L’essentiel
- L’avance que l’État verse aux fournisseurs d’électricité et de gaz, sur les sommes du dispositif de compensation des factures, passe de 40 % à 60 % du montant réclamé au remboursement.
- Les fournisseurs qui ont déjà touché les 40 % peuvent réclamer la différence de 20 %, par une demande complémentaire déposée dans les 30 jours suivant l’entrée en vigueur de la loi, soit jusqu’au 30 septembre 2026.
- Les données nécessaires au remboursement et à la régularisation peuvent encore être introduites jusqu’au 31 décembre 2026, une échéance que la loi ne déplace pas, alors même qu’elle augmente les sommes à traiter d’ici là.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 723 du 28 août 2026
Entrée en vigueur : 31 août 2026
L’État augmente de 20 points de pourcentage l’argent qu’il verse par avance aux fournisseurs d’énergie, au titre du dispositif par lequel il a compensé les factures des clients. La loi n° 179/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 723 du 28 août 2026 et promulguée par le décret n° 732/2026, porte de 40 % à 60 % la part payée immédiatement, avant que l’Autorité nationale de régulation dans le domaine de l’énergie n’ait validé l’intégralité des sommes. C’est la troisième intervention du mois d’août sur le marché de l’électricité, après celle par laquelle les consommateurs industriels ont commencé à être payés lorsqu’ils réduisent leur consommation aux heures de pointe.
La loi modifie deux ordonnances d’urgence qui ont porté tour à tour le dispositif de plafonnement des factures : l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 27/2022, pour la période du 1er avril 2022 au 31 mars 2023, et l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 6/2025, pour la période du 1er avril 2025 au 30 juin 2025 sur l’électricité et du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 sur le gaz naturel. Le mécanisme était le même dans les deux cas : le fournisseur facturait le client au prix plafonné, et la différence jusqu’au prix réel lui était remboursée par l’État, par l’intermédiaire du ministère de l’Énergie ou de l’Agence nationale pour les paiements et l’inspection sociale.
Ce qui change aujourd’hui tient au rythme auquel cet argent arrive. Jusqu’à cette loi, le fournisseur recevait 40 % du montant réclamé sur la base de la demande de remboursement, avant la validation de l’ANRE, et le reste ensuite. À partir du 31 août 2026 il reçoit 60 %, et celui qui a déjà encaissé 40 % sur des demandes plus anciennes peut réclamer la différence au moyen d’un formulaire distinct.
Les effets concrets
Le premier effet porte sur la trésorerie. Sur chaque demande de remboursement, le fournisseur a droit à 60 % par avance, versés sur la base de sa propre déclaration sur l’honneur, et non après la vérification complète des documents. Pour ce paiement, la loi déroge expressément à l’art. 52 al. (8) de la loi n° 500/2002 sur les finances publiques, le texte qui oblige l’institution publique à récupérer les avances injustifiées avant la fin de l’année, avec des majorations de retard calculées à compter du jour où l’avance a été accordée.
Le pas de calcul change aussi ailleurs dans le système électrique : les pertes du réseau de 110 kV se répartissent désormais toutes les 15 minutes, si bien qu’une seule opération annuelle en devient jusqu’à 35 040.
Le deuxième effet est le changement de la source de l’argent. Dans la version publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 182 du 28 février 2025, la lettre a) de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 6/2025 disposait que les 40 % étaient versés « sur le Fonds de transition énergétique et sur d’autres sources légalement constituées ». La nouvelle rédaction dit « sur le budget de l’État et sur d’autres sources légalement constituées ».
Le troisième effet concerne l’argent qui revient. Une lettre nouvelle, la lettre d), prévoit que, si des sommes versées doivent être récupérées auprès du fournisseur et que la récupération n’intervient pas dans le délai de 10 jours ouvrables prévu à la lettre c), des intérêts et des pénalités de retard sont calculés sur ce qui reste non récupéré, en application des art. 174 et 176 du Code de procédure fiscale. Jusqu’à présent, le texte prévoyait l’obligation de restituer, mais non les accessoires du retard.
Le quatrième effet est plus discret et tient lui aussi à l’argent, non aux délais. La date limite du 31 décembre 2026 pour l’introduction des données nécessaires au remboursement mensuel et à la régularisation figurait déjà dans la version de février 2025 de l’art. 19 al. (4) et reste inchangée. Ce qui est réécrit dans le même alinéa, c’est la source : les données sont introduites pour le remboursement des sommes « sur le budget de l’État », et non « sur le Fonds de transition énergétique ». À l’alinéa (5), c’est l’auteur du paiement qui change : le remboursement des factures de régularisation passe du budget du ministère de l’Énergie ou de celui du ministère du Travail, de la Famille, de la Jeunesse et de la Solidarité sociale au ministère de l’Énergie ou à l’Agence nationale pour les paiements et l’inspection sociale, sur le budget de l’État là aussi. L’obligation faite au fournisseur de restituer la différence dans les 10 jours ouvrables suivant la communication de l’ANRE existait déjà, et le texte la conserve.
Le cinquième effet porte sur la régularisation des volumes de l’ancien dispositif. Dans l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 27/2022, l’art. 23^2 al. (2) est réécrit et fixe la règle dans les deux sens : si la quantité distribuée dépasse la quantité facturée, les sommes qui en résultent sont négatives et le fournisseur les restitue au budget de l’État ; si elle lui est inférieure, les sommes sont positives et le fournisseur a le droit de les réclamer au budget.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Le pourcentage est le changement visible, et la loi le dit elle-même, dans l’article d’application : 60 % établis par la présente loi contre 40 % applicables jusqu’à son entrée en vigueur. Ces 20 points d’écart sont exactement ce qui peut être réclamé rétroactivement, par la demande complémentaire.
Moins visible, mais tout aussi important, est ce qui a disparu du texte. Dans la version de 2025, la lettre a) fixait aussi un délai : les 40 % étaient versés « dans un délai de 10 jours ouvrables à compter du transfert des fonds affectés à cette destination par le ministère des Finances ». La nouvelle lettre a) ne contient plus aucun délai de paiement. En revanche, le délai de 10 jours ouvrables subsiste à la lettre b), pour le paiement du solde une fois les montants validés par l’ANRE, il subsiste à la lettre c), pour l’argent que le fournisseur doit rendre, et il subsiste aussi dans la règle transitoire, pour le paiement des 20 % réclamés par la demande complémentaire.
La manière dont les fournisseurs se répartissent en deux catégories a changé elle aussi. Ceux à qui l’État a déjà versé 40 % sur une demande ancienne doivent déposer une demande complémentaire, dans une fenêtre de 30 jours, pour recevoir les 20 % restants. Ceux à qui rien n’a encore été versé reçoivent directement 60 %, sans aucune formalité supplémentaire. La même somme, deux parcours et deux risques différents de la perdre.
Enfin, une obligation a été ajoutée pour l’administration. Dans les 30 jours suivant l’entrée en vigueur, le ministre de l’Énergie et le ministre du Travail, de la Famille, de la Jeunesse et de la Solidarité sociale, après consultation de l’ANRE, doivent émettre un arrêté conjoint portant sur l’analyse, la vérification, la validation et le paiement des demandes de remboursement, ainsi que sur l’alimentation des comptes sur lesquels le paiement est effectué.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Les fournisseurs récupèrent plus vite l’argent avancé aux clients, et la pression sur leur trésorerie baisse de 20 points de pourcentage sur chaque demande.
- Celui qui a déjà encaissé 40 % ne reste pas sous l’ancienne règle : il peut réclamer la différence, par un formulaire dont le contenu est fixé dans la loi elle-même.
- Les sommes à restituer à l’État portent désormais intérêts et pénalités de retard, de sorte que tarder à rembourser n’est plus gratuit.
- La source de l’argent devient expressément le budget de l’État, à la place du Fonds de transition énergétique, si bien que le paiement ne dépend plus du solde d’un fonds dédié.
Ce qui reste problématique
- La nouvelle lettre a) ne prévoit plus aucun délai dans lequel l’État doit verser les 60 %, alors que la rédaction antérieure en prévoyait un de 10 jours ouvrables.
- Le formulaire de demande complémentaire figurant en annexe est adressé au seul ministère de l’Énergie, alors que la règle s’applique aussi aux demandes remboursées par l’Agence nationale pour les paiements et l’inspection sociale.
- La fenêtre de 30 jours pour la demande complémentaire se ferme le jour même où expire le délai laissé aux ministres pour l’arrêté conjoint qui éclaircit la procédure.
- Le paiement des 20 % dépend d’un transfert du ministère des Finances qui n’est lui-même assorti d’aucun délai, si bien que les 10 jours ouvrables courent à partir d’une date que le fournisseur ne peut pas anticiper.
- La date de clôture du dispositif reste le 31 décembre 2026, alors que la loi ouvre une nouvelle fenêtre de demandes et augmente les sommes à rembourser d’ici à cette même date.
Conseils pratiques
- Si vous avez déjà encaissé 40 % sur une demande de remboursement, déposez la demande complémentaire avant le 30 septembre 2026. Le délai est de 30 jours à compter du 31 août 2026, et la loi ne prévoit aucun relèvement de forclusion.
- Pour chaque demande ancienne, vérifiez par qui le paiement a été effectué, le ministère de l’Énergie ou l’Agence nationale pour les paiements et l’inspection sociale. Le modèle figurant en annexe est écrit pour le ministère de l’Énergie ; sur le parcours de l’agence, adaptez donc le destinataire et conservez la preuve du dépôt.
- Calculez les 20 % par rapport à la valeur de la demande de remboursement initiale, et non par rapport au solde encore non encaissé. La loi dit expressément que le pourcentage se détermine par rapport aux 60 % et aux 40 %.
- Utilisez le modèle de l’annexe à la loi n° 179/2026 pour la demande complémentaire. Il contient aussi la déclaration sur l’honneur exigée par l’art. 9 al. (7) de l’ordonnance, de sorte que le formulaire couvre les deux exigences. L’annexe n° 3 à l’ordonnance reste, elle, le modèle de cette déclaration sur l’honneur, les modèles de la demande de remboursement ordinaire figurant aux annexes n° 1 et 2.
- Si vous n’avez encore rien reçu sur une demande déposée avant le 31 août 2026, ne déposez pas de demande complémentaire. Dans ce cas, le pourcentage de 60 % s’applique directement, et une demande de plus n’accélère rien.
- Introduisez toutes les données de remboursement et de régularisation sur la plateforme de l’ANRE avant le 31 décembre 2026 et conservez la confirmation. Après cette date, le texte ne prévoit plus aucune voie pour les compléter.
Questions fréquentes
Quelque chose change-t-il pour le client qui reçoit la facture ?
Jusqu’à quand la demande complémentaire pour la différence de 20 % peut-elle être déposée ?
Dans quel délai l’État verse-t-il les 20 % réclamés en plus ?
Que se passe-t-il si l’ANRE arrête, à la régularisation, un montant inférieur à celui qui a été remboursé ?
Quel est le dernier jour où des données peuvent encore être introduites sur la plateforme ?
Avec quel argent les 60 % sont-ils payés ?
Erreurs et incohérences dans le texte publié
- L’annexe, le formulaire de demande complémentaire, la ligne « Către » (« À l’attention de »). Le formulaire est adressé exclusivement au ministère de l’Énergie et indique que la somme réclamée doit « être supportée par le budget du ministère de l’Énergie », alors que l’art. IV al. (2) lit. A s’applique aussi aux demandes pour lesquelles le paiement de 40 % a été effectué par l’Agence nationale pour les paiements et l’inspection sociale, et que la lettre c) du même texte prévoit le paiement sur le compte « du ministère de l’Énergie ou de l’Agence nationale pour les paiements et l’inspection sociale ». L’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 6/2025 avait résolu exactement cette séparation avec deux formulaires distincts, l’annexe n° 1 adressée à l’agence et l’annexe n° 2 adressée au ministère, toutes deux publiées au Journal officiel de la Roumanie n° 182 du 28 février 2025. Comme la loi impose que le contenu de la demande soit conforme « à l’annexe qui fait partie intégrante de la présente loi », le fournisseur qui a été remboursé par l’agence soit dépose un formulaire qui nomme la mauvaise institution et le mauvais budget, soit n’a rien à déposer, et le délai de 30 jours éteint son droit aux 20 %.
Analyse de la rédaction
Le problème réel que la loi résout est ancien et concret : le fournisseur encaisse du client le prix plafonné, mais achète l’énergie au prix du marché, et finance la différence sur ses propres fonds jusqu’à ce que l’État la lui rembourse. Le passage de l’avance de 40 % à 60 % raccourcit exactement cet intervalle, et le droit de réclamer rétroactivement les 20 points sur des demandes déjà payées montre que le Parlement a voulu que la mesure saisisse aussi le passé, et pas seulement l’avenir.
Ce que l’on ne voit pas en lisant la loi d’un bout à l’autre, c’est ce qui a été supprimé. La lettre a) de 2025 avait deux composantes, un pourcentage et un délai : 40 %, versés « dans un délai de 10 jours ouvrables à compter du transfert des fonds affectés à cette destination par le ministère des Finances ». La nouvelle lettre a) garde le pourcentage, l’augmente et abandonne le délai. Le délai de 10 jours ouvrables n’a pas disparu de l’ordonnance. Il subsiste à la lettre b), pour le paiement du solde une fois les montants validés par l’ANRE ; à la lettre c), pour l’argent que le fournisseur restitue ; au nouvel art. 19 al. (5), pour la restitution après régularisation ; et dans la règle de transition, pour le paiement des 20 %. Le seul endroit d’où il a été retiré est précisément la lettre que la loi modifie en faveur du fournisseur, si bien que l’avance, celle dont le pourcentage vient d’augmenter, reste la seule obligation de paiement du dispositif sans échéance.
La même asymétrie se retrouve dans le traitement des intérêts. La dérogation à l’art. 52 al. (8) de la loi n° 500/2002 sort l’avance de la règle générale, qui exige la récupération des sommes injustifiées avec des majorations calculées à compter du jour où l’avance a été accordée. À sa place, la nouvelle lettre d) prévoit des intérêts et des pénalités qui ne commencent à courir qu’une fois écoulés les 10 jours ouvrables suivant la communication de l’ANRE. Autrement dit, dans le même acte, l’avance augmente de moitié et l’horloge des intérêts démarre plus tard. Pour le fournisseur qui restitue à temps, le changement est neutre ; pour celui qui tarde, c’est un allégement.
Le calendrier mérite lui aussi d’être lu comme un tout. La loi entre en vigueur le 31 août 2026. À compter de cette date, les fournisseurs disposent de 30 jours pour la demande complémentaire, soit jusqu’au 30 septembre 2026, et les ministres disposent des mêmes 30 jours pour l’arrêté conjoint qui fixe la manière dont les demandes sont analysées, validées et payées. Les deux délais expirent le même jour, ce qui signifie que la procédure peut être publiée le jour même où la fenêtre de dépôt se ferme. Restent ensuite 92 jours jusqu’au 31 décembre 2026, date après laquelle plus aucune donnée ne peut être introduite. Cette dernière date n’a pas bougé : elle est inscrite dans l’ordonnance depuis février 2025, et la loi, bien qu’elle ouvre une nouvelle fenêtre de demandes et augmente les sommes à traiter, la laisse exactement où elle était. La période de compensation de l’électricité prévue par l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 6/2025 s’était achevée le 30 juin 2025, si bien que les comptes du dispositif restent ouverts 18 mois après le dernier mois compensé.
Ce qui devrait changer
- Un second modèle de demande complémentaire, adressé à l’agence. Il ferait disparaître le seul obstacle formel de tout le mécanisme rétroactif et mettrait les fournisseurs du parcours de l’agence dans la même position que ceux du parcours du ministère, avant que le délai de 30 jours ne produise des effets irréversibles.
- Le rétablissement du délai de paiement à la lettre a). Sans lui, le seul repère qui reste au fournisseur est la bonne volonté administrative, et le droit à 60 % par avance devient un droit sans échéance, soit exactement l’inverse de ce pour quoi le pourcentage a été relevé.
- Un délai pour le transfert du ministère des Finances lui aussi. Tous les délais de paiement de 10 jours ouvrables courent à compter de ce transfert, qui n’est lui-même assorti d’aucune date. Un délai à cet endroit transformerait une chaîne dont le premier maillon flotte en une chaîne mesurable d’un bout à l’autre.
- L’arrêté conjoint avant la fenêtre de dépôt, et non à la fin de celle-ci. Si le délai de l’arrêté était de 10 jours au lieu de 30, les fournisseurs déposeraient leurs demandes complémentaires en connaissant déjà les règles de vérification, et l’administration ne recevrait pas une vague de demandes sous une procédure non publiée.
- La publication périodique de l’état des remboursements. Un point mensuel sur les sommes réclamées, avancées, validées et restituées, pour chacune des deux ordonnances, montrerait publiquement ce qu’il reste au dispositif à solder d’ici au 31 décembre 2026 et rendrait vérifiable la cible même de cette échéance.
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
