L’essentiel
- Les terres agricoles des classes de qualité IV et V qui ne peuvent plus être cultivées, ainsi que les terrains dégradés ou improductifs administrés par l’Autorité nationale pour l’administration des domaines de l’État, de la pêche et de l’aquaculture, peuvent être déclarés zones d’accélération des ENR et concédés pour des parcs solaires, éoliens et des capacités de stockage.
- La concession est attribuée par enchère publique à la criée, pour 25 ans au maximum, avec prolongation jusqu’à 49 ans au total. La garantie de participation s’élève à 10 % de la redevance minimale et le pas d’enchère à 5 %.
- L’autorisation passe par un guichet unique électronique, avec un délai maximal de 6 mois à compter du dépôt de la demande complète et une approbation tacite si les autorités ne répondent pas, sauf pour les projets soumis à l’évaluation des incidences sur l’environnement.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 592 du 20 juillet 2026
Entrée en vigueur : 23 juillet 2026
L’État ouvre à l’énergie verte précisément les terres agricoles sur lesquelles il n’a plus rien à cultiver. La loi n° 159/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 592 du 20 juillet 2026, modifie la loi n° 268/2001 et crée une nouvelle catégorie de terrain public, les zones propices à l’accélération des projets d’énergie renouvelable, qui sont données en concession par enchère à la criée. La mesure intervient la même année que la prolongation jusqu’en 2028 des délais applicables aux investissements dans les renouvelables financés par le Fonds pour la modernisation.
Les terrains visés relèvent du domaine public et privé de l’État et sont administrés par l’Autorité nationale pour l’administration des domaines de l’État, de la pêche et de l’aquaculture. La loi a été promulguée par le décret n° 434/2026 et s’applique à partir du 23 juillet 2026.
L’acte répond à trois questions, dans cet ordre : quel terrain est concerné, comment il est attribué et combien de temps dure l’autorisation. Pour chacune, les critères sont inscrits dans la loi, et non renvoyés aux normes d’application.
Les effets concrets
Le premier effet est l’apparition des zones d’accélération des ENR. Le nouvel alinéa (21) de l’article 2 de la loi n° 268/2001 désigne comme telles les terrains du domaine public et privé de l’État, administrés par l’Autorité et non desservis par l’infrastructure d’amélioration foncière, qui relèvent de l’une des trois situations suivantes : les terres agricoles des classes de qualité IV et V qui ne peuvent pas être utilisées pour l’agriculture, établies par des études pédologiques et agrochimiques ; les terrains dégradés ou improductifs qui ne peuvent pas être utilisés pour l’agriculture ; les terrains situés en dehors des sites Natura 2000, des autres zones protégées pour la conservation de la nature et de la biodiversité et en dehors des principales routes de migration des espèces.
Le deuxième effet est la répartition par technologie. À l’intérieur de la zone, le terrain est identifié pour chaque technologie selon des critères propres : pour le solaire, un terrain compact et plat, une exposition optimale au soleil établie à partir des informations de l’Administration nationale de météorologie, un minimum d’obstacles susceptibles d’ombrager les panneaux et un accès à l’infrastructure de raccordement ; pour l’éolien, une ressource de vent adéquate, également sur la base des données météorologiques, et le respect des distances minimales entre les éoliennes et par rapport à la zone habitée ou aux infrastructures ; pour le stockage, un terrain plat et la proximité du réseau et des centrales de production.
Le troisième effet concerne la procédure de désignation. Par dérogation à l’article 153 alinéa (1) de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022, les zones sont désignées par acte du ministre de l’agriculture et du développement rural, pour être intégrées ensuite au plan général de désignation des zones d’accélération. Le plan qui comprend des terrains dégradés ou improductifs administrés par l’Autorité passe, avant son adoption, par l’évaluation environnementale des plans et programmes prévue par la décision du Gouvernement n° 1.076/2004 et, le cas échéant, par l’évaluation appropriée prévue à l’article 28 de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 57/2007.
Le quatrième effet est la liste des exclusions, reprise des critères de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022 : les sites Natura 2000 et les autres zones protégées pour la conservation de la nature et de la biodiversité, les principales routes de migration des espèces, les monuments historiques et les zones bâties protégées, à l’exception des surfaces artificialisées ou construites qui s’y trouvent, ainsi que d’autres zones identifiées comme sensibles à partir des cartes officielles.
Le cinquième effet est le mode d’attribution. La lettre i), nouvellement introduite à l’article 4 alinéa (1), permet de concéder les terrains désignés comme zones d’accélération des ENR par enchère publique à la criée, selon la procédure de la nouvelle annexe n° 5, par exception aux articles 19 à 21 de la même loi et par dérogation aux articles 302 à 320 de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 57/2019. Les titulaires des contrats déclarent et paient les redevances chaque trimestre, au plus tard le 25 du mois qui suit la fin du trimestre.
Le sixième effet est la tenue des registres. L’article II oblige l’Autorité à créer et à gérer le Registre national unique des terrains appartenant à l’État et placés sous son administration.
Le septième effet est le calendrier d’autorisation. Pour les projets situés dans les zones d’accélération s’applique la procédure des articles 16 à 162 de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022, et les autorités qui délivrent avis, accords, autorisations, certificats et licences sont tenues de respecter les délais qui y figurent. L’autorisation passe par un mécanisme numérisé de type One-Stop Shop, construit sur le point de contact unique électronique pour la licence industrielle et coordonné par l’Office pour la licence industrielle, avec un délai maximal de 6 mois à compter du dépôt de la demande complète. L’absence de réponse dans le délai vaut approbation tacite, sauf lorsque le projet fait l’objet d’une évaluation des incidences sur l’environnement, où une décision explicite est nécessaire.
Le huitième effet concerne l’environnement. L’autorité compétente applique une procédure d’examen simplifiée et peut délivrer les avis sans évaluation des incidences sur l’environnement et sans évaluation appropriée, si le projet respecte intégralement les critères de la zone et les mesures d’atténuation et si l’examen conclut à un risque négligeable d’effets négatifs significatifs imprévus. Pour les projets photovoltaïques, la loi reconnaît expressément les solutions agrivoltaïques, qui permettent de cultiver des plantes sous les panneaux, et écovoltaïques, qui maintiennent des habitats pour la flore et la faune locales.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Le premier changement porte sur la destination. La loi n° 268/2001 réglementait la privatisation des sociétés qui administraient des terres agricoles de l’État et créait l’autorité chargée du recensement de ces terrains. Désormais, ces mêmes terrains reçoivent un second régime, la concession pour la production d’électricité, applicable uniquement là où le sol ne permet plus l’agriculture.
Le deuxième changement est la procédure d’attribution. Les concessions de biens du domaine public se déroulent, en règle générale, selon les articles 302 à 320 du Code administratif, avec des offres déposées sous pli fermé. Ici s’applique l’enchère publique à la criée, avec un pas d’enchère de 5 % de la redevance minimale et une adjudication sur place, au niveau le plus élevé proposé.
Le troisième changement concerne l’auteur de la désignation. La règle générale de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022 lie la désignation au plan national. La nouvelle loi permet au ministre de l’agriculture de désigner les terrains par acte propre, l’inscription au plan intervenant ensuite.
Le quatrième changement est le délai d’autorisation. Jusqu’à présent, un développeur réunissait les avis séparément, auprès de chaque institution, chacune avec son propre délai. La loi fixe un délai unique, 6 mois à compter de la demande complète déposée par voie électronique, prolongeable une seule fois de 6 mois au maximum et uniquement dans des circonstances exceptionnelles, motivées par écrit avant l’expiration du délai initial.
Le cinquième changement est le registre. Le recensement des terrains de l’État administrés par l’Autorité ne disposait jusqu’ici d’aucun registre national unique prévu par la loi.
Ce qui ne change pas, c’est le filtre juridique du terrain. Restent en dehors de la procédure les terrains soumis à rétrocession ou revendiqués, ceux pour lesquels des titres de propriété ont été délivrés et ceux qui font l’objet d’un litige pendant devant les tribunaux.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Les terrains qui ne produisent plus rien sur le plan agricole trouvent une utilisation économique, sans retirer du circuit des terres arables de bonne qualité.
- Les critères d’exclusion sont inscrits dans la loi et non dans les normes d’application : sites Natura 2000, routes de migration, monuments historiques, zones sensibles.
- Le guichet unique électronique et le délai de 6 mois remplacent la circulation du dossier d’une institution à l’autre.
- L’enchère à la criée se déroule au vu de tous, et le pas de 5 % de la redevance minimale est fixe, il ne peut donc pas être négocié en coulisses.
- Les solutions agrivoltaïques et écovoltaïques sont expressément reconnues, le terrain peut donc rester partiellement productif sous les panneaux.
- Le Registre national unique rassemble en un seul endroit vérifiable le recensement des terrains de l’État.
Ce qui reste problématique
- L’approbation tacite transfère le risque sur l’environnement et sur le voisinage : si une autorité ne répond pas dans le délai, l’avis est réputé délivré.
- La délivrance des avis sans évaluation des incidences sur l’environnement dépend d’un risque qualifié de négligeable, que la loi ne définit par aucun critère mesurable.
- Le niveau minimal de la redevance n’est pas fixé par la loi, mais par un comité interne de l’Autorité, pour chaque enchère prise séparément.
- La durée cumulée pouvant atteindre 49 ans immobilise le terrain pendant près de deux générations.
- La condition des deux soumissionnaires peut être contournée : si la première enchère ne réunit pas deux dossiers éligibles, un seul soumissionnaire suffit à la seconde.
- Le classement d’un terrain en classe IV ou V dépend d’études pédologiques et agrochimiques, et la loi ne dit pas qui les commande, qui les paie et qui les vérifie.
Conseils pratiques
- Si vous développez des projets solaires, éoliens ou de stockage, suivez les actes du ministre de l’agriculture qui désignent les zones d’accélération des ENR. Ils paraissent avant l’inscription au plan national de désignation.
- Cherchez sur le site de l’Autorité les conditions de participation, les documents requis, le cahier des charges et le niveau minimal de la redevance. Ils sont approuvés par le Comité privatisation, concession et affermage dans les 15 jours qui suivent l’entrée en vigueur de la procédure.
- L’avis d’enchère est publié au Journal officiel de la Roumanie, Partie VI, dans un quotidien de diffusion nationale et dans un quotidien local. À compter de la publication, vous disposez de 20 jours pour déposer votre dossier de participation.
- Prévoyez l’argent en deux tranches : la garantie de participation, 10 % de la redevance minimale, et 25 % de la redevance adjugée pour une année, payables à l’adjudication. Les 75 % restants sont réglés avant la fin de l’année contractuelle.
- Calculez séparément la garantie de bonne exécution : 50 % de la contre-valeur en lei de la redevance annuelle en euros, déposée dans les 60 jours qui suivent la signature et actualisée chaque année, avant le 31 janvier, si le taux de change leu/euro a augmenté.
- Ne retardez pas les travaux. Le contrat est résilié de plein droit, sans mise en demeure et sans intervention du juge, si vous ne commencez pas les travaux dans le délai prévu par le dossier et, en tout état de cause, au plus tard 6 mois après la conclusion du contrat.
- Déposez votre offre accompagnée du calendrier de satisfaction des exigences d’autorisation dans les 6 mois qui suivent la signature et du calendrier de mise en service. L’avancement se rapporte chaque trimestre, pièces à l’appui.
- Si vous êtes propriétaire voisin ou organisation de défense de l’environnement, vérifiez si le plan de désignation a fait l’objet de l’évaluation environnementale des plans et programmes et, le cas échéant, de l’évaluation appropriée.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une zone d’accélération des ENR ?
Quels terrains peuvent entrer dans cette catégorie ?
Comment le terrain est-il attribué ?
Combien de temps peut durer la concession ?
Que se passe-t-il si un seul soumissionnaire se présente ?
Combien de temps dure l’autorisation d’un projet ?
Peut-on construire sans évaluation des incidences sur l’environnement ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 592 du 20 juillet 2026 32 pages PDF, 179 KB l'acte commence à la page 21
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
