L’essentiel
- La réception échelonnée des chantiers publics dispose désormais d’un formulaire officiel : le ministère du Développement a approuvé le modèle de procès-verbal prévu par la loi n° 141/2026.
- Le formulaire oblige la commission à écrire noir sur blanc quel pourcentage du contrat reste non réceptionné au titre des travaux auxiliaires, avec le plafond de 5% inscrit dans son corps même, et en combien de jours ces travaux s’achèvent, sans dépasser 120.
- Le point 12 impose à la commission de choisir entre une réception qui permet la mise en service et une réception valable uniquement pour le règlement, auquel cas le bâtiment ne peut pas être utilisé jusqu’au procès-verbal complémentaire.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 683 du 18 août 2026
Entrée en vigueur : 18 août 2026
La loi qui permet de payer les chantiers publics presque achevés dispose, depuis le 18 août, du formulaire avec lequel la réception se fait effectivement. Le ministère du Développement, des Travaux publics et de l’Administration a approuvé par l’arrêté n° 930/2026 le modèle de procès-verbal de réception à l’achèvement des travaux exigé par la loi n° 141/2026 relative à l’accélération des investissements publics dans la construction. L’arrêté compte trois articles et une annexe, et l’annexe est le formulaire proprement dit, avec trois listes qui lui sont jointes.
La différence avec un formulaire ordinaire est qu’il ne constate pas seulement que l’ouvrage est terminé. Il partage le chantier en deux : les travaux essentiels, qui sont réceptionnés et réglés dès maintenant, et les travaux auxiliaires, pour lesquels la réception est suspendue. Chaque décision que la loi demandait à la commission devient dans le formulaire une rubrique que quelqu’un signe.
L’arrêté précise à l’article 2 que le modèle est utilisé par les autorités contractantes, les investisseurs, les commissions de réception et les autres participants, pour tous les investissements publics qui entrent dans le champ d’application de la loi. Autrement dit, là où le mécanisme de réception échelonnée est employé, c’est ce document qui est établi.
Les effets concrets
Le premier effet est que la répartition des travaux entre essentiels et auxiliaires ne reste plus une discussion interne. Le formulaire exige, dès le point 1, le numéro et la date de la note technique de classement, le nom du concepteur général, ceux des concepteurs spécialisés, du vérificateur de projets agréé, de l’entreprise exécutante et du surveillant de chantier qui y ont participé, ainsi que la conclusion du classement. La note technique était prévue par la loi ; le formulaire en fait une rubrique sans laquelle le procès-verbal ne peut pas être rempli.
Le deuxième effet est le plafond de 5%, qui devient un calcul écrit. Au point 8, sous le tableau des travaux auxiliaires suspendus, une note demande le pourcentage que ces travaux représentent dans la valeur du contrat et renvoie à l’article 4 paragraphe (3) lettre d) et à l’article 8 paragraphe (2) lettre d) de la loi. Cette note n’est pas neutre : elle se termine par la formule « se situant dans le plafond maximal de 5% », de sorte que l’affirmation de conformité est imprimée d’avance. Le formulaire ne comporte aucune rubrique pour le dépassement du plafond, si bien qu’un pourcentage supérieur à 5 produit un document qui se contredit lui-même sur la même page.
Le troisième effet tient au délai. Le même point 8 contient un tableau où chaque phase de travaux suspendue reçoit le motif de la suspension et un délai exprimé en jours à compter de la date d’établissement du procès-verbal, dans la limite des 120 jours prévue par l’article 8 paragraphe (3). Les délais ne sont plus globaux, mais fixés travaux par travaux.
Le quatrième effet est le plus important pour qui veut savoir si un bâtiment peut être utilisé ou non. Le point 12 impose à la commission de cocher l’une des trois variantes : l’admission de la réception avec suspension des travaux auxiliaires et mise en service, l’admission de la réception avec suspension exclusivement aux fins de la certification et du règlement des travaux, cas dans lequel le formulaire indique explicitement que la construction ne peut pas être mise en service ni utilisée jusqu’à l’achèvement des travaux suspendus et à l’émission du procès-verbal complémentaire, ou le rejet de la réception. La deuxième variante renvoie à l’article 9 paragraphe (2) de la loi et c’est elle qui sépare le paiement de l’usage.
Le cinquième effet est la signature de responsabilité. Le point 16 contient une déclaration par laquelle les membres de la commission, le concepteur, l’entreprise exécutante et le surveillant de chantier déclarent avoir vérifié la correspondance entre le classement des travaux et la réalité du terrain et être informés que la signature de documentations qui ne reflètent pas l’exécution engage la responsabilité disciplinaire, contraventionnelle, civile ou pénale. C’est le texte de l’article 6 de la loi, déplacé au-dessus de l’endroit où l’on signe.
Le formulaire règle aussi le problème qui est à l’origine de la loi, le branchement électrique. Le point 6.8 demande de cocher si le branchement définitif est achevé ou non, avec l’état des procédures, et de décrire la solution technique provisoire adoptée pour un fonctionnement en sécurité, avec renvoi à l’article 3 lettre e) de la loi.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Jusqu’à présent, le mécanisme de réception échelonnée existait dans la loi, mais n’avait pas de document propre. La loi n° 141/2026 relative à l’application de certaines mesures pour accélérer la mise en œuvre des investissements publics dans le domaine de la construction est en vigueur depuis le 16 juillet 2026 et fonctionne par dérogation au régime général de la réception des constructions, formule qu’emploie son texte même. Une dérogation sans formulaire signifie que chaque commission de réception aurait adapté seule le modèle habituel, avec le risque que deux mairies comprennent différemment ce qu’est un travail auxiliaire.
L’accélération de l’exécution ne règle pas la question des coûts : trois investissements publics réapprouvés en septembre 2026 atteignent 653 millions de lei, soit 271 millions au-dessus des devis initiaux.
La façon dont apparaît le rôle de l’Inspection d’État dans les constructions (ISC) a changé elle aussi. Le formulaire porte, au point 4, une note indiquant que la participation de l’ISC n’est pas obligatoire à la réception des travaux essentiels, avec renvoi à l’article 7 paragraphe (6) lettre a) de la loi, et au point 14 il répète que la participation de l’inspection et la délivrance de l’attestation relative aux quotes-parts légalement dues interviennent à l’achèvement de tous les travaux et à la levée de la suspension. La loi le prévoyait déjà, mais cela figure désormais dans le document que la commission lit le jour de la réception.
Ce qui n’a pas changé mérite d’être dit tout aussi clairement. L’arrêté approuve un formulaire, non les instructions techniques d’application. L’article 18 de la loi n° 141/2026 permet aux ministères de tutelle qui mettent en œuvre des programmes de financement sur le budget de l’État ou sur d’autres sources, autres que le PNRR, le plan national de redressement et de résilience, d’élaborer et d’approuver des instructions techniques dans un délai maximal de 90 jours à compter de l’entrée en vigueur de la loi, soit d’ici le 14 octobre 2026. À défaut, la loi ne s’applique pas aux investissements financés par des fonds européens, par le budget de l’État, par les budgets locaux ou par d’autres sources légalement constituées, c’est-à-dire à tous ceux de l’article 2, hormis ceux du PNRR. Ces instructions doivent fixer au moins la procédure de classement des travaux, le contenu minimal de la note technique, la composition et les attributions des commissions, la procédure de suspension et de reprise de la réception ainsi que les modalités de suivi technique, financier et fiscal. L’arrêté n° 930/2026 n’invoque pas l’article 18 dans son préambule, qui s’appuie sur la loi dans son ensemble et sur la décision d’organisation du ministère, et ne contient aucun de ces cinq éléments. C’est un formulaire, pas une procédure.
Enfin, le calendrier pratique a changé. La loi est entrée en vigueur le 16 juillet, l’arrêté a été signé le 17 août, pour le ministre, par un secrétaire d’État, et publié le 18 août, il a donc fallu environ un mois pour que le mécanisme reçoive le document avec lequel il s’applique. Pour les investissements du PNRR, où la loi s’applique sans attendre d’instructions, c’était la pièce qui manquait.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Un formulaire unique pour tout le pays, donc la même compréhension des travaux essentiels et auxiliaires dans une mairie de commune et dans un ministère.
- Le plafond de 5% et le délai maximal de 120 jours deviennent des rubriques à remplir, et non des règles dont quelqu’un doit se souvenir.
- La distinction entre la réception qui permet l’utilisation du bâtiment et celle qui ne vaut que pour le règlement est écrite dans le formulaire, elle ne peut donc plus être confondue.
- La déclaration de prise de responsabilité indique explicitement qu’un classement erroné des travaux engage la responsabilité, y compris pénale, ce qui décourage le basculement de travaux importants vers la catégorie auxiliaire.
- La situation du branchement électrique, motif le plus fréquent des blocages, a sa propre rubrique, y compris pour la solution provisoire de fonctionnement en sécurité.
Ce qui reste problématique
- Le formulaire ne règle pas la condition de l’article 18 : pour les investissements financés par des fonds européens, par le budget de l’État, par les budgets locaux ou par d’autres sources, la loi reste inapplicable tant que le ministère de tutelle n’a pas approuvé les instructions techniques. Les seuls investissements dispensés de cette condition sont ceux du PNRR.
- L’arrêté ne prévoit aucune période de transition pour les réceptions en cours, alors que la loi évoquait un régime transitoire d’adaptation échelonnée des documentations.
- Le formulaire demande la valeur des travaux essentiels réceptionnés et le pourcentage des travaux auxiliaires, mais ne dit pas comment ce pourcentage se calcule dans les contrats dont les prix sont actualisés en cours d’exécution.
- La période de garantie ne dispose que d’une seule rubrique libre, alors que la loi lie le début de la garantie aux travaux admis à la réception, et les travaux auxiliaires ne sont admis qu’ultérieurement, par le procès-verbal complémentaire.
- La note indiquant que la participation de l’ISC n’est pas obligatoire figure au point 4, parmi les personnes présentes, où elle risque d’être lue comme une simple observation et non comme une règle.
- Les signatures des personnes que la déclaration du point 16 engage sont dispersées à trois endroits du formulaire : le concepteur signe en haut, au point 4, parmi ceux qui étaient également présents, le surveillant de chantier signe en qualité de secrétaire, et le bloc final ne réunit que la commission, le bénéficiaire et l’entreprise exécutante. Celui qui lit la fin du document n’y voit pas la signature du concepteur, alors qu’il figure parmi ceux qui déclarent.
Conseils pratiques
- Si vous êtes autorité contractante et que l’investissement ne relève pas du PNRR, vérifiez d’abord si le ministère qui finance le programme a publié les instructions techniques exigées par l’article 18. Sans elles, la réception échelonnée ne peut pas être utilisée, aussi bien que vous remplissiez le formulaire.
- Établissez la note technique de classement avant de convoquer la commission, et non le jour de la réception. Le formulaire en demande le numéro et la date au premier point, et ses signataires sont les mêmes personnes qui signent le procès-verbal.
- Calculez le pourcentage des travaux auxiliaires dans la valeur du contrat avant la séance et conservez le calcul au dossier. La note du point 8 vous demande d’inscrire un pourcentage qui se situe dans le plafond de 5%.
- Au point 12, choisissez la variante correcte avec soin. Une case mal cochée peut signifier qu’un bâtiment est utilisé sans droit ou, à l’inverse, qu’il reste fermé alors qu’il pouvait être mis en service.
- Si le branchement électrique définitif n’est pas prêt, décrivez au point 6.8 exactement la solution provisoire et qui en répond. Une rubrique laissée vide à cet endroit soulève des questions au premier contrôle.
- Les constructeurs et les surveillants de chantier doivent lire le point 16 avant de signer : la déclaration porte sur le classement des travaux, et la responsabilité qui y est mentionnée comprend aussi le volet pénal.
- Suivez les délais du tableau du point 8. Le dépassement des 120 jours, sans convocation de la commission avec la participation de l’ISC, entraîne les sanctions prévues par la loi de base.
Questions fréquentes
À partir de quand le nouveau formulaire s’utilise-t-il ?
Le formulaire s’applique-t-il à toute réception de construction ?
Que signifie une réception admise exclusivement aux fins de la certification et du règlement des travaux ?
Quelle peut être la valeur des travaux laissés non réceptionnés ?
L’Inspection d’État dans les constructions vient-elle encore à la réception ?
Que se passe-t-il si les travaux auxiliaires ne s’achèvent pas en 120 jours ?
L’arrêté remplace-t-il les instructions techniques exigées par la loi ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 683 du 18 août 2026 16 pages PDF, 136 KB l'acte commence à la page 12
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
