L’essentiel
- Le ministère de l’Environnement a ramené à zéro jour la période légale de chasse à la tourterelle des bois pour l’année 2026. Concrètement, l’espèce ne se chasse plus du tout cette année.
- L’arrêté a été publié le 14 août 2026, soit la veille de l’ouverture de la saison, et les gestionnaires des territoires de chasse ne peuvent plus délivrer d’autorisations de chasse pour la tourterelle des bois.
- La Garde forestière nationale contrôle chaque semaine le respect de la mesure entre le 15 août et le 30 septembre 2026, et tout manquement engage la responsabilité des gestionnaires, y compris au titre des contrats de gestion.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 673 du 14 août 2026
Entrée en vigueur : le 14 août 2026
La saison de chasse à la tourterelle des bois se ferme en 2026 la veille même de son ouverture. Le ministère de l’Environnement, des Eaux et des Forêts a publié vendredi au Journal officiel de la Roumanie l’arrêté n° 1.635/2026, qui ramène à zéro jour, par son article 1er, la période légale de chasse de la tourterelle des bois, Streptopelia turtur. Le régime de la chasse avait déjà retenu l’attention publique cet été, avec le contentieux constitutionnel sur les quotas de prélèvement de l’ours brun. Dans le domaine voisin de la pêche récréative, l’arrêté MADR n° 260/2026 fait passer le permis en ligne et impose une fiche de capture.
La formulation retenue par le ministère est inhabituelle. Au lieu d’interdire la chasse, l’arrêté conserve la construction juridique d’une « période légale de chasse » et lui donne la valeur zéro. L’effet pratique est identique à celui d’une interdiction pour le reste de l’année, mais le fondement invoqué reste la loi sur la chasse n° 407/2006, par son article 6, paragraphe 1, lettre g) et paragraphe 4, et son article 26, paragraphe 2, qui permettent au ministre de restreindre les périodes, pas nécessairement de retirer une espèce de la liste.
Le motif est européen. L’arrêté met en œuvre une recommandation de la Commission européenne portant sur l’article 5 et l’article 7, paragraphe 1, de la directive Oiseaux, et reprend les propositions du groupe de travail de l’Union européenne pour le rétablissement des populations d’oiseaux, qui avait proposé le non-prélèvement de l’espèce en 2026. Parmi les considérants, le préambule invoque encore l’article 19, paragraphe 1, de la loi sur la chasse et l’article 37, paragraphe 1, de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 57/2007 relative au régime des aires naturelles protégées. L’existence même d’un tel groupe de travail et cette proposition explicite de non-prélèvement montrent que l’espèce est traitée à l’échelle européenne comme une espèce dont les effectifs doivent être reconstitués.
L’acte a été signé le 13 août, pour le ministre, par un secrétaire d’État, et publié le 14 août, alors que la saison s’ouvre le 15 août. Le préambule invoque l’avis du Conseil national de la chasse n° 7/2026 et deux notes de présentation de la Direction de la biodiversité, du 22 juillet et du 7 août 2026.
Les effets concrets
Plus aucune autorisation de chasse ne sera délivrée pour la tourterelle des bois en 2026. C’est l’interdiction concrète posée par l’article 2, adressée directement aux gestionnaires des territoires de chasse. L’arrêté met fin à la délivrance des autorisations, et sans autorisation, chasser l’espèce devient illégal au regard du régime général de la loi n° 407/2006.
La mesure couvre l’année 2026, pas davantage. Le texte dit « en 2026 », c’est-à-dire le reste de l’année civile à compter de la publication. Pour 2027, tout est à reprendre depuis le début et tout dépend d’un nouvel acte du ministère, si bien que cet arrêté n’offre aucune garantie de continuité.
Le contrôle suit un calendrier strict. Entre le 15 août et le 30 septembre 2026, l’intervalle que l’arrêté qualifie de période de chasse, les structures territoriales de la Garde forestière nationale vérifient chaque semaine, et autant de fois que nécessaire, la manière dont les gestionnaires appliquent l’arrêté. Après le 30 septembre, une nouvelle fenêtre de vérification reste ouverte, jusqu’au 15 octobre 2026.
Les résultats sont centralisés et remontent au ministère. La Garde forestière doit transmettre à l’autorité publique centrale chargée de la chasse un état recensant le nombre de contrôles, les cas de manquement, les faits constatés et les mesures prises.
La responsabilité pèse sur le gestionnaire, pas seulement sur le chasseur. L’article 4 rattache le non-respect de l’arrêté à la responsabilité des gestionnaires des territoires de chasse, selon la loi et les clauses des contrats de gestion en vigueur. Le contrat de gestion devient ainsi un instrument de sanction, à côté de la responsabilité légale ordinaire.
Le contrôle s’exerce à deux niveaux. Outre la Garde forestière, le personnel spécialisé de l’autorité publique centrale chargée de la chasse effectue lui aussi des vérifications.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Jusqu’à la publication de cet arrêté, la tourterelle des bois figurait parmi les espèces dont la chasse était autorisée, pendant la période fixée selon le régime général de la loi sur la chasse et la protection des territoires de chasse n° 407/2006. Les autorisations étaient délivrées par les gestionnaires, dans les limites de cette période.
Depuis le 14 août 2026, cette période vaut zéro. La différence n’est pas de nuance : ce n’est ni le nombre de jours ni le quota qui diminue, c’est la possibilité même de chasser l’espèce au cours de cette année qui disparaît.
Le second changement concerne la surveillance. L’arrêté ne se contente pas d’interdire, il met en place un mécanisme de contrôle à fréquence fixe, hebdomadaire, avec remontée centralisée des résultats. C’est un niveau de suivi plus appuyé que celui pratiqué d’ordinaire pour une simple restriction de période.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- La mesure met en œuvre une recommandation de la Commission européenne, elle aligne donc la Roumanie sur les exigences de la directive Oiseaux invoquées dans le préambule.
- La protection est totale pour le reste de l’année, et non partielle, si bien que l’effet sur la population de tourterelles des bois est le plus fort possible sur une seule saison.
- Le contrôle a un calendrier, une fréquence et une obligation de compte rendu, il ne reste pas une déclaration de principe.
- La responsabilité des gestionnaires est prévue expressément, y compris sur le terrain contractuel, ce qui déplace la pression sur celui qui délivre les autorisations.
- La structure spécialisée a été consultée avant l’adoption de l’acte : le préambule invoque l’avis du Conseil national de la chasse n° 7/2026.
Ce qui reste problématique
- Une publication la veille de l’ouverture de la saison ne laisse aux gestionnaires et aux chasseurs presque aucun temps d’adaptation.
- L’arrêté ne dit rien des autorisations éventuellement déjà délivrées pour la saison 2026, ni des taxes déjà encaissées à ce titre.
- La mesure ne couvre que le reste de l’année 2026, elle n’offre donc de prévisibilité ni pour la conservation, ni pour ceux qui organisent l’activité de chasse.
- Aucune forme de compensation n’est prévue pour les gestionnaires qui perdent les recettes tirées des autorisations.
- Le texte ne fixe pas de sanctions propres, il renvoie à la responsabilité « selon la loi », ce qui laisse le montant et la procédure à la charge d’autres actes.
Conseils pratiques
- Si vous gérez un territoire de chasse, cessez immédiatement de délivrer des autorisations pour la tourterelle des bois. L’interdiction s’applique depuis le 14 août 2026, la veille de l’ouverture de la saison.
- Si vous détenez déjà une autorisation délivrée pour cette espèce, vérifiez la situation auprès du gestionnaire avant de partir à la chasse. L’arrêté en interdit la délivrance, et utiliser une autorisation portant sur une espèce dont la période légale est de zéro jour engage votre responsabilité.
- Retenez le calendrier des contrôles : vérifications hebdomadaires entre le 15 août et le 30 septembre 2026, puis vérifications complémentaires jusqu’au 15 octobre 2026.
- Soyez attentif à l’identification de l’espèce sur le terrain. La mesure vise exclusivement la tourterelle des bois, Streptopelia turtur, et non la tourterelle turque ou les autres espèces de pigeons.
- Si vous organisez des parties de chasse avec des clients, ajustez vos offres pour la saison 2026. La restriction court jusqu’à la fin de l’année, pas seulement sur un intervalle de la saison.
Questions fréquentes
La chasse à la tourterelle des bois est-elle interdite en 2026 ?
La mesure s’applique-t-elle aussi en 2027 ?
Pourquoi cette mesure a-t-elle été prise ?
Qui contrôle le respect de l’interdiction ?
Que risque un gestionnaire qui délivre malgré tout des autorisations ?
D’autres espèces sont-elles concernées ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 673 du 14 août 2026 16 pages PDF, 108 KB l'acte commence à la page 15
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
