L’essentiel

  • La Cour constitutionnelle a rejeté l’exception d’inconstitutionnalité visant l’article 40 de l’ordonnance d’urgence du gouvernement n° 57/2015, qui avait modifié les règles de calcul de la pension militaire d’État : la base de calcul, le montant de la pension de service et le plafond de la pension militaire par rapport à cette base.
  • La décision ne change rien aux pensions actuellement versées aux militaires et aux policiers retraités relevant du système des pensions militaires d’État : les règles introduites en 2015 restent applicables exactement comme avant.
  • La Cour a invoqué sa jurisprudence constante issue des décisions n° 237/2019, n° 43/2019 et n° 848/2019, rendues sur les mêmes arguments constitutionnels.
Acte : Décision de la Cour constitutionnelle n° 6/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 649 du 6 août 2026
Prononcée le : 15 janvier 2026

La Cour constitutionnelle a rejeté, comme non fondée, l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par un ancien policier de Vaslui contre les règles de calcul de la pension militaire d’État introduites par l’ordonnance d’urgence du gouvernement n° 57/2015. La décision n° 6/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 649 du 6 août 2026, confirme la constitutionnalité de l’article 40 de l’ordonnance dans son ensemble, ainsi que de ses points 4, 5 et 6, qui avaient modifié les articles 28, 29 et 30 de la loi n° 223/2015 relative aux pensions militaires d’État. En pratique, rien ne change pour les retraités relevant du système des pensions militaires d’État (militaires, policiers, fonctionnaires à statut spécial) : les règles de calcul de la pension restent exactement celles appliquées jusqu’à présent.

L’auteur de l’exception, dont le litige portait sur une contestation de sa décision de retraite, a soutenu qu’en modifiant une loi organique (la loi n° 223/2015) par une ordonnance d’urgence, le Gouvernement s’était substitué au Parlement, en violation du principe de séparation des pouvoirs et de la compétence exclusive de la loi organique en matière de protection sociale. La Cour a rejeté les deux catégories de critiques, celles visant le contenu des articles 28 à 30 de la loi n° 223/2015 et celles visant la procédure d’adoption de l’ordonnance d’urgence, en réitérant sa jurisprudence constante de 2019.

Les effets concrets

Pour les militaires, les policiers et les autres retraités relevant du système des pensions militaires d’État, la décision ne produit aucun effet pratique nouveau : les règles de calcul de la base, du montant et du plafond de la pension militaire restent applicables exactement comme avant le prononcé de cette décision. La Cour constitutionnelle n’annule, ne modifie ni ne suspend aucune disposition légale ; elle se borne à confirmer, avec effet général obligatoire, que les textes contestés sont constitutionnels.

Pour ceux qui envisageaient de contester en justice le mode de calcul de la pension militaire d’État au motif que le Gouvernement ne pouvait pas modifier une loi organique par ordonnance d’urgence, la décision ferme cette voie de recours : la Cour a montré qu’une ordonnance d’urgence peut, dans les limites de la délégation législative constitutionnelle, modifier ou abroger des dispositions de lois organiques, l’interdiction ne visant que les ordonnances simples, adoptées en vertu d’une loi spéciale d’habilitation, et non les ordonnances d’urgence.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

  • Rien ne change dans les pensions versées : les règles de calcul de la pension militaire d’État introduites par l’article 40 de l’OUG n° 57/2015 restent applicables sans changement.
  • La jurisprudence se consolide : la Cour a confirmé, sur le fondement des mêmes considérants que dans les décisions n° 237/2019, n° 43/2019 et n° 848/2019, qu’aucun élément nouveau ne justifie un changement de solution.
  • Les limites de la délégation législative sont précisées : la décision rappelle que l’interdiction constitutionnelle d’étendre la délégation législative au domaine des lois organiques ne vise que les ordonnances simples, et non les ordonnances d’urgence, qui relèvent d’un régime distinct prévu à l’article 115, alinéas 4 à 6, de la Constitution.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Cela apporte de la prévisibilité aux retraités militaires et policiers : les règles de calcul de la pension restent stables, sans risque de changement brutal par une déclaration d’inconstitutionnalité.
  • Cela consolide la jurisprudence constitutionnelle relative aux limites de la délégation législative du Gouvernement, utile pour les juridictions saisies de litiges similaires en cours.
  • Cela confirme un cadre légal appliqué de manière constante depuis 2015, réduisant l’incertitude juridique pour les Caisses de pension sectorielles lors de l’établissement des pensions militaires d’État.

Ce qui reste problématique

  • Les retraités mécontents de la formule de calcul de la pension militaire d’État restent, pour l’instant, sans voie de recours constitutionnelle sur les arguments déjà examinés par la Cour.
  • La décision ne traite pas d’éventuelles critiques nouvelles, non soulevées dans ce dossier, que d’autres retraités pourraient invoquer ultérieurement dans d’autres affaires.
  • Seule la voie législative (une nouvelle loi votée par le Parlement), et non la voie constitutionnelle, reste ouverte à ceux qui souhaiteraient un changement de la formule de calcul.

Conseils pratiques

  1. Si vous êtes militaire, policier ou autre retraité relevant du système des pensions militaires d’État et que votre pension a été calculée conformément aux articles 28 à 30 de la loi n° 223/2015, tels que modifiés par l’article 40 de l’OUG n° 57/2015, une contestation fondée sur l’argument selon lequel le Gouvernement ne pouvait pas modifier ces règles par ordonnance d’urgence a peu de chances d’aboutir, la Cour ayant confirmé de façon constante la même solution depuis 2019.
  2. Si vous avez un dossier en cours soulevant des critiques similaires à l’égard de l’article 40 de l’OUG n° 57/2015, vérifiez si votre juridiction a suspendu l’instance dans l’attente de cette décision ; la publication au Journal officiel de la Roumanie permet la reprise de l’instance.
  3. Pour le calcul concret de votre pension, demandez à votre Caisse de pension sectorielle le document indiquant la base de calcul, le montant de la pension de service et le plafond appliqué, afin de vérifier la bonne application de la règle dans votre cas particulier.
  4. Ne confondez pas cette décision avec une modification législative : les règles restent exactement celles de 2015 ; seule une nouvelle loi du Parlement pourrait modifier la formule de calcul.

Questions fréquentes

Qu’a décidé la Cour constitutionnelle par la décision n° 6/2026 ?
Elle a rejeté, comme non fondée, l’exception d’inconstitutionnalité de l’article 40 dans son ensemble, ainsi que des points 4, 5 et 6 de l’article 40 de l’ordonnance d’urgence du gouvernement n° 57/2015, et a constaté que ces dispositions, qui modifient les règles de calcul de la pension militaire d’État, sont constitutionnelles.
Le montant des pensions militaires d’État change-t-il après cette décision ?
Non. La décision confirme les règles existantes depuis 2015, elle ne les modifie pas. La base de calcul, le montant de la pension de service et le plafond de la pension militaire d’État continuent d’être établis exactement comme avant le prononcé de la décision.
Pourquoi l’article 40 de l’OUG n° 57/2015 a-t-il été contesté ?
L’auteur de l’exception a soutenu que le Gouvernement ne pouvait pas modifier une loi organique (la loi n° 223/2015 sur les pensions militaires d’État) par ordonnance d’urgence, en invoquant le principe de séparation des pouvoirs et la compétence exclusive de la loi organique en matière de protection sociale.
Le Gouvernement peut-il modifier une loi organique par ordonnance d’urgence ?
Oui, selon l’interprétation constante de la Cour constitutionnelle. L’interdiction d’étendre la délégation législative au domaine des lois organiques ne vise que les ordonnances simples, adoptées en vertu d’une loi spéciale d’habilitation (article 115, alinéas 1 à 3, de la Constitution), et non les ordonnances d’urgence, qui relèvent d’un régime distinct prévu à l’article 115, alinéas 4 à 6.
La décision est-elle définitive ?
Oui. Conformément à l’article 147, alinéa 4, de la Constitution, les décisions de la Cour constitutionnelle sont définitives et d’application générale obligatoire à compter de leur publication au Journal officiel de la Roumanie.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 649 du 6 août 2026 16 pages PDF, 131 KB l'acte commence à la page 2

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.