L’essentiel

  • En une seule journée, les présidents des deux chambres ont émis trois décisions qui complètent l’ordre du jour de la session extraordinaire : une au Sénat et deux à la Chambre des députés.
  • Le Sénat inscrit à son ordre du jour la loi sur l’intégrité, renvoyée après une décision de la Cour constitutionnelle, ainsi qu’une proposition de prorogation d’un délai prévu par la loi sur l’enseignement préuniversitaire.
  • La Chambre des députés ajoute quatre points, dont une loi réexaminée à la demande du Président de la Roumanie, portant sur les aires naturelles protégées, et le projet de loi relatif à l’hydrogène issu de sources renouvelables.
Acte : Décision du Sénat n° 16/2026 et Décisions de la Chambre des députés n° 12 et 13/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 704 et n° 706 du 25 août 2026
Émis : 25 août 2026

La session extraordinaire convoquée pour la fin du mois d’août s’est remplie en cours de route : le même jour sont parues trois décisions qui ajoutent six points nouveaux à l’ordre du jour des deux chambres, de la loi sur l’intégrité à l’hydrogène vert. Il s’agit de la décision n° 16/2026 du président du Sénat et des décisions n° 12 et 13/2026 du président de la Chambre des députés, publiées au Journal officiel de la Roumanie n° 704 et n° 706 du 25 août 2026. Toutes trois complètent les annexes des décisions de convocation, à savoir la Décision du Sénat n° 15/2026 et la Décision de la Chambre des députés n° 11/2026, publiées l’une et l’autre au Journal officiel de la Roumanie n° 697 du 21 août 2026.

Le fondement est le même pour toutes les trois : l’article 66, paragraphes (2) et (3), de la Constitution, qui permet de convoquer le Parlement en session extraordinaire, lu conjointement avec les règlements des deux chambres.

L’ordre du jour d’une session extraordinaire est limitatif : seuls les points inscrits à l’annexe peuvent être débattus. C’est pourquoi chaque nouvelle loi à examiner exige une décision distincte du président de la chambre.

Le 26 août a suivi une nouvelle série de compléments, par laquelle la loi de clôture du PNRR est entrée à l’ordre du jour des deux chambres le même jour.

Les effets concrets

Le premier effet concerne le Sénat. La décision n° 16/2026 insère deux points nouveaux après le point 9. Le point 10 est la loi portant modification et complément de plusieurs actes normatifs dans le domaine de l’intégrité, en cours de réexamen à la suite de la Décision CCR n° 883 du 17 août 2026.

Le deuxième effet est le point 11 au Sénat : la proposition législative prorogeant le délai prévu à l’article 248, paragraphe (4), et modifiant l’article 101 de la loi n° 198/2023 sur l’enseignement préuniversitaire.

Le troisième effet concerne la Chambre des députés. La décision n° 12/2026 insère trois points nouveaux après le point 3. Le premier d’entre eux est le projet de loi approuvant l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 6/2026, qui modifie la loi n° 200/2006 sur le Fonds de garantie pour le paiement des créances salariales, adopté par le Sénat le 11 mars 2026.

Le quatrième effet porte sur un réexamen demandé par le chef de l’État. Le deuxième point nouveau est la loi relative au régime des aires naturelles protégées, qui complète un article de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 57/2007 et modifie la loi n° 292/2018 sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement, réexaminée par le Sénat le 24 août 2026.

Le cinquième effet est énergétique. Le troisième point nouveau est le projet de loi qui modifie la loi n° 237/2023 sur l’intégration de l’hydrogène issu de sources renouvelables et de l’hydrogène bas carbone dans l’industrie et les transports, ainsi que l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022, adopté par le Sénat le 24 août 2026 lui aussi.

Le sixième effet vient de la seconde décision de la Chambre, la n° 13/2026, publiée dans une autre édition du même jour. Elle ajoute un point de plus : la proposition législative complétant l’article 152 du Code administratif.

Le septième effet est un effet de délai. Sur ce dernier point, la Chambre des députés est première chambre saisie, et le délai constitutionnel pour le débat et le vote final expire le 5 septembre 2026. Si elle ne se prononce pas d’ici là, le projet est réputé adopté tacitement.

Le huitième effet est procédural. Trois des points ajoutés à la Chambre des députés sont débattus sous réserve du dépôt du rapport de commission, et deux suivent la procédure d’urgence. Sur les trois, la Chambre des députés est chambre décisionnelle.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Le premier changement est le nombre de points. Le Sénat comptait neuf points à l’ordre du jour de la session extraordinaire, il en a désormais onze. Au point I de l’annexe, la Chambre des députés comptait quatre positions, la dernière, le point 4, étant le point générique qui couvre les initiatives législatives adoptées par le Sénat en qualité de première chambre saisie. Les quatre points nouveaux ont été insérés après le point 3, avec des indices, du 3^1 au 3^4, de sorte que le point 4 reste le dernier.

Le deuxième changement est l’entrée de la loi sur l’intégrité dans le calendrier. La Décision CCR n° 883 du 17 août 2026 a renvoyé la loi au Parlement, et le Sénat l’inscrit à l’ordre du jour moins de dix jours après son prononcé.

Le troisième changement porte sur la demande de réexamen du Président de la Roumanie. La loi relative aux aires naturelles protégées avait déjà été renvoyée, le Sénat l’a réexaminée le 24 août et la Chambre des députés la reprend à présent.

Le quatrième changement est le rythme. Deux des projets ajoutés ont été adoptés par le Sénat le 24 août 2026 même, et dès le lendemain ils figuraient à l’ordre du jour de la Chambre.

La cinquième observation relève de la technique législative. Les points nouveaux ne sont pas renumérotés, ils reçoivent des indices : 3^1, 3^2, 3^3 et, par la seconde décision, 3^4. Les renvois aux points existants restent ainsi valables.

Ce qui ne change pas, c’est le caractère limitatif de l’ordre du jour. En session extraordinaire, seuls les points expressément inscrits à l’annexe peuvent être débattus.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • La loi sur l’intégrité, renvoyée par la Cour constitutionnelle, entre rapidement en débat, sans attendre la session ordinaire de septembre.
  • La demande de réexamen du Président sur la loi relative aux aires naturelles protégées parvient sans retard à la chambre décisionnelle.
  • Chaque point nouveau est publié avec son numéro de projet, le type de loi, la commission saisie au fond et le stade de la procédure.
  • Le Fonds de garantie pour le paiement des créances salariales, qui concerne les salariés des entreprises en insolvabilité, arrive à l’ordre du jour.
  • La numérotation par indices maintient la validité des renvois aux points déjà existants.

Ce qui reste problématique

  • L’ordre du jour se complète le jour même de la session, ce qui laisse peu de temps pour préparer le débat.
  • Trois des points sont débattus sous réserve du dépôt du rapport : les commissions n’avaient donc pas achevé leurs travaux au moment de l’inscription.
  • Les deux décisions de la Chambre paraissent dans des éditions différentes du même jour, de sorte que celui qui suit l’ordre du jour doit lire les deux.
  • Le délai constitutionnel du dernier point expire le 5 septembre et l’adoption tacite reste une possibilité bien réelle.
  • Les décisions n’expliquent pas pourquoi ces projets n’ont été ajoutés que maintenant, et non lors de la convocation initiale.

Conseils pratiques

  1. Si vous suivez un projet précis, notez le numéro d’enregistrement indiqué entre parenthèses : L464/2026 et L470/2026 au Sénat, PL-x 196/2026, PL-x 14/2023/2026, PL-x 538/2026 et PL-x 347/2026 à la Chambre des députés.
  2. Vérifiez quelle est la chambre décisionnelle. Sur les trois premiers points ajoutés à la Chambre des députés, 3^1, 3^2 et 3^3, c’est elle qui tranche définitivement. Au point 3^4, celui relatif au Code administratif, la Chambre des députés est la première chambre saisie, le projet passe donc ensuite au Sénat.
  3. Si la loi sur l’intégrité vous intéresse, lisez d’abord le texte de la Décision CCR n° 883 du 17 août 2026. Le réexamen doit rester dans les limites fixées par la Cour.
  4. Pour le projet relatif au Code administratif, retenez la date du 5 septembre 2026. Passé ce délai, l’adoption tacite intervient devant la première chambre saisie.
  5. La mention « débat sous réserve du dépôt du rapport » signifie que le point peut être reporté si le rapport de la commission n’arrive pas à temps.
  6. Si vous travaillez dans le secteur de l’énergie, suivez le projet relatif à l’hydrogène issu de sources renouvelables. Il est en procédure d’urgence et c’est la Chambre des députés qui décide.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une session extraordinaire ?
Une période de travail du Parlement convoquée en dehors des sessions ordinaires, conformément à l’article 66, paragraphes (2) et (3), de la Constitution. L’ordre du jour est limitatif : seuls les points inscrits à l’annexe de la décision de convocation peuvent être débattus.
Qu’a-t-on ajouté au Sénat ?
Deux points : la loi relevant du domaine de l’intégrité, en cours de réexamen après la Décision CCR n° 883 du 17 août 2026, et la proposition de prorogation d’un délai prévu par la loi n° 198/2023 sur l’enseignement préuniversitaire.
Qu’a-t-on ajouté à la Chambre des députés ?
Quatre points : l’approbation de l’ordonnance d’urgence n° 6/2026 relative au Fonds de garantie pour le paiement des créances salariales, le réexamen de la loi sur les aires naturelles protégées, le projet de loi relatif à l’hydrogène issu de sources renouvelables et la proposition complétant l’article 152 du Code administratif.
Pourquoi y a-t-il deux décisions de la Chambre le même jour ?
La décision n° 12/2026 a ajouté trois points et la décision n° 13/2026 un point de plus, publiées dans des éditions différentes du Journal officiel de la Roumanie du 25 août 2026.
Que signifie chambre décisionnelle ?
C’est la chambre qui se prononce définitivement sur le projet. L’autre chambre vote la première, mais la décision finale appartient à la chambre décisionnelle.
Que se passe-t-il le 5 septembre 2026 ?
C’est la date à laquelle expire le délai constitutionnel pour le débat et le vote final sur la proposition relative au Code administratif, pour laquelle la Chambre des députés est première chambre saisie.
Qui émet ces décisions ?
Le président de chaque chambre : le président du Sénat pour la décision n° 16/2026 et le président de la Chambre des députés pour les décisions n° 12 et 13/2026.

Analyse de la rédaction

Le problème que règlent ces trois décisions en est un de calendrier. La session extraordinaire a été convoquée le 21 août pour les 24, 25 et 26 août, et entre la convocation et les travaux, des dossiers ont mûri sans qu’on ait pu les prévoir : la Cour constitutionnelle s’était prononcée le 17 août sur la loi sur l’intégrité, et le Sénat a voté le 24 août tant le réexamen de la loi sur les aires naturelles protégées que le projet relatif à l’hydrogène. Sans décision de complément, aucun des deux n’aurait pu être mis en discussion, puisque l’ordre du jour d’une session extraordinaire est limitatif. Le mécanisme fonctionne et, à la Chambre des députés, il fonctionne aussi techniquement bien : les points nouveaux reçoivent des indices, du 3^1 au 3^4, précisément pour que le point 4 de l’annexe n’ait pas à être renuméroté.

La même opération a pourtant été faite de deux manières différentes, le même jour, dans les deux chambres. L’annexe du Sénat s’arrêtait au point 9, qui est un point générique, « Inițiative legislative primite de la Camera Deputaților », initiatives législatives reçues de la Chambre des députés, et la décision n° 16/2026 ajoute après lui les points 10 et 11. L’annexe de la Chambre comporte, symétriquement, un point générique à la fin, le point 4, « Inițiative legislative adoptate de Senat în calitate de primă Cameră sesizată », initiatives législatives adoptées par le Sénat en qualité de première chambre saisie, et les compléments y ont été insérés avant lui, avec des indices. Il en résulte qu’au Sénat les deux lois nommément désignées se placent après le point qui les aurait de toute façon couvertes, tandis qu’à la Chambre le point de couverture reste le dernier. La différence n’est pas seulement esthétique : tant que chaque annexe contient un tel point parapluie, le caractère limitatif de l’ordre du jour tient plus de la formule que de la restriction, et les décisions de complément deviennent, pour une bonne part, un acte de transparence volontaire.

La deuxième chose que l’acte donne à voir concerne la fenêtre réelle de débat. Le programme de travail de la Chambre, approuvé par la décision n° 11/2026, ne prévoit pas de séance plénière le 25 août, seulement des travaux en commission ; la seule plénière restante est celle du 26 août, à 10 heures. La décision n° 13/2026 est émise le 25 août précisément et ajoute la proposition portant complément de l’article 152 du code administratif, qui exige un rapport commun de trois commissions, la commission juridique, celle de l’administration publique et celle du travail. C’est aussi le seul des quatre points ajoutés à la Chambre qui ne porte pas la mention « Se dezbate sub rezerva depunerii raportului » (le point est débattu sous réserve du dépôt du rapport), alors que son parcours en commission est le plus compliqué et son délai le plus court. Le terme constitutionnel de ce point échoit le 5 septembre 2026, une semaine après la réouverture de la session ordinaire.

La troisième chose manque entièrement, et elle tient à la forme sous laquelle l’information parvient au public. L’ordre du jour de la Chambre des députés pour les 24, 25 et 26 août n’existe nulle part en un seul document : il se reconstruit à partir du Journal officiel de la Roumanie n° 697, où figure l’annexe initiale, plus les n° 704 et n° 706 du 25 août, où se trouvent les deux compléments. Au Sénat, la même liste se reconstruit à partir des n° 697 et n° 704. Qui veut savoir ce qui se débat le 26 août doit ouvrir trois éditions et refaire de tête la numérotation avec indices. Un détail de répartition mérite également d’être relevé : le réexamen demandé par le Président sur la loi relative aux aires naturelles protégées reçoit un rapport commun de la commission de politique économique et de la commission des industries, tandis que le projet relatif à l’hydrogène, inscrit par la même décision, part à la commission des industries et à la commission de l’environnement.

Ce qui devrait changer

  • La même technique de complément dans les deux chambres. La numérotation avec indices employée par la Chambre des députés laisse valables les renvois et maintient le point générique à la fin. Appliquée aussi au Sénat, elle aurait placé la loi sur l’intégrité avant le point 9, et non après le point qui couvrait de toute façon les initiatives venues de la Chambre.
  • La republication de l’annexe consolidée après chaque complément. L’ordre du jour de la Chambre pour les 24, 25 et 26 août vit aujourd’hui dans trois éditions du Journal officiel de la Roumanie, les n° 697, 704 et 706. Une annexe consolidée, publiée en même temps que la dernière décision, donnerait la liste complète en un seul endroit.
  • L’état du rapport, mentionné à chaque point ajouté. Le point 3^4 exige un rapport commun de trois commissions et a été inscrit la veille de la dernière séance plénière, mais c’est le seul dépourvu de la mention relative à la réserve du dépôt du rapport. Une rubrique obligatoire, « rapport déposé » ou « rapport en cours », montrerait si le point peut effectivement être débattu.
  • La mise en correspondance explicite avec le programme de travail. Le 25 août, jour où la décision n° 13/2026 a été émise, la Chambre n’avait pas de plénière. Un complément indiquant la séance au cours de laquelle le point entre en débat, ici celle du 26 août à 10 heures, dirait aux députés et au public quand la discussion a lieu, et pas seulement que quelque chose a été ajouté.
  • La clarification des points génériques de l’annexe. Tant que l’ordre du jour contient un point du type « initiatives législatives reçues de la Chambre des députés », il n’est pas limitatif au sens strict. Ou bien ces points sont supprimés et chaque initiative est nommément désignée, ou bien la décision précise ce qui entre sous eux.
  • La commission de fond choisie selon la matière de la loi. Le réexamen d’une loi portant sur les aires naturelles protégées et sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement part à la commission de politique économique et à la commission des industries, tandis que le dossier énergétique ajouté par la même décision inclut la commission de l’environnement. Un avis de la commission spécialisée, à tout le moins, refermerait l’écart.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 704 et n° 706 du 25 août 2026 8 pages PDF, 77 KB

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Les autres éditions citées : nr. 706/2026

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.