L’essentiel

  • À partir de 2030, au moins 42 % de l’hydrogène utilisé dans l’industrie doit être de l’hydrogène renouvelable, et au moins 60 % à partir de 2035. Dans les transports, la part monte par paliers : 0,2 % en 2027, 0,5 % en 2028, 0,8 % en 2029 et au moins 1 % à partir de 2030.
  • La loi retire de son titre et de son objet l’hydrogène bas carbone : il ne reste que celui issu de sources renouvelables.
  • Le même jour, l’ANRE approuve le Code de l’hydrogène, premier cadre général de réglementation pour toute la chaîne, de la production à l’utilisation.
Acte : Loi n° 181/2026 et arrêté ANRE n° 56/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 723 et n° 722 du 28 août 2026
Entrée en vigueur : 31 août 2026, respectivement 28 août 2026

La Roumanie se fixe, pour la première fois, des chiffres obligatoires pour l’hydrogène renouvelable, et elle les fixe par une loi, non par une stratégie. La loi n° 181/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 723 du 28 août 2026 et promulguée par le décret n° 734/2026, réécrit la loi n° 237/2023 et l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022. Le même jour, au Journal officiel de la Roumanie n° 722, l’Autorité nationale de régulation dans le domaine de l’énergie approuve par l’arrêté n° 56/2026 le Code de l’hydrogène. Les deux actes se complètent : la loi dit quelle quantité d’hydrogène renouvelable doit être utilisée, le code dit qui a le droit de le produire, de le transporter et de le vendre, dans un domaine où les règles de voisinage des stations à hydrogène étaient parues deux jours plus tôt.

Le changement de fond commence par le titre. La loi n° 237/2023 s’intitulait « privind integrarea hidrogenului din surse regenerabile și cu emisii reduse de carbon », c’est-à-dire relative à l’intégration de l’hydrogène issu de sources renouvelables et de l’hydrogène bas carbone. Le nouveau titre ne conserve que l’hydrogène issu de sources renouvelables. L’hydrogène bas carbone, c’est-à-dire celui produit à partir de gaz naturel avec captage du dioxyde de carbone, sort de l’objet de la loi.

Pour les opérateurs, tout l’acte se résume à trois choses : ce que l’on appelle hydrogène renouvelable, quelle quantité ils doivent en utiliser et comment ils prouvent qu’ils l’ont utilisée.

L’arrêté suivant de la même autorité porte sur le gaz des conduites : l’arrêté ANRE n° 57/2026 introduit la première limite d’hydrogène dans le gaz naturel et un plafond pour le pouvoir calorifique.

Les effets concrets

Le premier effet, ce sont les quotas dans l’industrie. Sur l’hydrogène utilisé à des fins énergétiques et non énergétiques finales, à l’exception de celui utilisé comme produit intermédiaire pour les carburants conventionnels et les biocarburants destinés au transport, au minimum 42 % doit être constitué de carburants renouvelables d’origine non biologique à partir de l’année 2030 et au minimum 60 % à partir de 2035. Les contributions sont réduites de 20 % dans les conditions de l’art. 22^8 de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022.

Le deuxième effet, ce sont les quotas dans les transports. Chaque fournisseur de carburants assure, à partir de 2030, une part minimale d’au moins 1 % de carburants renouvelables d’origine non biologique dans la consommation finale d’énergie du transport routier. On y monte par paliers : au moins 0,2 % en 2027, 0,5 % en 2028 et 0,8 % en 2029. Les paliers intermédiaires peuvent toutefois être couverts autrement : le texte exige une part de carburants renouvelables d’origine non biologique « et/ou » d’électricité de sources renouvelables fournie au transport. Seul le quota de 1 % à partir de 2030 est strictement réservé à l’hydrogène renouvelable.

Le troisième effet est la définition du cercle des assujettis. Trois catégories nouvelles apparaissent dans la loi : le fournisseur d’hydrogène, c’est-à-dire le producteur, l’importateur ou l’opérateur intégré qui met le premier l’hydrogène sur le marché roumain ou le transfère vers une unité qui lui appartient pour consommation ; l’opérateur économique intégré, qui exerce au moins deux des activités de production, d’importation, de fourniture et de consommation ; et le consommateur industriel d’hydrogène, défini par les codes CAEN, sections B, C ou F ou division 63.

Le quatrième effet tient aux preuves. Le respect des quotas se prouve par des preuves de durabilité valables, fondées sur un système de bilan massique, vérifiées par un audit indépendant et enregistrées ou revendiquées dans la base de données de l’Union européenne pour la Roumanie, tant que celle-ci est opérationnelle. La garantie d’origine ne peut servir qu’à prouver l’origine de l’énergie, non les quotas.

Le cinquième effet est la délimitation du secteur. Les transports signifient, au sens de la loi, le transport routier de personnes et de marchandises, y compris l’électromobilité routière. Le transport aérien et le transport maritime sont expressément exclus, car couverts par les règlements européens ReFuelEU Aviation et FuelEU Maritime.

Le sixième effet vient du Code de l’hydrogène. Il couvre toute la chaîne de valeur : la production, le stockage et l’exploitation des terminaux, le transport et la distribution par réseaux, la fourniture, la commercialisation et l’utilisation, y compris les interfaces avec les réseaux de gaz naturel. Le code précise expressément qu’il n’étend pas les compétences de l’ANRE et ne touche pas aux compétences des ministères, de l’ISCIR, de l’IGSU, de l’INSEMEX Petroșani ni des autorités de la construction, de l’environnement, de la santé et de la sécurité au travail, de la métrologie légale et du transport de marchandises dangereuses.

Le septième effet est transitoire. Les certificats de fourniture délivrés avant l’entrée en vigueur restent utilisables jusqu’à leur expiration, mais seulement s’ils sont appuyés par les documents de conformité exigés par la nouvelle rédaction de la loi et s’ils n’ont pas été revendiqués auparavant. Les transferts de garanties d’origine effectués avant restent valables.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Le premier changement est le rétrécissement de l’objet. De 2023 jusqu’à présent, la loi couvrait aussi l’hydrogène bas carbone. Le nouveau titre et les nouvelles définitions l’en excluent. Pour un producteur qui misait sur l’hydrogène issu de gaz naturel avec captage, les obligations de quota ne peuvent plus être remplies avec son propre produit.

Le deuxième changement, ce sont les chiffres. La loi de 2023 ne contenait pas de pourcentages par année pour l’industrie et pour les transports ; ceux-ci venaient du droit européen et d’actes d’application. Ils sont désormais écrits dans la loi, avec des années et des seuils, et la réduction de 20 % est liée à une condition expresse de l’ordonnance-cadre.

Le troisième changement est le système de preuve. Le respect des quotas ne peut plus se prouver par des garanties d’origine. Il faut des preuves de durabilité avec bilan massique, audit indépendant et enregistrement dans la base de données de l’Union. Les anciens certificats ne survivent que s’ils ont la documentation de conformité derrière eux.

Le quatrième changement est l’apparition du Code de l’hydrogène. Jusqu’à présent, l’hydrogène était réglementé par morceaux : la loi de l’énergie, l’ordonnance sur les sources renouvelables, la Stratégie nationale de l’hydrogène approuvée par la décision du Gouvernement n° 855/2025. Le code rassemble les principes dans un acte unique de l’ANRE et les pose sur huit principes, parmi lesquels la neutralité technologique, la proportionnalité des exigences, l’interopérabilité et le traitement distinct des installations nouvelles par rapport aux installations existantes soumises à conversion.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Les investisseurs disposent, pour la première fois, de chiffres avec des années inscrits dans une loi, et non seulement de cibles dans des stratégies : 42 % en 2030 et 60 % en 2035 pour l’industrie, 1 % en 2030 pour les transports.
  • Les paliers de 0,2 %, 0,5 % et 0,8 % donnent aux fournisseurs un calendrier de montée en charge, et non un saut, et peuvent être couverts aussi par de l’électricité de sources renouvelables, pas seulement par de l’hydrogène.
  • La preuve par bilan massique, audit indépendant et base de données européenne ferme la porte aux garanties d’origine utilisées comme substitut.
  • Le Code de l’hydrogène couvre toute la chaîne de valeur et dit explicitement ce qu’il ne fait pas, ce qui réduit le risque de chevauchement avec l’ISCIR, l’IGSU ou les autorités environnementales.
  • Les certificats délivrés sous l’ancien régime ne sont pas annulés, ils restent valables jusqu’à expiration s’ils sont accompagnés des documents de conformité.

Ce qui reste problématique

  • L’exclusion de l’hydrogène bas carbone de l’objet de la loi laisse sans cadre une catégorie de projets qui avait été encouragée depuis 2023.
  • Le premier palier de quota dans les transports s’applique à partir de 2027, les fournisseurs ont donc une seizaine de mois pour mettre au point leur bilan massique et leur audit, sur un marché qui se forme à peine.
  • La preuve des quotas dépend d’une base de données de l’Union européenne, et la loi conditionne elle-même l’obligation au fait que cette base soit opérationnelle et accessible.
  • Le Code de l’hydrogène fixe des principes et des exigences générales, mais laisse les règles techniques concrètes à des réglementations futures.
  • Les deux actes paraissent le même jour, dans des éditions différentes, et aucun ne cite l’autre, alors qu’ils s’appliquent au même opérateur.

Conseils pratiques

  1. Consommateurs industriels d’hydrogène : vérifiez si votre activité relève des sections B, C ou F ou de la division 63 du CAEN Rév. 3. De ce classement dépend le fait que les quotas de 42 % et de 60 % vous concernent ou non.
  2. Fournisseurs de carburants : préparez vos contrats pour 2027. Le quota de 0,2 % s’applique dès cette année-là, et la preuve exige un bilan massique et un audit indépendant, qui s’organisent bien à l’avance.
  3. Ne comptez pas sur les garanties d’origine pour prouver les quotas. La loi dit expressément qu’elles ne peuvent servir qu’à prouver l’origine de l’énergie.
  4. Si vous détenez des certificats de fourniture délivrés avant le 31 août 2026, vérifiez que vous avez les documents de conformité exigés par la nouvelle rédaction de l’art. 6 de la loi n° 237/2023. Sans eux, les certificats ne sont plus utilisables.
  5. Si vous produisez de l’hydrogène à partir de gaz naturel avec captage du dioxyde de carbone, suivez le cadre que recevra cette catégorie. Elle sort de l’objet de la loi n° 237/2023.
  6. Pour autoriser une nouvelle capacité de production, la compétence n’appartient pas à l’ANRE. Le Code de l’hydrogène rappelle expressément que la délivrance des autorisations revient au ministère compétent.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’hydrogène renouvelable, au sens de la loi ?
L’hydrogène qui est un carburant renouvelable d’origine non biologique, c’est-à-dire dont le contenu énergétique provient de sources renouvelables autres que la biomasse et qui remplit les conditions de production et le seuil de réduction des émissions prévus par l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 163/2022 et par les règlements délégués (UE) 2023/1.184 et 2023/1.185.
À partir de quand les quotas s’appliquent-ils ?
Dans l’industrie, au minimum 42 % à partir de 2030 et au minimum 60 % à partir de 2035. Dans les transports, au moins 0,2 % en 2027, 0,5 % en 2028 et 0,8 % en 2029, seuils qui peuvent être couverts par des carburants renouvelables d’origine non biologique et/ou par de l’électricité de sources renouvelables, puis, à partir de 2030, au moins 1 % strictement dans la première catégorie.
L’hydrogène bas carbone compte-t-il encore ?
Pas dans cette loi. Le titre et les définitions ont été restreints à l’hydrogène issu de sources renouvelables, la catégorie produite à partir de gaz naturel avec captage du dioxyde de carbone n’en fait donc plus l’objet.
Comment prouve-t-on le respect du quota ?
Par des preuves de durabilité valables, fondées sur un système de bilan massique, vérifiées par un audit indépendant et enregistrées ou revendiquées dans la base de données de l’Union européenne pour la Roumanie, la période et le secteur pertinents.
Qu’est-ce que le Code de l’hydrogène ?
Le cadre général de réglementation approuvé par l’ANRE par l’arrêté n° 56/2026, qui couvre la chaîne de valeur de l’hydrogène : la production, le stockage, les terminaux, le transport, la distribution, la fourniture, la commercialisation et l’utilisation, y compris les interfaces avec les réseaux de gaz naturel.
Cela s’applique-t-il aussi à l’aviation ou au transport maritime ?
Non. La loi définit le secteur des transports comme le transport routier de personnes et de marchandises, y compris l’électromobilité routière, et exclut expressément le transport aérien et le transport maritime, couverts par les règlements européens ReFuelEU Aviation et FuelEU Maritime.

Analyse de la rédaction

Les deux actes résolvent ensemble un problème qu’aucun n’aurait résolu seul. Depuis 2023, la Roumanie avait une loi sur l’hydrogène sans chiffres et une stratégie avec des chiffres sans force juridique. Elle a désormais des quotas dans une loi et un code de réglementation à l’ANRE. Pour un investisseur, la différence entre une cible dans une stratégie et un pourcentage dans une loi, c’est la différence entre une intention et un risque calculable.

Ce qu’on ne voit pas en lisant les actes d’un bout à l’autre apparaît quand on met les quotas à côté du calendrier. La première obligation effective dans les transports, 0,2 %, vise l’année 2027, elle se prouve donc pour une année qui commence quatre mois après la publication. Le fournisseur peut la couvrir aussi avec de l’électricité de sources renouvelables, ce qui lui laisse une porte de sortie, mais le système de preuve est le même : bilan massique, audit indépendant et enregistrement dans la base de données de l’Union. L’infrastructure de conformité se met en place en mois, pas en semaines, et le quota de 2030, celui de 1 %, n’admet plus la substitution par l’électricité.

La deuxième observation porte sur ce qui a été retiré. L’élimination de l’hydrogène bas carbone de l’objet de la loi n’est pas un simple nettoyage de titre. Elle ferme, pour tous les projets fondés sur le gaz naturel avec captage, la voie qui consistait à vendre leur production comme contribution aux quotas d’autrui. La loi ne dit pas ce qu’il advient des projets lancés depuis 2023 sous l’ancienne définition, et l’art. III, celui qui est transitoire, ne traite que des certificats et des garanties d’origine, pas de cette catégorie.

La troisième sort de la combinaison des deux actes. La loi impose les quotas aux consommateurs industriels et aux fournisseurs de carburants. Le code de l’ANRE, qui réglemente la chaîne, dit à l’art. 4 qu’il n’étend pas les compétences de l’autorité, et à l’art. 7 que la création de nouvelles capacités de production relève du régime d’autorisation du ministère compétent, distinct de l’autorisation et de la licence qui relèvent de l’ANRE. Il en résulte que l’obligation d’acheter de l’hydrogène renouvelable pèse sur les opérateurs, tandis que l’ouverture du robinet qui le produit dépend d’un ministère qui n’a, dans aucun des deux actes, le moindre délai. Les quotas ont des dates, les capacités n’en ont pas.

Il vaut la peine de noter aussi que les deux actes ont paru le même jour, dans des éditions différentes, sans se citer mutuellement. Un opérateur qui cherche les règles applicables à l’hydrogène le 28 août 2026 doit savoir d’avance qu’il lui faut ouvrir deux numéros du Journal officiel de la Roumanie.

Ce qui devrait changer

  • Un régime transitoire pour les projets d’hydrogène bas carbone. Ils ont été encouragés par la même loi de 2023 et sortent aujourd’hui de son objet sans aucune disposition qui dise ce qu’il advient des investissements déjà réalisés.
  • Un délai pour l’autorisation des capacités de production. Les quotas ont des années ; la production interne qui peut les couvrir dépend d’autorisations sans délai, délivrées par le ministère compétent.
  • Une solution écrite pour le cas où la base de données de l’Union ne serait pas opérationnelle. La loi conditionne la preuve à l’accessibilité de cette base, mais ne dit pas comment le quota se prouve pendant la période où elle ne fonctionne pas.
  • Des renvois réciproques entre la loi et le Code de l’hydrogène. Ils ont été publiés le même jour et s’adressent aux mêmes opérateurs ; un seul renvoi dans chacun épargnerait au destinataire une recherche.
  • La publication, par l’ANRE, de la capacité de production autorisée et en fonctionnement. Sans ce chiffre, personne ne peut savoir si la cible de 0,2 % pour 2027 est atteignable à partir de sources internes ou si elle sera couverte entièrement par des importations.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 723 et n° 722 du 28 août 2026 16 pages PDF, 119 KB l'acte commence à la page 5

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Les autres éditions citées : nr. 722/2026

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.