance à distance, la documentation est la seule preuve que le service a été délivré.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la téléréadaptation, exactement ?
La loi la définit comme la fourniture à distance des services de médecine physique et de réadaptation et des services connexes à l’acte médical, par des moyens numériques, pour la consultation, le bilan fonctionnel, l’intervention thérapeutique spécialisée, l’éducation du patient et le suivi de celui-ci.
Qui peut la fournir ?
Les médecins de récupération, médecine physique et balnéologie ou de médecine physique et de réadaptation ; les cardiologues, les neurologues, les neurochirurgiens et les orthopédistes-traumatologues, pour les patients qui se trouvent dans les 3 premiers mois après l’événement aigu ou après l’intervention ; les médecins d’autres spécialités cliniques ; les prestataires autorisés de services connexes à l’acte médical. Tous, dans les limites des compétences professionnelles fixées par la loi.
Le service est-il remboursé par l’assurance maladie ?
La loi ne prévoit rien sur le remboursement. Elle range la téléréadaptation parmi les services de télémédecine, tandis que les règles de paiement par le fonds d’assurance sont fixées par le contrat-cadre et ses normes d’application, que le présent acte n’a pas modifiés.
Pourquoi cette limite de 3 mois ?
Elle ne concerne que les cardiologues, les neurologues, les neurochirurgiens et les orthopédistes-traumatologues et correspond à la phase aiguë, respectivement subaiguë, de la rééducation qui suit un événement ou une intervention. Pour les médecins de récupération, médecine physique et balnéologie, la loi ne prévoit aucune limite de durée.
Un kinésithérapeute peut-il travailler seul avec moi, en ligne ?
Oui, s’il est prestataire autorisé de services connexes à l’acte médical, mais uniquement en stricte conformité avec la prescription et les recommandations à caractère médical du médecin traitant et dans le respect des dispositions légales applicables aux professionnels de la santé.
À partir de quand s’applique-t-elle en pratique ?
La loi est entrée en vigueur le 16 juillet 2026, 3 jours après sa publication. Son application effective dépend toutefois des normes méthodologiques, que le ministère de la Santé élabore dans les 30 jours qui suivent l’entrée en vigueur et qui sont approuvées par décision du Gouvernement.
Quelle plateforme faut-il utiliser ?
La loi ne parle que de moyens numériques, sans indiquer de plateforme, de norme technique ni d’exigences de sécurité. Cela reste à la charge des normes méthodologiques et des règles générales de protection des données médicales.

Analyse de la rédaction

La loi corrige une incohérence réelle. Depuis 2020, l’État a reconnu que la médecine peut aussi se pratiquer par écran, mais il a laissé de côté précisément le domaine où la distance pèse le plus : la rééducation, qui suppose des séances répétées, des semaines durant, chez un patient qui bouge à peine. L’ajout d’une seule lettre à une liste existante et d’un article de dix lignes règle, formellement, le problème.

Le choix de nommer explicitement la cardiologie, la neurologie, la neurochirurgie et l’orthopédie, avec la fenêtre de 3 mois, est bien pensé : c’est là que se joue la récupération fonctionnelle, et le médecin qui a opéré ou qui a traité l’événement aigu dispose de l’information clinique la plus fraîche. La définition en cinq composantes, de la consultation au suivi, montre également que le texte a été écrit par quelqu’un qui sait ce qu’est un programme de réadaptation, et pas seulement une consultation.

La faiblesse est que la loi s’arrête juste avant la partie qui décidera si le service existera ou non : l’argent. Rien dans le texte ne touche au remboursement, et sans une intervention dans le contrat-cadre, la téléréadaptation restera une option privée, payée de sa poche, donc inaccessible précisément au patient du milieu rural pour lequel la distance était le problème. De même, un service entièrement construit sur des moyens numériques est introduit sans une seule exigence de sécurité des données, alors que les séances supposent une image vidéo du patient dans son propre logement.

Ce qui devrait changer

  • Une disposition expresse sur le remboursement. Un article obligeant à inscrire la téléréadaptation dans le contrat-cadre dès sa première modification transformerait le droit reconnu en un service effectivement accessible, au lieu de le laisser dépendre d’une négociation future.
  • Un délai aussi pour l’approbation des normes, et pas seulement pour leur élaboration. Tel qu’il est rédigé, le texte donne 30 jours au ministère pour écrire les normes et un temps illimité au Gouvernement pour les approuver. Un délai symétrique comblerait le vide.
  • La clarification du rapport entre la lettre e) et la restriction de 3 mois. Si la limitation a une raison clinique, elle devrait s’appliquer aussi aux médecins d’autres spécialités cliniques ; si elle n’en a pas, elle devrait être supprimée pour les quatre spécialités nommées. Aujourd’hui, la même séance est permise ou interdite selon la spécialité inscrite sur le tampon, et non selon l’état du patient.
  • Des exigences minimales de sécurité et de traçabilité de la séance. Une plateforme conforme, un consentement éclairé pour la transmission de l’image et une mention au dossier du patient protégeraient à la fois le patient et le prestataire, dans un domaine où la preuve de la prestation est difficile.
  • Un critère d’éligibilité du patient à la forme à distance. Une évaluation initiale en face à face, au moins pour la première séance, préviendrait la situation où un patient à risque de chute reçoit des exercices guidés par écran sans que personne n’ait vu son logement.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 574 du 13 juillet 2026 16 pages PDF, 101 KB l'acte commence à la page 14

Ouvrir le PDF officielTélécharger le PDF

La visionneuse ne s'affiche pas sur les petits écrans. Utilisez les boutons ci-dessus pour ouvrir ou télécharger le fichier.

Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.