L’essentiel
- Les exploitations de jusqu’à 30 hectares ne sont plus sanctionnées au titre de la rotation des cultures, et celles qui comptent au plus 10 hectares éligibles au paiement restent hors du champ des sanctions de conditionnalité. Les deux exemptions étaient déjà en vigueur depuis le 6 mars 2026, mais elles n’entrent que maintenant dans le système qui sert à calculer les réductions.
- La tolérance sur les prairies permanentes double, de 5% à 10% : le rapport entre les prairies permanentes et la surface agricole peut baisser jusqu’à 10% par rapport à l’année de référence 2018 avant que l’État n’impose la reconversion de terres.
- Apparaît une sanction qui jusqu’ici ne pouvait pas être calculée : l’agriculteur qui cultive la même espèce plus de 3 ans de suite sans la culture secondaire obligatoire relève d’une grille de gravité propre, et la réduction du paiement part de 1% pour monter à 3% ou 5%.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 732 du 1er septembre 2026
Entrée en vigueur : 1er septembre 2026
Le système par lequel l’APIA ampute les subventions lorsqu’un agriculteur enfreint les règles environnementales a été mis à jour avec les règles qu’il doit respecter, près de six mois après que celles-ci ont changé. L’arrêté du ministre de l’agriculture et du développement rural n° 252/2026, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 732 du 1er septembre 2026, modifie en treize points l’arrêté n° 393/2023, à savoir le Système de sanctions administratives pour la conditionnalité. C’est le deuxième système de sanctions auquel le ministère touche en 2026, après celui des interventions et des aides nationales transitoires, approuvé par l’arrêté n° 224/2026, où 37 annexes ont chacune reçu leur propre grille de sanctions. L’arrêté n° 224/2026 est d’ailleurs cité dans le nouveau texte.
La conditionnalité est l’ensemble des règles d’environnement, de climat, de santé publique, de santé des végétaux et de bien-être animal qu’un agriculteur doit respecter pour percevoir intégralement l’argent européen. Elles sont de deux sortes : les normes GAEC, les bonnes conditions agricoles et environnementales des terres, numérotées de 1 à 10, et les exigences SMR, qui découlent de directives européennes sur l’eau, les oiseaux, les habitats, la sécurité alimentaire, les pesticides ou la protection des animaux. Ces règles n’apportent pas d’argent en plus. Leur non-respect diminue le paiement que l’agriculteur aurait touché de toute façon, et le système de sanctions établit de combien.
Le mécanisme comporte trois étapes. On établit d’abord si la non-conformité relève de la négligence ou de l’intention. On mesure ensuite la gravité, l’étendue, la persistance et la répétition. Ce n’est qu’à la fin que le pourcentage se lit dans un tableau. Pour une infraction non intentionnelle constatée pour la première fois, limitée à l’exploitation elle-même et dont les effets s’éteignent dans l’année civile, la réduction est de 1% en gravité faible, de 3% en gravité moyenne et de 5% en gravité élevée. Si les effets dépassent l’exploitation, ces trois niveaux deviennent 3%, 5% et 7%. Une répétition monte en règle générale à 10%, et une infraction intentionnelle part de 15% et peut atteindre 100%, c’est-à-dire la perte de la totalité du paiement. Lorsque plusieurs manquements non intentionnels s’accumulent la même année, les pourcentages s’additionnent, mais le total ne peut pas dépasser 5%, ou 10% si l’un d’eux au moins a des conséquences graves ou met en danger la santé publique.
L’acte concerne tous les agriculteurs qui déposent une demande unique auprès de l’Agence de paiement et d’intervention pour l’agriculture, ainsi que ceux qui ont des engagements en agroenvironnement, en agriculture biologique, en bien-être animal ou des paiements pour les zones soumises à des contraintes naturelles.
Les effets concrets
Le premier effet est que deux exemptions de grande portée arrivent enfin dans le texte qui sert à calculer la sanction. L’arrêté conjoint de l’agriculture, de l’environnement et de l’autorité sanitaire vétérinaire n° 33/359/304/2026, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 176 du 6 mars 2026, avait déjà dispensé les exploitations dont la surface éligible ne dépasse pas 10 hectares des contrôles et des sanctions de conditionnalité, et celles d’au plus 30 hectares de la norme GAEC 7, celle de la rotation des cultures. À partir du 1er septembre 2026, les deux figurent aussi dans le système de sanctions, à l’article 4 de l’annexe n° 1.
Le deuxième effet est le doublement de la tolérance sur les prairies. La norme GAEC 1 exige que le rapport entre les prairies permanentes et la surface agricole, calculé au niveau national, ne baisse pas trop par rapport à 2018. Le seuil était de 5%. Il passe à 10%, à quatre endroits à la fois : dans la liste des normes de l’annexe n° 1, dans la rubrique GAEC 1 de l’annexe n° 2 et dans deux des éléments de contrôle. Concrètement, l’obligation de reconvertir des terres en prairies ne se déclenche qu’à partir d’une baisse supérieure à 10%, et non plus supérieure à 5%.
Le troisième effet vise les agriculteurs biologiques. Les surfaces certifiées en agriculture biologique, en conversion ou en maintien de la certification sont réputées conformes aux normes GAEC 1, 3, 4, 5, 6 et 7, au niveau de la parcelle. L’exemption n’est toutefois pas totale : si la non-conformité porte sur une norme de conditionnalité qui est aussi une exigence de base d’un engagement en faveur de l’environnement et du climat, y compris d’un éco-régime, la sanction s’applique par les deux autres systèmes, ceux approuvés par l’arrêté n° 286/2024 et par l’arrêté n° 224/2026.
Le quatrième effet est l’apparition d’une sanction là où l’obligation existait déjà, sans pouvoir être quantifiée. La règle de rotation permet que la même espèce soit cultivée sur la même parcelle pendant 3 années consécutives au plus, à condition qu’entre deux cultures principales soit implantée une culture secondaire, d’une espèce différente. Le tableau qui mesure la gravité pour la norme GAEC 7 comptait trois cas de non-respect et aucun ne couvrait cette hypothèse. Le nouvel acte ajoute le « cas 4 », avec sa propre formule de calcul.
Le cinquième effet est un rétrécissement du champ d’application. Les paiements de l’ancien Programme national de développement rural 2014-2020 sortent entièrement du système de sanctions pour la conditionnalité : sont abrogées aussi bien les deux positions de l’article 1 qui renvoyaient à la mesure 10, agroenvironnement et climat, et à la mesure 11, agriculture biologique, que l’alinéa entier qui énumérait les mesures compensatoires du PNDR. À leur place entre une intervention du plan stratégique actuel, DR-08, le soutien à l’entretien et aux soins des surfaces boisées.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
La version antérieure du système est celle issue de l’arrêté n° 297/2025, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 825 du 8 septembre 2025. La comparaison position par position fait apparaître cinq changements réels.
Pour la norme GAEC 1, le texte disait « Reducerea maximă este de 5% în comparație cu anul de referință », la réduction maximale est de 5% par rapport à l’année de référence. Il dit désormais 10%. De même, l’élément de contrôle qui déclenchait les mesures de l’autorité compétente parlait d’une baisse du rapport « cu peste 5% », de plus de 5%, et il parle désormais de « peste 10% », de plus de 10%.
Pour les exemptions, le dernier paragraphe de l’article 4 alinéa (3) dispensait « fermierii care dețin exploatații cu o suprafață agricolă declarată în cererea de plată de maximum 10 ha », les agriculteurs dont l’exploitation a une surface agricole déclarée dans la demande de paiement de 10 hectares au maximum. La nouvelle formulation change la base de mesure : sont exemptés les bénéficiaires de paiements directs et de paiements annuels au titre des articles 70, 71 et 72 du règlement (UE) 2021/2.115, si la surface éligible aux paiements, déclarée dans la demande d’aide géospatiale, ne dépasse pas 10 hectares. Autrement dit, on passe de la surface déclarée à la surface éligible, celle qui subsiste après les contrôles.
Dans le tableau de gravité pour les normes vérifiées au niveau de la parcelle, les seuils restent les mêmes : de 0 à 40% gravité faible, entre 40% et 80% gravité moyenne, au-delà de 80% gravité élevée. Ce qui change, c’est la base de calcul pour la norme GAEC 5, celle du travail du sol : jusqu’ici toute la norme se mesurait sur la surface de terres arables, et désormais elle se dédouble en GAEC 5.1, mesurée toujours sur les terres arables, et GAEC 5.2, mesurée sur l’ensemble de la surface déterminée de l’exploitation. La différence compte : l’élément relatif aux sols de la classe de qualité V s’applique quelle que soit la pente du terrain et pas seulement sur les terres arables, de sorte que le rapport à la surface la plus large abaisse le pourcentage de gravité obtenu.
Pour la norme GAEC 6, la couverture minimale des sols, les pourcentages n’ont pas bougé. La grille de gravité reste celle de 2024 : pour les terres arables, une couverture comprise entre 70% et 80% signifie gravité faible, entre 50% et 70% gravité moyenne, en dessous de 50% gravité élevée ; pour les cultures permanentes, les seuils sont de 40 à 50%, de 30 à 40% et au-dessous de 30%. La nouveauté est que sortent désormais du calcul, de façon explicite, les surfaces occupées par des serres et des tunnels, pour les terres arables, et celles en cours de préparation pour l’implantation de vergers et de vignes, pour les cultures permanentes.
Pour la rotation des cultures, le tableau 7 comptait trois cas, tous introduits en septembre 2025. Le cas 1 visait la situation où la même espèce dépassait 50% des terres arables de l’exploitation, les cas 2 et 3 celles liées à la récolte tardive et aux conditions météorologiques défavorables, c’est-à-dire à l’exception des 2 années consécutives. Le nouveau cas 4 couvre l’exception des 3 années consécutives avec culture secondaire obligatoire, la seule qui était restée sans grille. La gravité se calcule en rapportant la surface non conforme à 50% de la surface de terres arables de l’exploitation, et non à la totalité de celles-ci.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Le système de sanctions rejoint enfin les règles de fond, si bien qu’un agriculteur exempté depuis le 6 mars 2026 ne trouve plus, dans l’acte qui calcule la réduction, un texte qui le contredit.
- Les exploitations de jusqu’à 30 hectares, la majorité des exploitations roumaines, n’ont plus à suivre la règle de rotation des cultures, la plus difficile à documenter de toutes.
- La tolérance de 10% sur les prairies permanentes laisse une marge de manœuvre deux fois plus large avant que l’État n’impose la reconversion de terres.
- Le retrait explicite des serres, des tunnels et des terrains préparés pour des vergers du calcul de la couverture des sols supprime un motif fréquent de non-conformité sur le papier.
- Le cas 4 met fin à une incohérence vieille de près d’un an, dans laquelle une obligation existait sans grille de sanction et s’appliquait donc de façon inégale.
Ce qui reste problématique
- L’acte paraît 179 jours après les règles qu’il met en œuvre, et alors que la fenêtre de couverture des sols, du 15 juin au 30 septembre, est écoulée aux trois quarts ou presque.
- Le cas 4 crée une sanction nouvelle pour un comportement de la campagne en cours, et l’acte ne dit pas à partir de quelle année de demande il s’applique.
- La dérogation de 3 semaines pour la préparation du terrain, en vigueur depuis mars 2026, manque dans les éléments de contrôle que cet arrêté vient précisément de réécrire.
- La notation GAEC 5.1 et GAEC 5.2 apparaît dans le tableau sans être définie nulle part, à côté de renvois écrits en toutes lettres, aux éléments de contrôle, dans la même cellule.
- La règle qui indique comment se combinent plusieurs cas de non-respect de la rotation continue de parler des « trois cas », alors que les cas sont quatre.
Conseils pratiques
- Vérifiez d’abord si vous entrez dans l’une des deux exemptions. Celle des 10 hectares se mesure sur la surface éligible aux paiements figurant dans la demande d’aide géospatiale, et non sur la surface que vous détenez. Celle des 30 hectares, qui ne concerne que la rotation des cultures, se mesure sur la surface agricole déclarée.
- Si vous avez plus de 30 hectares, reconstituez l’historique des cultures parcelle par parcelle sur les dernières années. Le cas 4 s’applique lorsque la même espèce est restée sur la même parcelle plus de 3 ans de suite sans la culture secondaire entre deux cultures principales.
- Retenez que la gravité en matière de rotation se rapporte à la moitié des terres arables de l’exploitation, et non à leur totalité. Dix hectares non conformes dans une exploitation de 100 hectares de terres arables, cela fait 10 rapporté à 50, soit 20% et non 10%.
- Jusqu’au 30 septembre 2026, vous pouvez encore agir sur la couverture des sols. L’exigence est d’au moins 80% des terres arables et d’au moins 50% des cultures permanentes, et le chaume et les résidus végétaux laissés après la récolte entrent dans le calcul.
- Si vous n’arrivez pas à préparer le terrain dans les 3 semaines permises par l’arrêté n° 54/570/32/2023, avisez l’APIA à temps. La prolongation d’une semaine supplémentaire s’accorde sur avis de la direction agricole départementale, elle n’est pas automatique.
- Si vous travaillez en agriculture biologique, ne supposez pas que vous êtes exempté de tout. L’exemption porte sur la conditionnalité, mais le même fait peut être sanctionné comme non-respect d’une exigence de base de l’engagement, par l’arrêté n° 286/2024 ou par l’arrêté n° 224/2026.
- Conservez la preuve de toute situation de force majeure. La sécheresse grave, la destruction des abris, une maladie des végétaux ou l’expropriation sont expressément reconnues et font obstacle à la sanction, mais seulement si elles sont notifiées et documentées.
Questions fréquentes
De combien ma subvention baisse-t-elle si j’enfreins une règle de conditionnalité ?
J’ai 8 hectares. Puis-je encore être sanctionné ?
Que signifie l’exemption pour les exploitations de jusqu’à 30 hectares ?
Qu’est-ce qui a changé pour les prairies permanentes ?
Qu’est-ce que le cas 4 de la rotation des cultures ?
Je suis agriculteur biologique. Les normes GAEC ne s’appliquent-elles plus à moi ?
À partir de quel moment les nouvelles règles s’appliquent-elles ?
Qu’advient-il des engagements du PNDR 2014-2020 ?
Erreurs et incohérences dans le texte publié
- Point 13 : les éléments de contrôle de la norme GAEC 6 ne reprennent pas la dérogation de 3 semaines, alors qu’ils reprennent les deux autres exceptions du même acte. L’arrêté réécrit la colonne « Elemente de control », éléments de contrôle, pour la norme GAEC 6 de l’annexe n° 2 et exige la couverture d’au moins 80% de la surface arable « în perioada cea mai sensibilă a anului (15 iunie-30 septembrie) », pendant la période la plus sensible de l’année, du 15 juin au 30 septembre, sans aucune exception de durée. La norme de fond, la GAEC 6 de l’annexe à l’arrêté n° 54/570/32/2023, dans la version issue de l’arrêté n° 33/359/304/2026, prévoit que « în intervalul stabilit solul trebuie acoperit, cu excepția timpului necesar pentru pregătirea terenului și înființarea noii culturi de cel mult 3 săptămâni, cu posibilitatea de prelungire cu încă o săptămână », que pendant l’intervalle fixé le sol doit être couvert, à l’exception du temps nécessaire à la préparation du terrain et à l’implantation de la nouvelle culture, de 3 semaines au plus, avec possibilité de prolongation d’une semaine supplémentaire, sur avis de la direction agricole départementale. C’est du même texte que l’arrêté a repris les deux autres exceptions, celle des serres et des tunnels et celle des terrains en préparation pour des vergers et des vignes, ce qui montre que la source a bien été consultée. Il en résulte qu’un agriculteur qui laisse le sol découvert trois semaines pour préparer la culture respecte la norme, mais apparaît non conforme dans l’élément de contrôle qui sert à établir le rapport de contrôle, et qu’une couverture tombée sous 80% entre directement dans la grille de gravité du point 8.
- Le point 9 ajoute un quatrième cas au tableau 7, mais la règle de combinaison en est restée à trois. Le texte introductif du tableau 7, que cet arrêté ne modifie pas, dit : « În cazul în care fermierul se încadrează la două din cele trei cazuri, se calculează gravitatea pentru fiecare caz și se alege gravitatea cu procentul de nerespectare cel mai mare », lorsque l’agriculteur relève de deux des trois cas, la gravité se calcule pour chaque cas et l’on retient celle dont le pourcentage de non-respect est le plus élevé. Après l’introduction du cas 4, les cas sont quatre, et la règle qui dit ce qui se passe lorsque l’agriculteur relève de plusieurs d’entre eux n’en couvre expressément que trois. Un agriculteur qui se trouve, par exemple, dans le cas 1 et dans le cas 4 ne dispose d’aucun texte lui indiquant si l’on retient le pourcentage le plus élevé ou si l’on cumule, et ce choix change le niveau de gravité et, par lui, le pourcentage de réduction du tableau 1.
- Le tableau 7 reste inaccessible depuis la règle qui répartit les tableaux. L’article 4 alinéa (8) de l’annexe n° 1 énumère limitativement la manière dont la gravité se détermine : le point iii renvoie les normes GAEC vérifiées au niveau de la parcelle agricole au tableau 4, et le point v renvoie la norme GAEC 6 au tableau 6. Il n’existe aucun point pour la norme GAEC 7 et pour le tableau 7. Comme la norme GAEC 7 se vérifie au niveau de la parcelle agricole, l’application littérale de l’alinéa (8) la renvoie au tableau 4, qui ne la compte pas parmi les normes couvertes et qui utilise d’autres seuils, rapportés à la surface déterminée de l’exploitation et non à 50% des terres arables. L’omission vient de l’arrêté n° 297/2025, celui qui a introduit le tableau 7, mais l’arrêté examiné ici intervient précisément sur ce tableau et ne la répare pas.
Analyse de la rédaction
Ce n’est pas un acte de politique agricole, c’est un acte d’entretien. Les décisions qu’il met en œuvre ont été prises ailleurs et plus tôt : le règlement (UE) 2025/2.649 a modifié le système de conditionnalité au niveau européen, et l’arrêté n° 33/359/304/2026 l’a transposé dans les règles roumaines le 6 mars 2026. Ce que fait l’arrêté examiné ici, c’est traduire ces règles en grilles de pourcentages. Le problème n’est pas le contenu, c’est le calendrier : entre le 6 mars et le 1er septembre 2026, 179 jours se sont écoulés pendant lesquels l’acte qui disait ce qu’il fallait faire et l’acte qui disait de combien on coupait si vous ne le faisiez pas soutenaient des choses différentes. Pendant tout cet intervalle, la norme GAEC 1 avait une tolérance de 10% dans un acte en vigueur et une tolérance de 5% dans l’autre, tout aussi en vigueur.
Le décalage se voit le mieux sur le calendrier agricole, non sur le calendrier administratif. La fenêtre pendant laquelle la couverture des sols est vérifiée va du 15 juin au 30 septembre, soit 108 jours. À la date de la publication, 79 d’entre eux étaient passés : l’agriculteur apprend donc comment sa couverture sera mesurée alors qu’il ne lui reste que 29 jours pour agir. Les modifications de la norme GAEC 6 lui sont heureusement favorables, puisqu’elles retirent du calcul les serres, les tunnels et les terrains préparés pour des vergers. Le cas 4 de la rotation des cultures ne lui est en revanche pas favorable : il crée une grille de sanction pour un comportement que l’agriculteur a décidé lors des semis d’automne de l’an dernier et qu’il ne peut plus changer. L’arrêté ne comporte aucune disposition transitoire et ne dit pas à partir de quelle année de demande les nouvelles grilles s’appliquent.
Le choix du dénominateur, dans le cas 4, mérite un calcul, car il ne se voit pas à la lecture du texte. La gravité se calcule en rapportant la surface non conforme non pas aux terres arables de l’exploitation, mais à 50% de celles-ci. Pour une exploitation de 100 hectares de terres arables dont 20 hectares n’ont pas respecté la rotation, le rapport n’est pas de 20%, mais de 40%, ce qui fait passer l’agriculteur de la gravité faible à la gravité moyenne. La conséquence en argent, par le tableau 1 : la réduction passe de 1% à 3% du montant total des paiements, elle triple donc. Le même fait, mesuré sur la totalité des terres arables, serait resté en gravité faible. Le dénominateur est cohérent avec la logique de la norme, puisque la dérogation porte précisément sur la moitié des terres arables où la rotation n’est pas obligatoire, mais son effet sur la sanction n’est expliqué nulle part.
Le deuxième calcul utile porte sur le cumul. Un agriculteur de plus de 30 hectares qui se trompe à la fois sur la couverture des sols et sur la rotation reçoit des réductions qui s’additionnent : 1% plus 3% font 4%, sous le plafond de 5% prévu pour les manquements non intentionnels sans conséquences graves. Si l’un d’eux a des conséquences graves, le plafond monte à 10% et le cumul devient possible jusque-là. Autrement dit, le système est construit pour que les petits manquements ne se transforment pas en catastrophes, et c’est le plafond, non la grille, qui décide de l’exposition réelle d’une exploitation de bonne foi.
Enfin, l’introduction de l’intervention DR-08 n’est pas un ajout quelconque. La liste des paiements soumis à la conditionnalité, réécrite en septembre 2024, comprenait les interventions DR-01 à DR-07, puis DR-09, DR-10 et DR-11. DR-08, l’entretien et les soins des surfaces boisées, était la seule qui manquait dans la série, et elle est aujourd’hui introduite comme point nouveau après DR-07. Pendant deux ans, les bénéficiaires d’une seule intervention de développement rural sont restés hors du système de sanctions pour la conditionnalité, sans qu’aucun acte explique pourquoi.
Ce qui devrait changer
- La dérogation de 3 semaines, écrite dans l’élément de contrôle de la norme GAEC 6. Sans elle, le rapport de contrôle constate une non-conformité pour une période pendant laquelle la norme de fond autorise le sol découvert. Une seule phrase ajoutée dans la colonne réécrite au point 13 fermerait l’écart entre ce qui est demandé à l’agriculteur et ce qui lui est vérifié.
- La mise à jour de la règle de combinaison du tableau 7, de trois cas à quatre. Faute de quoi, l’agriculteur qui se trouve à la fois dans le cas 4 et dans l’un des autres n’a aucun texte à invoquer, et les inspecteurs trancheront différemment d’un département à l’autre précisément là où la différence vaut 1% ou 3% du paiement.
- Un point nouveau à l’article 4 alinéa (8), renvoyant la norme GAEC 7 au tableau 7. Cette énumération est la seule qui relie une norme à son tableau de gravité, et la GAEC 7 y manque depuis un an. Une ligne rendrait le tableau 7 applicable sans interprétation.
- Une disposition transitoire indiquant à partir de quelle année de demande les nouvelles grilles s’appliquent. Le cas 4 sanctionne une décision agronomique prise un an ou deux avant la publication. Si l’intention est une application à partir de l’année de demande 2027, une phrase le dit. Si l’intention est une application immédiate, une phrase doit également le dire, pour que l’agriculteur sache à quoi il s’expose lors des contrôles de cet automne.
- La définition de la notation GAEC 5.1 et GAEC 5.2 dès la première utilisation. Dans la même cellule du tableau 4, la norme GAEC 2 est écrite en toutes lettres, « pour les éléments de contrôle 1.a), 1.c), 1.d), 1.e) et 2 », tandis que la norme GAEC 5 est écrite en abrégé, avec des chiffres après le point. Ou bien on écrit les deux de la même façon, ou bien on ajoute une note précisant que le chiffre après le point est le numéro de l’élément de contrôle.
- La publication des modifications de sanctions en même temps que celles des normes. Les deux actes sont signés par le même ministère et préparés par la même direction de l’APIA. S’ils étaient partis ensemble en mars 2026, les agriculteurs seraient entrés dans la campagne avec un seul jeu de chiffres, et cet article n’aurait rien eu à comparer.
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 732 du 1er septembre 2026 16 pages PDF, 143 KB l'acte commence à la page 3
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
