L’essentiel

  • Le régime de 299 millions d’euros destiné aux camions, locomotives, navires et barges à zéro émission change de taux de conversion : ce n’est plus le taux InforEuro de juillet 2025, mais celui de juin 2026.
  • Le montant en euros reste le même, mais l’équivalent en lei du budget et du plafond de 18 millions d’euros par entreprise est recalculé au nouveau taux.
  • L’arrêté ne change rien d’autre : la répartition entre sous-mesures, le plafond annuel et la règle d’une seule demande par appel restent intacts.
Acte : Arrêté MTI n° 794/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 702 du 25 août 2026
Entrée en vigueur : 25 août 2026

Une entreprise de transport qui prépare son dossier pour le financement de camions électriques n’a qu’un seul calcul à refaire : le budget du régime et le plafond de l’aide se convertissent désormais en lei au taux InforEuro du mois de juin 2026, et non à celui de juillet 2025. L’arrêté du ministre des Transports et des Infrastructures n° 794/2026, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 702 du 25 août 2026, ne modifie que deux alinéas du régime d’aide d’État approuvé l’an dernier. C’est le deuxième régime de ce type dans le portefeuille du ministère, aux côtés de celui consacré aux véhicules électriques des PME et des transporteurs de passagers.

Le régime visé est celui approuvé par l’arrêté MTI n° 756/2025, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 723 du 4 août 2025. Il finance l’acquisition de véhicules à zéro émission pour le transport routier et ferroviaire de marchandises, ainsi que pour le transport maritime et par voies navigables intérieures de passagers et de marchandises. L’argent provient du Fonds pour la modernisation, l’instrument européen alimenté par la vente des quotas d’émission.

La comparaison avec le texte initial montre à quel point l’intervention est réduite : sur l’ensemble de l’article 13, qui compte sept alinéas, deux sont réécrits, et dans les deux cas la seule différence de fond est le mois de référence du taux de change.

Le guide complet du demandeur pour ce régime a été publié séparément, par l’arrêté MTI n° 824/2026.

Les effets concrets

Le premier effet est le recalcul du budget en lei. L’alinéa (1) conserve le montant de 299 000 000 euros et sa nature, des sommes non remboursables issues du Fonds pour la modernisation, mais déplace le repère de conversion vers le taux InforEuro du mois de juin 2026.

Le deuxième effet est le recalcul du plafond par entreprise. L’alinéa (6) maintient la valeur maximale de l’aide à 18 millions d’euros par entreprise et précise séparément que l’équivalent en lei se calcule lui aussi au taux InforEuro du mois de juin 2026.

Le troisième effet relève en réalité de la rédaction. Dans la version de 2025, la mention du taux figurait entre parenthèses à la fin de l’alinéa (6). Elle devient une phrase à part entière, ce qui laisse moins de place à l’interprétation.

Le quatrième effet touche à la procédure. Le budget reste alloué par le fournisseur de l’aide dans le cadre de plusieurs procédures d’appel d’offres concurrentiel successives, jusqu’à épuisement. L’arrêté ne modifie pas ce mécanisme.

Le cinquième effet est immédiat. L’arrêté ne prévoit aucun délai différé, le nouveau taux s’applique donc dès la publication, soit à compter du 25 août 2026.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Dans la version initiale du régime, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 723 du 4 août 2025, l’alinéa (1) de l’article 13 fixait la conversion au taux InforEuro du mois de juillet 2025, et l’alinéa (6) reprenait le même repère entre parenthèses, « équivalent en lei au taux InforEuro du mois de juillet 2025 ». C’est la seule modification de fond apportée aujourd’hui.

Ce qui ne change pas, c’est le montant. Le budget du régime reste de 299 000 000 euros et le plafond par entreprise reste de 18 millions d’euros.

La ventilation par sous-mesures ne change pas non plus. La version initiale allouait 130 000 000 euros à la sous-mesure 1, 90 000 000 euros à la sous-mesure 2 et 79 000 000 euros à la sous-mesure 3, et l’arrêté ne touche pas à l’alinéa (4).

Le plafond annuel reste lui aussi inchangé. L’alinéa (5) prévoit que le budget annuel moyen du régime ne dépasse pas 149 500 000 euros, avec un budget fixé séparément pour chaque procédure concurrentielle.

La règle de dépôt reste elle aussi inchangée. L’alinéa (7) autorise une seule demande de financement par appel annuel pour une catégorie de véhicules, et le total demandé par la même entreprise dans des demandes successives ne peut dépasser 18 000 000 euros.

L’estimation du nombre de bénéficiaires ne change pas davantage. L’article 14 du régime évoque toujours environ 900 bénéficiaires.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Le repère de conversion devient récent, plus proche du moment où les demandes sont effectivement déposées.
  • La mention du taux sort des parenthèses et devient une phrase distincte dans l’alinéa (6), elle est donc plus difficile à manquer à la lecture.
  • Le montant en euros et le plafond par entreprise restent intacts, les dossiers déjà préparés n’ont donc pas à être refaits sur le fond.
  • La modification est minimale et ne touche ni aux sous-mesures, ni au calendrier, ni aux conditions d’éligibilité.
  • L’actualisation du taux montre que le régime reste actif et que de nouvelles procédures d’appel d’offres suivront.

Ce qui reste problématique

  • L’équivalent en lei change, donc tout budget de projet calculé sur le taux de juillet 2025 doit être refait.
  • L’arrêté n’indique pas quel est le taux InforEuro du mois de juin 2026, le demandeur doit donc le chercher lui-même.
  • Il n’existe pas de période transitoire pour les dossiers en cours de préparation, l’arrêté s’applique dès sa publication.
  • Le régime reste lié à un taux fixe et non au taux du jour du paiement, les écarts de change restent donc à la charge du bénéficiaire.
  • L’arrêté n’annonce pas le calendrier de la prochaine procédure d’appel d’offres concurrentiel.

Conseils pratiques

  1. Refaites le calcul du budget de projet en lei en utilisant le taux InforEuro du mois de juin 2026. Le taux InforEuro est publié chaque mois par la Commission européenne et s’applique pendant tout le mois suivant.
  2. Vérifiez si le plafond de 18 millions d’euros par entreprise vous concerne, sachant qu’il se cumule sur toutes les demandes déposées par la même société, et non appel par appel.
  3. Si vous avez déjà un dossier en cours, ne mettez à jour que les tableaux financiers. Les conditions d’éligibilité et les documents exigés ne changent pas avec cet arrêté.
  4. Suivez les annonces du ministère des Transports sur la prochaine procédure d’appel d’offres concurrentiel. Le budget est alloué par étapes successives, jusqu’à épuisement.
  5. Si vous visez le transport fluvial et maritime ou le transport ferroviaire, vérifiez dans laquelle des trois sous-mesures entre votre investissement, car le budget est ventilé par sous-mesure.
  6. Conservez la preuve du taux utilisé au moment du dépôt. Un dossier calculé sur l’ancien taux risque d’être jugé non conforme lors de la vérification financière.

Questions fréquentes

Le budget du régime a-t-il augmenté ou diminué ?
Ni l’un ni l’autre. Le montant en euros reste de 299 000 000. Seul change le taux auquel il est converti en lei, du taux InforEuro de juillet 2025 à celui de juin 2026.
Quelle aide une entreprise peut-elle recevoir ?
Au maximum 18 millions d’euros par entreprise, l’équivalent en lei étant calculé au taux InforEuro du mois de juin 2026. Le plafond s’applique de manière cumulée, sur toutes les demandes déposées par la même entreprise.
Quels véhicules peut-on acheter au titre de ce régime ?
Des véhicules à zéro émission pour le transport routier et ferroviaire de marchandises, ainsi que pour le transport maritime et par voies navigables intérieures de passagers et de marchandises.
D’où vient l’argent ?
Du Fonds pour la modernisation, l’instrument européen créé par l’article 10 quinquies de la directive 2003/87/CE. Il s’agit de sommes non remboursables.
Dois-je refaire un dossier déjà déposé ?
Les conditions de fond ne changent pas. Si le dossier contient des montants en lei calculés sur le taux de juillet 2025, la partie financière doit être recalculée au nouveau taux.
À partir de quand le nouveau taux s’applique-t-il ?
À compter du 25 août 2026, date de publication de l’arrêté au Journal officiel de la Roumanie. Il n’y a pas de délai différé.
Combien de bénéficiaires sont estimés ?
Le régime estimait, dans sa version de 2025, environ 900 bénéficiaires, et cet arrêté ne modifie pas cette estimation.

Analyse de la rédaction

Le problème que règle l’arrêté est réel, même s’il a les apparences d’une correction technique. Un régime dont le budget s’exprime en euros mais dont les paiements se font en lei a besoin d’une ancre de conversion, et l’ancre retenue en 2025 était le taux InforEuro du mois de juillet de cette année-là. Entre-temps, l’équivalent en lei des 299 000 000 euros avait cessé de correspondre à la somme en euros que le régime promet, et il en allait de même pour le plafond de 18 millions d’euros par entreprise. Le déplacement du repère à juin 2026 ramène les deux valeurs près de la réalité, sans toucher à aucune des conditions d’éligibilité. L’arrêté opère aussi une seconde correction, plus discrète : dans la version de 2025, la mention du taux se tenait entre parenthèses à la fin de l’alinéa (6), et elle devient aujourd’hui une phrase autonome, ce qui la sort de la catégorie des détails de lecture.

La solution reproduit pourtant exactement le défaut qu’elle répare. Le nouveau repère est lui aussi un taux fixe d’un mois donné, et à la date de la signature de l’arrêté, le 21 août 2026, il avait déjà deux mois d’âge, près de trois à la publication. Le moindre mouvement du change dans les mois à venir replacera le régime dans la situation dont il vient de sortir, et le remède sera de nouveau un arrêté qui réécrit les deux mêmes alinéas pour changer le nom d’un mois. Pour un acte qui s’applique par des procédures d’appel d’offres concurrentiel successives, comme le prévoit l’alinéa (1) modifié ici même, l’ancrage à une date unique est le mécanisme le plus fragile qui soit.

Ce qui manque véritablement, c’est la règle de transition. L’article II ne contient que la clause de publication, de sorte que le nouveau taux s’applique à compter du 25 août 2026 à un régime dont le budget s’alloue « jusqu’à épuisement », par étapes. Si, à la date de la publication, une procédure était ouverte ou des demandes déposées et non encore contractées, le texte ne dit pas si elles sont recalculées. Plus important, le plafond de 18 millions d’euros se vérifie de façon cumulée sur toutes les demandes d’une même entreprise, et une société qui a reçu une aide dans un appel converti au taux de juillet 2025 et qui dépose dans un appel converti au taux de juin 2026 se retrouve avec deux sommes en lei calculées sur des repères différents, que quelqu’un devra reconvertir en euros pour voir si le plafond est atteint. L’arrêté ne dit pas comment.

Ce qui devrait changer

  • Une clause de transition à la place de la simple publication. L’article II devrait prévoir expressément quel taux s’applique aux demandes déposées avant le 25 août 2026 et aux procédures déjà lancées. En pratique, une entreprise dont le dossier est en évaluation saurait si elle doit refaire ses tableaux financiers ou si elle reste au taux du dépôt.
  • La règle de vérification du plafond cumulé. Le régime devrait dire que les 18 millions d’euros par entreprise se vérifient en reconvertissant en euros chaque somme contractée, au taux applicable à l’appel dans lequel elle a été accordée. En pratique, un bénéficiaire issu de deux appels différents saurait exactement quel plafond il lui reste.
  • Un taux mobile, rattaché à l’appel et non à un mois fixe. Les alinéas (1) et (6) pourraient renvoyer au taux InforEuro du mois de lancement de chaque procédure d’appel d’offres concurrentiel, communiqué dans l’avis d’appel. En pratique, il n’y aurait plus besoin d’un arrêté modificatif à chaque mouvement du change, et chaque appel aurait son propre repère, connu dès le premier jour.
  • La publication des sommes issues de la conversion. La documentation de chaque appel devrait comporter le budget en lei, le plafond en lei par entreprise et la ventilation par sous-mesures, calculés au taux applicable. En pratique, le demandeur n’aurait plus à reconstituer lui-même l’arithmétique de l’État à partir d’un tableau mensuel publié ailleurs.
  • Une version consolidée du régime, publiée par le ministère. L’annexe à l’arrêté n° 756/2025 est modifiée aujourd’hui « avec ses modifications et compléments ultérieurs », de sorte que qui veut le texte en vigueur doit le reconstituer à partir de plusieurs numéros du Journal officiel de la Roumanie. En pratique, le risque qu’un dossier soit établi sur une version périmée du régime diminuerait.
  • Le compte rendu de l’exécution rapporté à l’estimation initiale. Le régime part d’environ 900 bénéficiaires estimés, et le ministère pourrait publier, après chaque procédure, le nombre de contrats et les sommes engagées. En pratique, on verrait au fil de l’eau si le budget se consomme au rythme annoncé ou si le plafond de 18 millions concentre le régime sur quelques gros dossiers.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 702 du 25 août 2026 16 pages PDF, 159 KB l'acte commence à la page 14

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.