L’essentiel

  • Menacer, frapper, blesser ou tuer le personnel médical, paramédical et non médical des établissements de santé publics et privés est désormais puni plus sévèrement, avec une échelle graduée de peines, de la menace jusqu’à l’homicide.
  • La protection pénale s’étend, pour la première fois explicitement, aux membres de la famille de ces personnes, lorsque les faits sont liés à l’exercice de leurs fonctions.
  • Les établissements de santé relevant du ministère de la Santé, d’autres ministères disposant de leur propre réseau sanitaire et des autorités locales peuvent pourvoir les postes vacants dans la limite du budget approuvé, étant exemptés du gel général des embauches dans le secteur public.
Acte : Loi n° 166/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 647 du 5 août 2026
En vigueur depuis : 8 août 2026

Menacer, frapper, blesser ou tuer un médecin, un infirmier, un aide-soignant ou tout autre employé d’un établissement de santé public ou privé est désormais puni de peines de prison plus lourdes, et pour la première fois la loi protège explicitement aussi les membres de leur famille. La loi n° 166/2026, promulguée le 4 août 2026 et publiée le lendemain au Journal officiel de la Roumanie, réécrit intégralement l’article 65² de la loi n° 95/2006 sur la réforme de la santé et instaure une gradation claire des actes de violence contre le personnel de santé, de la simple menace à l’homicide, avec une peine distincte pour chaque échelon. La même loi exempte les établissements de santé publics du gel des embauches actuellement en vigueur, leur permettant de pourvoir les postes vacants dans la limite du budget approuvé, une bonne nouvelle notamment pour les hôpitaux publics déjà sous la pression d’autres échéances administratives, comme le renforcement antisismique.

L’article 65² de la loi n° 95/2006 existait déjà avant cette modification, avec des peines pour la menace et les coups portés contre le personnel médical en exercice. La nouvelle rédaction ne se contente pas d’alourdir les peines existantes, elle instaure une échelle complète et graduée avec six seuils distincts : la menace (emprisonnement de 6 mois à 2 ans ou amende), les coups ou autres violences (1 à 5 ans), les blessures corporelles (2 à 7 ans), les coups ou blessures ayant entraîné la mort (5 à 15 ans), l’homicide (15 à 25 ans) et, pour la première fois, l’extension de ces peines aux faits commis contre les membres de la famille du personnel concerné. Le champ des personnes protégées reste large : personnel médical, paramédical et non médical, quel que soit le mode d’exercice de la profession, dans les établissements publics ou privés de soins.

Le second volet de la loi règle un problème administratif apparu en 2025. La loi n° 141/2025 relative à certaines mesures fiscales et budgétaires avait instauré une restriction générale sur le pourvoi des postes vacants dans le secteur public, comme mesure de discipline budgétaire. L’article II de la loi n° 166/2026 exempte explicitement de cette restriction les unités et institutions relevant du ministère de la Santé, les établissements de santé relevant d’autres ministères ou institutions disposant de leur propre réseau sanitaire, ainsi que les établissements de santé relevant des autorités locales, leur permettant de pourvoir les postes vacants, à condition de rester dans la limite du budget approuvé.

Les effets concrets

Pour le personnel de santé, la loi signifie une protection pénale explicitement plus forte et mieux structurée : les tribunaux disposent désormais d’une échelle de peines graduée, proportionnée à la gravité des faits, au lieu d’un seuil unique indifférencié. L’extension de la protection aux membres de la famille compte surtout dans les cas où des agresseurs, mécontents d’un acte médical, dirigent leurs menaces ou leur violence vers le conjoint, les enfants ou les parents d’un soignant, une forme d’intimidation de plus en plus signalée ces dernières années dans les hôpitaux roumains.

Pour les établissements de santé, l’exemption du gel des embauches prévu par la loi n° 141/2025 débloque, en théorie, le pourvoi des postes laissés vacants par des départs, des retraites ou des démissions, tant que l’argent existe déjà dans le budget approuvé de l’établissement. La loi n’impose pas d’embauches supplémentaires au-delà du budget, elle supprime seulement un obstacle administratif qui, sinon, aurait laissé bloqués des postes déjà financés.

Sept semaines plus tard, les mêmes établissements de santé ont reçu une nouvelle série d’obligations de qualité : l’Autorité nationale de gestion de la qualité en santé (ANMCS) a approuvé la troisième édition des standards d’accréditation, avec 433 exigences et un niveau calculé à partir des réponses, et non attribué par l’évaluateur.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

  • Des peines plus lourdes sur toute l’échelle : pour les coups et autres violences, la peine maximale antérieure était plus faible ; la nouvelle rédaction de l’art. 65² fixe 1 à 5 ans d’emprisonnement pour ce fait.
  • Une gradation complète et nouvelle : l’article couvre désormais distinctement les blessures corporelles (2-7 ans), les coups ou blessures ayant entraîné la mort (5-15 ans) et l’homicide (15-25 ans), des échelons qui n’étaient pas expressément réglementés dans la version antérieure de l’article.
  • Une protection nouvelle pour la famille : les faits commis contre les membres de la famille du personnel médical, paramédical ou non médical relèvent désormais des mêmes peines.
  • Une nouvelle exemption du gel des postes : les établissements de santé publics peuvent pourvoir des postes vacants dans la limite du budget approuvé, par dérogation à la loi n° 141/2025.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Une dissuasion plus forte contre les agressions dans les hôpitaux et les cabinets, grâce à une échelle de peines claire et proportionnée à la gravité des faits.
  • Une protection explicite pour les familles du personnel médical, une lacune souvent signalée par les syndicats de la santé.
  • Une possibilité réelle de pourvoir des postes vacants déjà financés dans les établissements de santé publics, sans attendre un assouplissement général de la politique d’embauche publique.

Ce qui reste problématique

  • L’alourdissement des peines ne résout pas à lui seul les causes des agressions dans le secteur de la santé (temps d’attente longs, manque de personnel, communication déficiente), constamment signalées par les organisations professionnelles.
  • L’exemption du gel des postes n’apporte pas d’argent supplémentaire ; les établissements dont le budget est insuffisant pour de nouveaux salaires ne peuvent toujours pas embaucher, malgré l’exemption.
  • Il revient à chaque tribunal de qualifier précisément le fait selon l’un des six échelons, ce qui peut, en pratique, générer des différences d’interprétation.

Conseils pratiques

  1. Si vous travaillez dans la santé et que vous êtes menacé ou agressé : signalez-le immédiatement à la direction de votre établissement et à la police ; la nouvelle loi s’applique que vous travailliez dans un établissement public ou privé.
  2. Conservez des preuves : messages, enregistrements, témoins ou rapport de garde comptent pour bien qualifier le fait selon l’un des six niveaux de gravité.
  3. Si vous dirigez un établissement de santé public avec des postes vacants : vérifiez que vous restez dans la limite du budget approuvé avant d’engager la procédure de recrutement, condition obligatoire pour bénéficier de l’exemption.
  4. Informez votre équipe que la protection légale couvre désormais explicitement aussi les membres de la famille, utile notamment en cas d’intimidation indirecte.
  5. Si vous êtes un membre de la famille d’un soignant menacé en raison de son activité professionnelle, vous pouvez saisir directement la police, ces faits étant désormais punis de la même manière que ceux dirigés contre le soignant lui-même.

Questions fréquentes

Que change exactement la loi n° 166/2026 ?
Elle réécrit l’article 65² de la loi sur la santé n° 95/2006, en alourdissant les peines pour menace, coups, blessures corporelles, coups ou blessures ayant entraîné la mort et homicide commis contre le personnel médical, paramédical et non médical, et étend la protection à leurs familles. Elle exempte aussi les établissements de santé publics de la restriction d’embauche prévue par la loi n° 141/2025.
Qui est protégé par les nouvelles peines ?
Le personnel médical, paramédical et non médical exerçant dans des établissements publics ou privés de soins, quel que soit le mode d’exercice de la profession, en service ou pour des faits liés à ses fonctions, ainsi que les membres de la famille de ces personnes.
Quelle peine risque-t-on pour avoir menacé un médecin ?
Un emprisonnement de 6 mois à 2 ans ou une amende, si la menace est faite directement ou par un moyen de communication, contre une personne en service ou pour des faits liés à ses fonctions.
Que signifie l’exemption de la loi n° 141/2025 pour les établissements de santé ?
Les établissements relevant du ministère de la Santé, d’autres ministères disposant de leur propre réseau sanitaire et les établissements relevant des autorités locales peuvent pourvoir les postes vacants, à condition de rester dans la limite du budget approuvé, sans être soumis à la restriction générale d’embauche du secteur public.
La loi s’applique-t-elle aussi aux cliniques privées ?
Oui, pour le volet protection pénale : les peines alourdies s’appliquent que le personnel concerné travaille dans un établissement public ou privé. L’exemption du gel des embauches ne concerne en revanche que les établissements publics.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 647 du 5 août 2026 16 pages PDF, 114 KB l'acte commence à la page 6

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.