L’essentiel

  • Les propriétaires de bâtiments monument historique disposent désormais d’une procédure écrite pour l’accord du ministère de la Culture, avec des délais fermes et un accord tacite si le ministère garde le silence.
  • Deux procédures, deux délais : 5 jours ouvrables pour les travaux d’intervention en première urgence et 60 jours calendaires pour les autres travaux notifiés.
  • L’arrêté abroge la procédure de 2020 et crée un registre des demandes, des notifications et des accords. Les notifications déposées auparavant sont traitées selon les anciennes règles.
Acte : Arrêté MC n° 3.167/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 717 du 27 août 2026
Entrée en vigueur : 27 août 2026

Si le ministère de la Culture ne répond pas dans le délai, l’accord est réputé donné. C’est la règle centrale de l’arrêté du ministre de la culture n° 3.167/2026, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 717 du 27 août 2026, qui approuve les procédures et les formats de l’accord écrit exigé par les articles 283 et 284 du Code de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de la construction. C’est le premier acte pris en application du Code qui touche directement les propriétaires de bâtiments historiques.

L’arrêté compte huit articles et trois annexes. L’annexe n° 1 contient la procédure applicable aux travaux d’intervention en première urgence, l’annexe n° 2 la procédure de notification pour les autres travaux, et l’annexe n° 3 le modèle du registre que le ministère et ses services déconcentrés doivent tenir.

L’acte couvre deux catégories d’immeubles : les constructions monument historique et les constructions présentant une valeur architecturale ou historique établie par des documentations d’urbanisme approuvées. La seconde catégorie est plus large que la liste des monuments et englobe des bâtiments qui ne sont pas classés, mais que protège un plan d’urbanisme.

La même série de simplifications administratives de cet été comprend la plateforme par laquelle la licence industrielle unique s’obtient entièrement en ligne.

Les effets concrets

Le premier effet, et le plus important pour un propriétaire, c’est le délai. Pour les travaux d’intervention en première urgence, l’accord écrit est délivré dans un délai maximal de 5 jours ouvrables à compter du dépôt de la documentation complète. Pour les travaux notifiés sur le fondement de l’article 284, le délai est de 60 jours calendaires.

Toujours au ministère de la Culture, un autre délai a été repoussé, mais à un prix : les projets culturels financés par le régime de minimis ont jusqu’au 5 décembre, et la liste des bénéficiaires éligibles a été abrogée.

Le deuxième effet, c’est l’accord tacite. Si, dans le délai, ni l’accord écrit, ni le rejet motivé, ni la communication de non-applicabilité n’ont été communiqués, l’accord opère de plein droit. La procédure ne laisse aucune place à l’interprétation : le silence de l’autorité vaut réponse favorable, pour les travaux individualisés dans la documentation complète.

Le troisième effet, c’est la limite de cet accord tacite, et l’arrêté l’écrit deux fois, une fois dans chaque annexe. L’accord tacite ne produit d’effets que pour les travaux et les solutions figurant dans la documentation complète et ne remplace ni le permis de construire, ni les avis, ni les autres actes administratifs obligatoires. Autrement dit, le silence du ministère ouvre une seule porte, pas tout le couloir.

Le quatrième effet est procédural. Les demandes et les notifications peuvent être déposées sur papier ou par voie électronique, directement au bureau d’ordre, par la poste, par des moyens électroniques ou, à compter de sa mise en service, par le Guichet unique national de la plateforme nationale de planification urbaine et d’autorisation de la construction. L’arrêté ajoute une garantie : les documents sur papier ou transmis par voie électronique sont reçus et traités quel que soit l’état d’avancement de l’intégration technique des systèmes informatiques des autorités.

Le cinquième effet, c’est la traçabilité. Le registre de l’annexe n° 3 comporte 16 rubriques, parmi lesquelles la date à laquelle la documentation est devenue complète, le délai légal de traitement et la date à laquelle il expire, la solution retenue, y compris la variante « accord tacite », et les vérifications effectuées sur le terrain. Un propriétaire peut reconstituer à partir du registre si le délai a été respecté. Le ministère a travaillé le versant subaquatique du même régime en septembre 2026, quand une dérogation a rouvert aux institutions publiques la possibilité de faire appel à des plongeurs extérieurs pour la recherche archéologique, après un vide de 665 jours.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Jusqu’à aujourd’hui, la matière était régie par l’arrêté du ministre de la culture n° 3.037/2020, qui portait sur la notification préalable et l’accord écrit dans les conditions de l’article 11 de la loi n° 50/1991 relative à l’autorisation de l’exécution des travaux de construction. Cet arrêté est expressément abrogé.

Le changement de fond n’est pas qu’une affaire de numérotation. L’ancienne procédure reposait sur la loi n° 50/1991, remplacée par le Code de l’aménagement du territoire. La nouvelle procédure s’appuie directement sur les articles 283 et 284 du Code, donc sur un fondement d’une tout autre architecture, où les délais et l’accord tacite sont prévus par la loi elle-même, l’arrêté ne faisant que les rendre opérationnels.

La troisième chose qui change, c’est la protection de ceux qui sont pris entre les deux régimes. Les notifications déposées sous l’empire de l’arrêté de 2020 et non traitées à la date d’entrée en vigueur du nouvel arrêté sont réglées selon les règles en vigueur à la date du dépôt, sauf disposition contraire d’un acte de niveau supérieur. Personne n’a à reprendre la procédure depuis le début.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Les délais sont courts et clairs, surtout les 5 jours ouvrables pour les interventions de première urgence, où le retard peut signifier la perte du bâtiment.
  • L’accord tacite fait passer le risque du silence administratif des épaules du propriétaire à celles de l’autorité.
  • La limite de l’accord tacite est écrite explicitement, personne ne peut donc prétendre que le silence a tenu lieu de permis de construire.
  • Le dépôt sur papier reste valable quel que soit l’état de la numérisation, ce qui protège le demandeur des retards de l’informatisation de l’État.
  • Le registre à 16 rubriques rend vérifiable, après coup, si le délai a été respecté.
  • Les dossiers en cours ne sont pas repris : les règles applicables restent celles de la date du dépôt.

Ce qui reste problématique

  • L’arrêté entre en vigueur dès sa publication, sans période de transition pour les services déconcentrés qui doivent mettre en place le registre.
  • Aucun délai n’est prévu pour que le registre soit fonctionnel, alors que c’est sur lui que repose la vérification des délais.
  • Nulle part il n’est écrit que le registre est public ou consultable par l’intéressé, alors qu’il contient exactement les données qui lui seraient utiles.
  • Le délai de 60 jours calendaires pour les travaux notifiés est long au regard du rythme d’un chantier, d’autant qu’il inclut aussi les jours fériés.
  • Le point de départ du délai est « la date du dépôt de la documentation complète », et c’est l’autorité elle-même qui constate que le dossier est complet.
  • Le « Guichet unique national » est invoqué sans date de mise en service, la voie électronique intégrale reste donc, pour l’instant, une promesse.

Conseils pratiques

  1. Demandez par écrit la confirmation de l’enregistrement. L’arrêté oblige l’autorité à confirmer la réception et à communiquer le numéro et la date d’enregistrement, et c’est à partir de cette date que le délai se calcule.
  2. Vérifiez d’emblée si l’immeuble relève de la seconde catégorie, celle des constructions présentant une valeur architecturale ou historique établie par des documentations d’urbanisme. Tous les bâtiments visés ne sont pas des monuments classés.
  3. Pour les interventions en première urgence, préparez la documentation complète avant de déposer : les 5 jours ouvrables courent à compter du dépôt de la documentation complète, pas de la première demande.
  4. Si le délai est passé sans aucune réponse, invoquez l’accord tacite, mais uniquement pour les travaux et les solutions figurant dans la documentation déposée. Pour tout le reste, il vous faut l’accord exprès.
  5. Ne confondez pas l’accord tacite avec le permis de construire. L’arrêté le dit deux fois, dans les deux annexes : il ne le remplace pas.
  6. Si vous avez une notification déposée avant le 27 août 2026 et encore non traitée, elle sera réglée selon les anciennes règles. Ne la redéposez pas.
  7. Conservez la preuve du mode de dépôt. L’arrêté garantit le traitement quel que soit l’état de l’intégration des systèmes informatiques, mais la preuve, c’est à vous de la produire.

Questions fréquentes

Qui est concerné par l’arrêté ?
Les propriétaires et ceux qui exécutent des travaux sur des constructions monument historique et sur des constructions présentant une valeur architecturale ou historique établie par des documentations d’urbanisme approuvées, ainsi que le ministère de la Culture et ses services publics déconcentrés.
Quels sont les délais ?
5 jours ouvrables au plus pour l’accord relatif aux travaux d’intervention en première urgence et 60 jours calendaires au plus pour les travaux notifiés sur le fondement de l’article 284 du Code. Les deux courent à compter du dépôt de la documentation complète.
Que signifie l’accord tacite ?
Que si, dans le délai, ni l’accord écrit, ni le rejet motivé, ni la communication de non-applicabilité ne vous ont été communiqués, l’accord est réputé donné pour les travaux individualisés dans la documentation complète.
L’accord tacite tient-il lieu de permis de construire ?
Non. L’arrêté précise explicitement, dans les deux annexes, que l’accord tacite ne remplace ni le permis de construire, ni les avis, ni les autres actes administratifs obligatoires selon la loi.
Comment les documents se déposent-ils ?
Sur papier ou par voie électronique, directement au bureau d’ordre de l’autorité compétente, par la poste, par des moyens électroniques ou, à compter de sa mise en service, par le Guichet unique national de la plateforme nationale de planification urbaine et territoriale et d’autorisation de la construction.
Que se passe-t-il si les systèmes informatiques ne sont pas intégrés ?
Les demandes et les notifications déposées sur papier ou transmises par voie électronique sont reçues et traitées quel que soit l’état d’avancement de l’intégration technique des systèmes informatiques utilisés par les autorités.
Quel acte est abrogé ?
L’arrêté du ministre de la culture n° 3.037/2020, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 684 du 31 juillet 2020, qui régissait la notification préalable et l’accord écrit dans les conditions de l’article 11 de la loi n° 50/1991.
J’ai une notification déposée cette année et non traitée. Que devient-elle ?
Elle est traitée conformément aux dispositions légales applicables à la date du dépôt, sauf disposition contraire des actes normatifs de niveau supérieur.
Existe-t-il un registre des demandes ?
Oui. Le ministère de la Culture et les services publics déconcentrés instituent et gèrent le Registre des demandes, des notifications et des accords écrits, selon le modèle de l’annexe n° 3, à 16 rubriques, parmi lesquelles le délai légal de traitement et la solution retenue.

Analyse de la rédaction

C’est le genre d’acte qui se lit facilement, précisément parce qu’il a été pensé du point de vue de celui qui dépose, non de celui qui reçoit. Le délai court à partir d’un moment identifiable, l’autorité est tenue de confirmer l’enregistrement et d’en communiquer le numéro, et si elle se tait, le silence lui est imputé à elle, pas au demandeur. Pour les travaux de première urgence, les 5 jours ouvrables sont un délai sérieux : dans un bâtiment historique endommagé, la différence entre cinq jours et deux mois peut être la différence entre consolidation et démolition.

Bien pensée aussi, la double précision sur les limites de l’accord tacite, répétée dans les deux annexes. Sans elle, un propriétaire de bonne foi aurait pu croire que le silence du ministère lui tenait lieu de permis, et un autre, de mauvaise foi, aurait pu le prétendre. La répétition, qui ailleurs n’est que du remplissage, a ici sa raison d’être.

Le point faible, c’est le registre, c’est-à-dire précisément la pièce qui transformerait les délais d’une promesse en un droit vérifiable. L’arrêté l’institue, lui donne un modèle détaillé à 16 rubriques, mais ne dit pas à quelle échéance il doit exister, qui le tient au niveau central par rapport au niveau déconcentré et, surtout, si le demandeur peut le consulter. Un registre qui contient la date d’expiration du délai et la solution retenue, mais auquel on n’a pas accès, est utile à l’administration et inutile au citoyen. De même, le « Guichet unique national » est invoqué comme destination future, sans aucune date, ce qui laisse la numérisation à l’état d’intention.

Ce qui devrait changer

  • Un délai pour la mise en service du registre. Sans lui, la vérification du respect des délais dépend de la bonne volonté de chaque service déconcentré.
  • L’accès du demandeur à sa propre position dans le registre. Il suffirait du droit d’obtenir, sur demande, un extrait indiquant la date à laquelle la documentation a été complétée, le délai et la solution.
  • Une règle pour le constat du caractère complet de la documentation. Le point de départ du délai est fixé par l’autorité même qui doit respecter ce délai, et cela devrait au moins être doublé d’une confirmation écrite du caractère complet du dossier.
  • Une date pour le Guichet unique national. L’acte le mentionne comme future voie de dépôt ; sans horizon, la mention ne produit aucun effet.
  • La publication d’une liste des services déconcentrés compétents. Un propriétaire en province doit savoir sans recherche à quelle direction départementale déposer, surtout quand il ne dispose que de cinq jours ouvrables.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 717 du 27 août 2026 16 pages PDF, 105 KB l'acte commence à la page 5

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.