L’essentiel
- Le Gouvernement a approuvé, par la décision gouvernementale n° 582/2026, le Plan de préparation aux risques dans le domaine de l’électricité, le document qui définit comment la Roumanie prévient, gère et surmonte une crise de l’électricité, aux niveaux national et régional.
- Le plan recense 32 scénarios de risque régionaux (des cyberattaques et tempêtes solaires jusqu’au conflit armé) et fixe des mesures concrètes de prévention, de préparation, de réponse et de rétablissement pour chaque étape d’une crise.
- Le coordinateur national en cas de crise reste le Centre opérationnel national du secteur énergétique (CONSE), et la Roumanie dispose d’accords d’entraide avec la Serbie, l’Ukraine, la Bulgarie et la Hongrie.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 652 du 6 août 2026 (annexe au n° 652 bis)
En vigueur depuis : le 6 août 2026
Que se passe-t-il si le réseau électrique national entre en crise, à cause d’une cyberattaque, d’une tempête extrême ou d’une défaillance en cascade ? Le Gouvernement a approuvé le document qui répond précisément à cette question. La décision gouvernementale n° 582/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 652 du 6 août 2026, approuve le Plan de préparation aux risques dans le domaine de l’électricité, élaboré par le ministère de l’Énergie conformément au règlement (UE) 2019/941 relatif à la préparation aux risques dans le secteur de l’électricité.
Le plan, long de 54 pages et publié intégralement dans l’édition bis du même Journal officiel de la Roumanie, n’est pas un document bureaucratique sans enjeu : il précise qui fait quoi, dans quel ordre, lorsque le système électrique national (SEN) traverse quatre états successifs, conçus comme un cycle selon le modèle du règlement européen : prévention (réduction des vulnérabilités), préparation (surveillance, alerte précoce, exercices), réponse (notification, recherche-sauvetage, réparations provisoires) et rétablissement (reconstruction, renforcement de la résilience).
L’autorité compétente chargée d’élaborer et de mettre en œuvre le plan est le ministère de l’Énergie, tandis que la coordination effective pendant une crise revient au Centre opérationnel national du secteur énergétique (CONSE), créé par un arrêté distinct du ministre de l’Énergie et activé à la demande du gestionnaire du réseau de transport, par l’intermédiaire de l’autorité compétente.
La période pendant laquelle les mesures de sûreté prévues au point 4.2.1 de l’annexe à la présente décision peuvent être appliquées a été prolongée jusqu’au 30 septembre 2026 par la décision du gouvernement n° 684/2026.
Les effets concrets
Pour la première fois sous cette forme, la Roumanie dispose d’une liste officielle et exhaustive de 32 scénarios de risque régionaux susceptibles d’affecter le système électrique : cyberattaques contre le réseau ou d’autres actifs, attaques physiques contre des actifs critiques ou des centres de contrôle, menaces contre des employés clés, sabotage interne, tempêtes solaires, éruptions volcaniques, vagues de froid ou de chaleur, inondations, crises d’approvisionnement en combustibles fossiles ou nucléaires, défaillances techniques en cascade, grèves et actions collectives, accidents industriels ou nucléaires, séismes, incendies de forêt et conflit armé.
Pour chaque type de crise, le plan fixe des mesures concrètes sur les quatre étapes du cycle de gestion : de la surveillance et de l’alerte précoce, à la notification et à l’évacuation, jusqu’au rétablissement total des fonctions critiques et au développement durable ultérieur.
Quatre accords bilatéraux d’entraide énergétique sont confirmés, avec la Serbie et l’Ukraine (fourniture réciproque d’une quantité d’électricité en cas de crise), ainsi que des accords d’exploitation avec la Serbie, la Bulgarie et la Hongrie, via les lignes d’interconnexion existantes (dont la ligne 400 kV Porțile de Fier – Djerdap).
Le plan confirme également les grands projets d’interconnexion du réseau inscrits dans le plan décennal européen de développement du réseau (TYNDP 2024) : le corridor de la mer Noire, l’interconnexion avec la République de Moldavie (400 kV Suceava – Bălți), le câble sous-marin Géorgie – Roumanie et l’interconnexion à courant continu haute tension Roumanie – Hongrie.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
La Roumanie avait déjà des obligations de préparation aux risques énergétiques en vertu du règlement (UE) 2019/941, en vigueur depuis 2019, mais ce plan constitue la mise à jour officielle du document qui synthétise les scénarios de risque, les ressources disponibles et les mécanismes de coopération régionale, aligné sur le Plan national intégré énergie-climat et sur les objectifs européens pour 2030 (réduction des émissions de 55 %, efficacité énergétique accrue, interconnexion d’au moins 15 %).
La principale nouveauté par rapport aux versions antérieures est la systématisation des 32 scénarios de risque régionaux dans un tableau de référence unique, qui sert désormais de base aux plans de risque régionaux élaborés avec les pays voisins, conformément aux articles 11 et 12 du règlement.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Offre un cadre unique et cohérent de réaction à tout type de crise énergétique, des causes naturelles aux cyberattaques ou au conflit armé, avec des rôles et responsabilités clairement établis.
- Formalise le soutien mutuel avec quatre États voisins, essentiel lors d’une crise régionale, lorsque le SEN ne peut pas couvrir seul un déficit d’une zone à l’autre.
- S’appuie sur des investissements concrets en interconnexion (corridor de la mer Noire, câble avec la Géorgie, ligne avec la Moldavie), pas seulement sur des procédures administratives.
- Aligne la Roumanie sur les normes européennes de résilience énergétique, utiles à la fois pour la sécurité des consommateurs et pour les évaluations de risque des investisseurs.
Ce qui reste problématique
- Le plan est, par nature, un document stratégique ; son efficacité réelle ne se vérifie que lors d’une crise effective, pas par la simple existence du document.
- Le texte intégral, de 54 pages, avec des tableaux techniques complexes, reste difficilement accessible au grand public, alors qu’il concerne directement la sécurité d’approvisionnement de chaque consommateur.
- Le plan, dans sa forme publique, ne précise ni budgets ni délais exacts de mise en œuvre pour chaque mesure, mais plutôt un cadre d’action.
- Il dépend d’une coordination efficace avec les gestionnaires de réseau des pays voisins, un facteur qui n’est pas exclusivement du ressort des autorités roumaines.
Conseils pratiques
- Si vous travaillez dans l’énergie, l’informatique ou les infrastructures critiques, le plan complet, avec les 32 scénarios de risque et leurs mesures, est disponible intégralement au Journal officiel de la Roumanie n° 652 bis du 6 août 2026 et mérite d’être consulté pour votre propre plan de continuité d’activité.
- Ne confondez pas ce plan avec l’annonce d’une crise imminente. C’est un document de préparation, mis à jour périodiquement, pas un signal qu’une crise énergétique est sur le point de commencer.
- Pour toute information sur des coupures programmées ou une situation de crise réelle, la source officielle reste le gestionnaire du réseau de transport, via le CONSE, et non les communiqués individuels des fournisseurs d’énergie.
- Si vous gérez un bâtiment ou une entreprise à forte consommation énergétique, envisagez votre propre réserve d’énergie (batteries, groupe électrogène) comme mesure complémentaire, surtout dans les zones exposées aux scénarios de risque météorologique extrême.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Plan de préparation aux risques dans le domaine de l’électricité ?
Combien de scénarios de risque le plan identifie-t-il ?
Qui coordonne la Roumanie en cas de crise énergétique réelle ?
La Roumanie bénéficie-t-elle d’une aide d’autres États en cas de crise ?
Où puis-je lire le plan complet, avec tous les détails techniques ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 652 du 6 août 2026 (+ 652 bis) 16 pages PDF, 105 KB l'acte commence à la page 2
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
