L’essentiel
- Les cotisations de sécurité sociale que l’Institut théologique baptiste de Bucarest a retenues à ses salariés et versées, entre 2011 et 2016, à la caisse de retraite de son propre culte sont considérées comme payées conformément à la loi.
- L’ANAF, l’Agence nationale d’administration fiscale, doit émettre la décision d’annulation pour les mêmes sommes dues au budget de la sécurité sociale de l’État, y compris les intérêts, pénalités et accessoires.
- La décision doit être communiquée à l’institut au plus tard le 20 décembre 2026, soit dans les 160 jours suivant l’entrée en vigueur de la loi.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 570 du 10 juillet 2026
Entrée en vigueur : 13 juillet 2026
Le Parlement a inscrit dans la loi que la dette de cotisations sociales d’une seule institution, l’Institut théologique baptiste de Bucarest, s’éteint pour six ans, et que l’ANAF doit émettre la décision d’annulation avant la fin de 2026. La mesure constitue l’unique complément apporté par la loi n° 126/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 570 du 10 juillet 2026 et promulguée par le décret n° 383/2026, à l’ordonnance d’urgence que cette loi approuve. C’est le deuxième acte de l’été qui efface des obligations fiscales par une norme au destinataire restreint, après celui par lequel les sociétés privées de leur code de TVA ont échappé à d’anciennes dettes.
L’acte approuvé est l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 107 du 4 septembre 2024, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 905 du 6 septembre 2024, le paquet de mesures budgétaires et fiscales qui a apporté, à l’automne 2024, l’amnistie fiscale sur les intérêts et les pénalités. La loi l’approuve avec un seul complément, un article nouveau.
La situation de fait retenue par le texte est simple. L’Institut théologique baptiste de Bucarest a retenu à ses salariés les cotisations de sécurité sociale, mais les a versées sur le compte de la Caisse de retraite et d’entraide du culte chrétien baptiste de Roumanie, et non au budget de la sécurité sociale de l’État. Pour le fisc, l’obligation envers le budget est restée impayée, avec les accessoires qui s’accumulent sur une décennie. La loi règle cela en déclarant que les paiements effectués à la caisse du culte sont des paiements légaux et en obligeant l’ANAF à annuler la créance budgétaire correspondante.
Les effets concrets
Le premier effet est la reconnaissance du paiement. L’alinéa (1) du nouvel article dispose que les obligations fiscales représentant des cotisations de sécurité sociale payées au nom des salariés par l’institut, sur le compte de la caisse de retraite du culte, entre 2011 et 2016, sont considérées comme des obligations acquittées conformément à la loi. Ce n’est ni un échelonnement ni une réduction : c’est une fiction juridique par laquelle un paiement effectué à une personne autre que le créancier budgétaire produit, de façon rétroactive, l’effet d’un paiement au budget.
Le deuxième effet est une obligation à la charge de l’administration fiscale. L’alinéa (2) ne laisse à l’ANAF aucune marge d’appréciation : l’agence émet la décision d’annulation du paiement au budget de la sécurité sociale de l’État des obligations visées à l’alinéa (1), y compris les intérêts, les pénalités et les accessoires y afférents. Le verbe est à l’indicatif présent, la forme par laquelle la loi roumaine exprime une obligation, non une faculté.
Le troisième effet est un délai. La décision est communiquée à l’institut au plus tard le 20 décembre 2026. Comme la loi entre en vigueur le 13 juillet 2026, l’ANAF dispose de 160 jours. Le texte fixe le délai pour la communication, non pour l’émission, et ne prévoit rien pour le cas où le délai ne serait pas respecté.
Le quatrième effet n’est écrit nulle part, mais découle des trois premiers : l’argent reste là où il est arrivé. Les cotisations demeurent à la caisse de retraite du culte, tandis que le budget de la sécurité sociale de l’État renonce à sa créance. L’acte ne dit pas de quelles sommes il s’agit, ni pour le principal, ni pour les accessoires.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Jusqu’à cette loi, le paiement d’une cotisation sociale à une entité autre que le budget de la sécurité sociale de l’État n’éteignait pas l’obligation fiscale. L’institut figurait chez l’ANAF avec une dette pour la période 2011-2016, et sur cette dette avaient été calculés des intérêts et des pénalités conformément au Code de procédure fiscale. L’exécution forcée était, en principe, sur la table.
Après le 13 juillet 2026, la dette est considérée comme acquittée par l’effet de la loi, et l’ANAF a l’obligation de le constater par une décision propre. C’est un changement de régime juridique pour un seul contribuable, nommé dans le texte de la loi.
Le parcours de la loi elle-même a changé, lui aussi. La forme adoptée initialement par le Parlement contenait, outre ce complément, une exonération d’impôt sur le revenu pour les personnes qui réalisent des gains sur des transactions en cryptomonnaies. Le Président a demandé le réexamen de la loi le 1er octobre 2025, en critiquant précisément cette exonération, qu’il a décrite comme inopportune et comme un risque de précédent d’évitement fiscal. Le texte publié aujourd’hui ne contient plus l’exonération pour les cryptomonnaies, mais seulement le complément concernant l’institut.
Ce qui n’a pas changé, c’est le reste de l’ordonnance. L’article unique l’approuve sans aucune modification de ses dispositions, alors que l’ordonnance s’appliquait déjà depuis 672 jours à la date de publication de la loi d’approbation.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- La loi clôt une situation bloquée depuis plus de dix ans, dans laquelle les sommes avaient effectivement été retenues aux salariés et versées, mais à la caisse de retraite propre du culte.
- Elle ne laisse pas l’annulation à l’appréciation de l’administration : l’ANAF a l’obligation d’émettre la décision, et le contribuable ne dépend pas d’une interprétation favorable.
- Elle fixe un délai de communication, de sorte que l’institut sait jusqu’à quand il doit recevoir l’acte.
- Elle ne crée pas de dispositif général d’exonération, donc elle n’ouvre pas une nouvelle catégorie de contribuables exemptés.
Ce qui reste problématique
- La loi règle la situation d’un seul contribuable, nommément désigné, par une norme de rang législatif, ce qui soulève la question de savoir ce qu’il advient des autres entités se trouvant dans la même situation de fait.
- L’acte ne dit pas quelles sommes sont annulées, ni au titre du principal, ni au titre des accessoires, si bien que le coût de la mesure pour le budget de la sécurité sociale ne peut pas être déduit du texte.
- Il n’est pas précisé si la période 2011-2016 est validée comme période de cotisation dans le système public pour les salariés de l’institut.
- Le délai du 20 décembre 2026 n’a aucune conséquence attachée si l’ANAF le dépasse.
- La formulation « décision d’annulation du paiement au budget de la sécurité sociale de l’État » décrit maladroitement ce qui est annulé, à savoir l’obligation de payer, et non un paiement déjà effectué.
Conseils pratiques
- Si vous êtes ou avez été salarié de l’institut entre 2011 et 2016, demandez à la Caisse nationale des retraites publiques une attestation de la période de cotisation enregistrée pour ces années. La loi parle des obligations de l’institut, non de l’inscription de la période à votre compte.
- Si vous administrez une entité qui a versé des cotisations à une caisse propre d’un culte, ne présumez pas que la norme vous est applicable. Le texte nomme une seule institution, et l’extension par analogie ne fonctionne pas en matière fiscale.
- L’institut devrait suivre l’émission de la décision, et pas seulement sa communication. Le délai du 20 décembre 2026 vise la communication, et une décision émise tardivement mais communiquée dans le délai respecte la lettre de la loi.
- Vérifiez la fiche de contribuable auprès de l’ANAF après réception de la décision, afin de confirmer que les accessoires ont bien été éteints, et pas seulement le principal. Le texte les inclut expressément.
- Si les mesures générales de l’ordonnance approuvée vous intéressent, lisez celle-ci dans sa forme consolidée. La loi d’approbation n’en modifie aucune.
Questions fréquentes
Qu’annule au juste la loi ?
La loi s’applique-t-elle à d’autres cultes ou à d’autres employeurs ?
Les salariés perdent-ils quelque chose ?
Combien la mesure coûte-t-elle au budget ?
Que se passe-t-il si l’ANAF n’émet pas la décision avant le 20 décembre 2026 ?
La loi apporte-t-elle d’autres changements fiscaux ?
Qu’est devenue l’exonération d’impôt pour les cryptomonnaies ?
Erreurs et incohérences dans le texte publié
- Article unique, tiret relatif au complément : l’article XVI1, utilisé comme repère de placement, ne se retrouve pas dans l’ordonnance. La loi dispose qu’« après l’article XVI1 est introduit un nouvel article, l’art. XVI2 ». Dans la forme consolidée de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 107/2024 publiée sur le portail législatif du ministère de la Justice, actualisée avec les modifications intervenues jusqu’au 14 octobre 2024 par les ordonnances d’urgence du Gouvernement n° 112, 116 et 119 de 2024, le texte passe directement de l’article XVI à l’article XVII, et le sommaire ne contient aucun article XVI1. Le renvoi de placement reste ainsi sans cible, et la forme consolidée de l’ordonnance ne peut pas être établie comme la loi l’exige. La correction naturelle consiste soit à renuméroter le nouvel article en XVI1, soit à indiquer l’article XVI comme repère.
Analyse de la rédaction
La loi règle un problème réel. Les sommes n’ont pas été retenues par l’employeur à son profit : elles ont été prélevées sur les salaires et versées, seulement sur un compte erroné du point de vue du budget. Dans une telle situation, l’exécution forcée pour une dette accumulée sur une décennie aurait frappé un établissement d’enseignement pour une erreur d’acheminement de l’argent, non pour une soustraction. Le choix du Parlement de clore l’affaire a sa logique.
Ce qui manque, c’est exactement ce qui transforme une solution ponctuelle en règle. La loi ne dit pas quelles sommes elle annule, alors que le coût d’une annulation de créance budgétaire est, par définition, une dépense publique. Elle ne dit pas non plus si la situation de fait est unique ou s’il existe encore des entités qui ont versé les cotisations aux caisses de retraite propres des cultes durant la même période. S’il en existe, elles ne bénéficient pas de cette loi, car le texte ne nomme qu’un seul destinataire et, en matière fiscale, l’analogie ne fonctionne pas. S’il n’en existe plus, le texte aurait pu le dire.
La deuxième observation concerne les salariés, les seuls qui n’apparaissent pas dans le texte. La cotisation de sécurité sociale n’est pas seulement une créance du budget, elle est aussi le fondement de la période de cotisation de la personne pour laquelle elle a été payée. La loi déclare les obligations de l’institut acquittées conformément à la loi et, dans le même temps, oblige l’ANAF à annuler la créance envers le budget de la sécurité sociale. De la combinaison des deux, il ressort qu’aucun argent n’entre dans le système public pour la période 2011-2016, alors que la première disposition laisserait entendre que l’obligation a été honorée. Qui décide, au moment de la retraite, si ces années comptent, et sur quel fondement, ne peut pas être déduit de l’acte.
La troisième observation tient au calendrier. L’ordonnance approuvée s’appliquait depuis 672 jours à la date à laquelle la loi d’approbation est parue au Journal officiel de la Roumanie, et elle avait entre-temps déjà été modifiée par trois ordonnances d’urgence successives, en septembre et octobre 2024. L’approbation intervient donc bien après la fin du débat réel sur le contenu de l’ordonnance, et la seule nouveauté que la loi apporte est sans rapport avec l’objet de celle-ci.
Ce qui devrait changer
- Le repère de placement doit être corrigé. Le nouvel article devrait être numéroté XVI1 ou placé expressément après l’article XVI, afin que l’ordonnance puisse être republiée en forme consolidée sans trou de numérotation.
- Le texte devrait dire si la période 2011-2016 est validée comme période de cotisation. Une seule phrase clorait la question pour tous les salariés de l’institut et éviterait à la caisse de retraite une interprétation qu’elle n’a aucun moyen de mener de façon uniforme.
- Le montant annulé devrait être indiqué, au moins comme ordre de grandeur. Une annulation de créance budgétaire sans chiffre ne peut être ni vérifiée, ni comparée à d’autres mesures du même type.
- Le délai de l’alinéa (2) devrait porter sur l’émission de la décision, et pas seulement sur sa communication, et devrait avoir une conséquence. Tel qu’il est rédigé, son dépassement ne produit rien, de sorte que le délai reste indicatif.
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 570 du 10 juillet 2026 8 pages PDF, 81 KB l'acte commence à la page 2
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
