L’essentiel

  • La Banque nationale de Roumanie paie 0,24 % par an pour les euros que les banques sont obligées de garder bloqués sur ses comptes. Ce sont les réserves minimales obligatoires, c’est-à-dire la part de l’argent collecté auprès des clients que chaque banque doit laisser à la banque centrale et qu’elle n’a pas le droit de prêter. Pour l’argent collecté en devises, le taux de réserve est de 5 %, et la réserve se constitue en euros, quelle que soit la monnaie de collecte. Sont directement visées toutes les banques de Roumanie, celles qui ont leur siège ici comme les succursales de banques d’autres États.
  • C’est la quatrième hausse consécutive. Le taux est passé de 0,17 % par an pour la période du 24 mai au 23 juin 2026 à 0,21 % pour celle du 24 juin au 23 juillet, puis à 0,22 % pour celle du 24 juillet au 23 août et maintenant à 0,24 %. En quatre mois se sont ajoutés 0,07 point de pourcentage, soit une progression de 41 % par rapport au point de départ. Le taux servi sur les réserves en lei est resté à 0,90 % par an, inchangé depuis le 24 juillet 2026.
  • La circulaire paraît le 17 septembre 2026 pour une période commencée le 24 août. Ce n’est pas un raté de calendrier. Le taux se calcule à partir de données que les banques déclarent seulement après le début de la période, il ne peut donc pas être annoncé à l’avance. Personne n’a à faire quoi que ce soit d’autre à cause de cette circulaire : seule change la somme que la banque centrale virera à la fin, le 25 septembre 2026.
Acte : Circulaire de la Banque nationale de Roumanie n° 25 du 15 septembre 2026 relative au taux d’intérêt servi sur les réserves minimales obligatoires constituées en euros à compter de la période d’application du 24 août au 23 septembre 2026
Publié : Journal officiel n° 790 du 17 septembre 2026
Entrée en vigueur : 17 septembre 2026, date de la publication, le taux s’appliquant toutefois à la période du 24 août au 23 septembre 2026

Pour les euros que les banques de Roumanie sont obligées de garder bloqués à la Banque nationale, le taux d’intérêt est monté à 0,24 % par an. C’est un acte d’une seule ligne, publié en dernière page du Journal officiel n° 790 du 17 septembre 2026, et il est difficile de trouver un rendement plus faible alentour : sur les obligations en euros que le ministère des Finances a vendues en août, le coupon était de 3,90 % par an, plus de seize fois plus. L’écart n’est pas une anomalie, c’est le mécanisme même : cet argent n’est pas à la banque centrale pour produire, il y est pour ne pas circuler.

Les réserves minimales obligatoires sont le plus ancien et le plus simple des outils d’une banque centrale. Chaque banque collecte des dépôts auprès de ses clients, et une part de ceux-ci, fixée en pourcentage, reste immobilisée sur un compte à la banque centrale. Le reste peut être prêté. En Roumanie, le taux est de 8 % pour l’argent collecté en lei et de 5 % pour celui collecté en devises, niveaux fixés par les circulaires de la Banque nationale de Roumanie n° 60 et n° 61 du 11 décembre 2024 et inchangés depuis la période d’application du 24 janvier au 23 février 2025. De la composante en lei du mécanisme, la banque centrale dit qu’elle remplit trois fonctions principales : elle contient les oscillations des taux sur le marché interbancaire, elle offre un instrument de contrôle monétaire et elle aide à la gestion de la liquidité. La composante en devises a eu, dans les années qui ont précédé la crise financière, une utilité de plus, celle de tempérer l’expansion du crédit en devises.

L’argent ainsi retenu n’est ni confisqué ni laissé à dormir gratuitement. L’art. 8 al. (3) de la loi n° 312/2004 relative au statut de la Banque nationale de Roumanie impose à la banque centrale de le rémunérer, et le niveau minimal de cette rémunération n’est pas choisi librement : la loi le rattache au taux moyen que les banques elles-mêmes servent à leurs clients sur les dépôts à vue, c’est-à-dire sur l’argent laissé en compte courant, dont on peut disposer à tout moment. Le règlement de la Banque nationale de Roumanie n° 5/2024 relatif au régime des réserves minimales obligatoires détaille à l’art. 9 le mode de calcul de cette moyenne : séparément pour les lei et pour les euros, comme moyenne pondérée, sur la base des soldes et des taux déclarés par les banques pour le jour ouvrable précédant le début de la période, avec trois décimales et arrondi à la deuxième.

De là vient aussi l’explication de l’écart entre le taux servi sur les euros et celui servi sur les lei. Ce n’est pas une décision de politique monétaire, mais le reflet de ce que les banques paient sur le marché roumain pour une monnaie donnée. Celui qui garde ses euros en compte courant ne reçoit presque rien, et la moyenne pondérée de ces taux dit exactement cela. Pour les lei, où la concurrence pour les dépôts est plus vive, la moyenne est près de quatre fois plus élevée, 0,90 % par an. À titre de comparaison, le taux directeur de la Banque nationale, celui qui est annoncé dans les communiqués et qui arrive dans les journaux, est de 6,50 % par an depuis le 8 août 2024, soit environ vingt-sept fois plus que le taux de la circulaire.

La « période d’application », l’expression qui donne son titre à la circulaire, est définie à l’art. 8 du même règlement : l’intervalle allant du 24 d’un mois au 23 du mois suivant. Ce n’est pas un mois calendaire, et cela compte, parce que l’intérêt se calcule en jours effectifs. La période du 24 août au 23 septembre 2026 compte 31 jours.

Les effets concrets

L’acte ne demande à personne de faire quoi que ce soit. Il n’impose pas de délai, ne prévoit pas de sanction et ne modifie aucune obligation déclarative. La seule chose qui change, c’est le montant d’un paiement que la banque centrale effectue au profit des banques.

Combien cela représente concrètement se calcule exactement, puisque la formule est écrite dans le règlement, à l’art. 9 al. (8) : la moyenne journalière de la réserve, multipliée par le nombre de jours de la période et par le taux, divisée par 36 000. Pour 1 million d’euros détenus en réserve, les 31 jours de la période rapportent 206,67 euros. Au taux précédent, de 0,22 %, ils rapportaient 189,44 euros. La différence est de 17,22 euros par million.

Pour une banque hypothétique, avec 100 millions d’euros de dépôts entrant dans l’assiette de calcul, la réserve obligatoire est de 5 millions, et l’intérêt de cette période s’élève à 1 033,33 euros, contre 947,22 euros à l’ancien taux. Un supplément de 86,11 euros par mois. Ce que cela représente à l’échelle de tout le système bancaire ne peut pas se déduire de l’acte : la circulaire ne contient aucun montant, et l’encours des réserves en euros n’y figure nulle part.

Trois détails du règlement changent l’image davantage que le chiffre lui-même. Le premier : seule la réserve obligatoire est rémunérée, pas ce que la banque garde au-delà. L’art. 9 al. (3) dit clairement que les avoirs dépassant le niveau obligatoire ne reçoivent rien, de sorte qu’aucune banque n’a de raison de laisser un surplus à la banque centrale. Le deuxième : la réserve afférente à l’argent collecté en devises se constitue en euros, même si la banque a collecté des dollars, des livres ou d’autres monnaies, et le coût du change ainsi que le risque de taux de change restent intégralement à la charge de la banque, selon l’art. 3 al. (1) lettre c) et al. (2) du règlement. La banque qui a collecté des dollars paie donc pour acheter des euros qu’elle garde ensuite bloqués à 0,24 % par an. Le troisième : le paiement se fait le deuxième jour ouvrable suivant la fin de la période d’application. Comme le 23 septembre 2026 tombe un mercredi, l’argent arrive aux banques le vendredi 25 septembre 2026.

Il y a encore une subtilité qui passe inaperçue. La convention de calcul est « nombre de jours calendaires de la période, divisé par 360 », alors que l’année compte 365 jours. Additionnées sur douze périodes consécutives, les 365 jours se divisent toujours par 360, de sorte qu’un taux annoncé à 0,24 % par an produit, sur une année entière, 0,2433 %. L’écart est négligeable en valeur absolue, mais il montre que le chiffre de la circulaire est un taux conventionnel, non un rendement effectif.

Pour celui qui a de l’argent à la banque, l’effet est indirect et, disons-le franchement, très faible. L’ordre des causes est même inverse de ce qu’il paraît : ce n’est pas le taux de la banque centrale qui tire vers le haut le taux des comptes courants, c’est la moyenne des taux des comptes courants qui fixe le plancher de celui de la banque centrale. La circulaire n’est pas un levier, c’est un thermomètre. Et son indication est montée quatre mois d’affilée, ce qui veut dire que les banques de Roumanie ont commencé à payer un peu plus pour les euros laissés à vue, signe d’une concurrence pour le financement en devises. Celui qui emprunte en euros n’est en rien touché par cet acte : le coût de la réserve reste pour la banque un coût, et il figurait déjà dans la marge pratiquée.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Jusqu’au 24 août 2026, le taux était de 0,22 % par an, fixé par la circulaire de la Banque nationale de Roumanie n° 23 du 11 août 2026, publiée au Journal officiel n° 679 du 17 août 2026. Le nouveau taux est supérieur de 0,02 point de pourcentage, ce qui représente un supplément de 9 % en termes relatifs.

Sur quatre périodes, le mouvement est constamment ascendant. Pour la période du 24 mai au 23 juin 2026, la circulaire n° 16/2026, publiée au Journal officiel n° 508 du 22 juin 2026, a fixé 0,17 % par an. Pour celle du 24 juin au 23 juillet, la circulaire n° 19/2026, parue au Journal officiel n° 576 du 14 juillet 2026, l’a portée à 0,21 %. Ont suivi 0,22 % et, à présent, 0,24 %. Au total, 0,07 point de pourcentage en quatre mois, ce qui signifie qu’une banque reçoit aujourd’hui 41 % de plus qu’en mai pour la même somme laissée bloquée.

Une deuxième chose a changé par rapport au mois dernier, sans se voir dans l’acte : le nombre de circulaires. Le 17 août 2026, la même édition du Journal officiel contenait deux circulaires de la Banque nationale sur cette matière, la n° 22 pour les lei et la n° 23 pour les euros. L’édition du 17 septembre 2026 n’en contient qu’une. La raison se trouve à l’art. 9 al. (2) du règlement, qui n’exige une circulaire qu’en cas de modification du taux. Le taux servi sur les réserves en lei est resté à 0,90 % par an, niveau entré en vigueur le 24 juillet 2026, il n’y avait donc rien à publier.

Tout le reste du mécanisme est inchangé. Les taux de réserve restent à 8 % pour l’argent collecté en lei et à 5 % pour celui collecté en devises, immobiles depuis la période d’application du 24 janvier au 23 février 2025. Reste à zéro le taux applicable aux dépôts d’échéance initiale supérieure à deux ans, aux titres de créance émis à plus de deux ans et aux emprunts issus d’opérations de pension, c’est-à-dire précisément les catégories d’argent dont la banque centrale estime qu’elles ne partent pas au premier signe d’inquiétude. Restent intacts aussi les taux de pénalité pour la banque qui ne constitue pas sa réserve : 9,5 % par an et, en cas de manquement répété, 12,5 % par an.

L’ordre de grandeur de ces chiffres mérite d’être regardé ensemble. Pour la réserve correctement constituée, la banque reçoit 0,24 % par an ; pour celle qu’elle ne constitue pas, elle paie 9,5 % par an, près de quarante fois plus. La réserve minimale obligatoire n’est pas un dépôt, c’est une obligation.

Les mêmes déclarations périodiques adressées à la Banque nationale de Roumanie fournissent aussi les chiffres qui décident du capital qu’une banque immobilise au titre du risque opérationnel. Un règlement européen applicable depuis le 23 septembre 2026 montre, ligne par ligne, d’où se prend chaque composante de l’indicateur d’activité : 51 lignes de rattachement et 105 cellules distinctes.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • L’argent bloqué rapporte tout de même quelque chose. Dans la zone euro, où la réserve minimale est de 1 % des passifs éligibles, la Banque centrale européenne ne verse plus aucun intérêt sur celle-ci depuis juillet 2023. Le système roumain exige cinq fois plus, mais il rémunère.
  • Le niveau n’est pas laissé à la discrétion de la banque centrale. L’art. 8 al. (3) de la loi n° 312/2004 lui fixe un plancher rattaché à une grandeur observable, la moyenne des taux que les banques servent à leurs clients à vue, de sorte que le taux ne peut pas être abaissé indéfiniment.
  • L’actualisation est mensuelle, non occasionnelle. Le taux suit le marché à chaque période d’application, au lieu de rester figé pendant des années à un niveau qui ne correspond plus à la réalité.
  • L’acte ne crée aucune obligation nouvelle, aucun délai et aucune déclaration supplémentaire. Les banques n’ont pas de procédure à adapter, et les clients n’ont rien à signer.
  • Le mécanisme est déjà taillé sur le modèle européen. Le règlement n° 5/2024, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, a été adopté précisément pour rapprocher le régime des réserves de celui de l’Eurosystème et rendre plus douce la transition lors de l’adoption de l’euro.

Ce qui reste problématique

  • La circulaire ne montre pas le chiffre dont le taux résulte. La loi exige « au moins » la moyenne des taux servis sur les dépôts à vue, mais ni cette moyenne, ni une éventuelle marge ajoutée par-dessus ne sont publiées. L’acte ne permet pas de vérifier si le minimum légal a été respecté.
  • L’acte ne dit pas quel taux il remplace. Il ne renvoie nulle part à la circulaire n° 23/2026, celle qui avait fixé 0,22 % par an, de sorte que le texte ne laisse voir ni qu’il s’agit d’une hausse, ni de combien.
  • Il n’y a pas une ligne de motivation. La circulaire est un dispositif vide d’explications, alors qu’elle est la seule forme sous laquelle le public apprend ce mouvement mensuel.
  • La publication vient toujours après le début de la période, entre 20 et 29 jours pour les quatre circulaires sur les euros de 2026 vérifiées ici. Aucune banque ne sait, le jour où elle commence à constituer sa réserve, à quel taux celle-ci sera rémunérée.
  • Le taux reste très en dessous du coût de l’argent sur le marché de l’euro. Le taux auquel la Banque centrale européenne rémunère les dépôts à un jour des banques de la zone euro est de 2,50 % par an depuis le 16 septembre 2026, plus de dix fois plus.

Conseils pratiques

  1. Si vous travaillez à la trésorerie d’une banque ou d’une succursale de banque étrangère en Roumanie, retenez que le taux s’applique à la période du 24 août au 23 septembre 2026 et que le paiement arrive le 25 septembre 2026, deuxième jour ouvrable après la clôture de la période.
  2. Ne confondez pas ce taux avec le taux directeur. Le taux directeur est de 6,50 % par an et concerne les opérations par lesquelles la banque centrale fournit ou retire de la liquidité. Celui de la circulaire concerne exclusivement l’argent immobilisé en réserve et il est environ vingt-sept fois plus faible.
  3. Si vous voulez savoir ce que vous touchez effectivement, utilisez la formule de l’art. 9 al. (8) du règlement n° 5/2024, non une simple division par douze. Le numérateur est le nombre réel de jours de la période, et le dénominateur est 360, non 365.
  4. Ne gardez pas à la banque centrale plus que le niveau obligatoire. L’art. 9 al. (3) prévoit que le surplus n’est pas rémunéré du tout, de sorte que chaque euro au-delà du seuil y reste gratuitement.
  5. Si votre établissement collecte des dépôts en dollars ou dans d’autres monnaies étrangères, calculez à part le coût de la conversion. Le règlement exige que la réserve afférente à tout l’argent collecté en devises soit constituée en euros, et la dépense comme le risque de change restent à la charge de la banque.
  6. Pour qui suit la série, les circulaires paraissent en règle générale dans la seconde moitié du mois, trois ou quatre semaines après le début de la période d’application, et peuvent être lues au Journal officiel ou dans l’index réglementaire de la banque centrale.

Questions fréquentes

Que sont, à la portée de tous, les réserves minimales obligatoires ?
C’est l’argent que chaque banque est obligée de laisser à la banque centrale, en pourcentage des dépôts qu’elle a collectés auprès de ses clients. Il ne peut être ni prêté ni investi. La règle existe pour que la banque centrale puisse influencer la quantité de monnaie dans l’économie, stabiliser les taux sur le marché interbancaire et disposer d’un levier sur la liquidité. En Roumanie, le taux est de 8 % pour l’argent collecté en lei et de 5 % pour celui collecté en devises.
Pourquoi la banque centrale paie-t-elle des intérêts sur l’argent qu’elle garde bloqué ?
Parce que la loi le lui impose. L’art. 8 al. (3) de la loi n° 312/2004 relative au statut de la Banque nationale de Roumanie prévoit que la banque centrale rémunère les réserves minimales obligatoires au moins au niveau du taux moyen que les banques pratiquent sur les dépôts à vue. Sans cette règle, la réserve serait pour la banque une immobilisation purement gratuite.
Pourquoi le taux sur les euros est-il si différent de celui sur les lei ?
Parce que tous deux sont rattachés à ce que les banques paient à leurs clients dans la monnaie concernée, non à une décision distincte. La banque centrale calcule chaque mois, séparément pour les lei et pour les euros, la moyenne pondérée des taux servis sur les comptes courants des clients. Les comptes courants en euros sont rémunérés en Roumanie à un niveau proche de zéro, ceux en lei un peu mieux, d’où 0,24 % par an contre 0,90 % par an.
Comment peut-on publier le 17 septembre un taux qui s’applique depuis le 24 août ?
Parce que l’acte n’impose aucune conduite à respecter pendant cet intervalle, il fixe seulement ce que la banque centrale paiera à la fin. Le taux se détermine à partir des données que les banques déclarent dans les trois premiers jours ouvrables suivant le début de la période, il ne peut donc pas être connu à l’avance. La circulaire elle-même entre en vigueur à la date de la publication, le 17 septembre 2026, huit jours avant la date du paiement.
Que se passe-t-il si une banque ne constitue pas sa réserve ?
Elle paie un intérêt de pénalité, calculé selon la même convention de jours, mais à 9,5 % par an, aussi bien pour les réserves en lei que pour celles en euros. Si le manquement se répète, le taux monte à 12,5 % par an. L’écart avec les 0,24 % par an encaissés sur la réserve correctement constituée montre que le mécanisme n’est pas conçu comme un placement, mais comme une obligation.
Comment cela se passe-t-il dans la zone euro ?
La réserve minimale exigée des banques de la zone euro est de 1 % de certaines catégories de passifs, cinq fois moins que le taux roumain applicable aux devises. En revanche, depuis juillet 2023 la Banque centrale européenne ne verse plus aucun intérêt sur celle-ci. Le règlement roumain de 2024 a été écrit précisément pour rapprocher les deux régimes et rendre la transition plus simple au moment de l’adoption de l’euro.
Cela me concerne-t-il si j’ai des économies en euros à la banque ?
Directement, non. Le lien va dans le sens inverse de ce qu’il paraît : le taux de la circulaire est dérivé de la moyenne des taux que les banques servent déjà à leurs clients sur les comptes courants, et non l’inverse. Le fait que le taux ait monté quatre fois d’affilée montre toutefois que les banques ont commencé à offrir un peu plus pour les euros laissés à vue, ce qui mérite une vérification auprès de votre propre banque.

Analyse de la rédaction

L’acte est on ne peut plus net : une ligne de dispositif, trois fondements juridiques qui disent exactement ce qu’on leur attribue et un chiffre. Il n’a pas de contradictions, pas de délais impossibles et ne laisse aucun doute sur son destinataire. Le problème qu’il résout est réel, même s’il est modeste, et le mécanisme qui le porte est bien construit. Ce qui mérite discussion, ce n’est pas ce qui y est écrit, mais ce qui n’y est pas et ce qui n’apparaît qu’en plaçant plusieurs circulaires côte à côte.

La première observation vient du calendrier, et elle renverse l’impression initiale. Les quatre circulaires sur les réserves en euros publiées en 2026 et vérifiées pour cet article paraissent toutes après le début de la période d’application : celle du 24 mai au 23 juin a été publiée le 22 juin, 29 jours après le départ et un jour avant la fin ; celle du 24 juin au 23 juillet le 14 juillet, au bout de 20 jours ; celle du 24 juillet au 23 août le 17 août et celle d’aujourd’hui le 17 septembre, toutes deux au bout de 24 jours. Le schéma n’est pas de la négligence, c’est la conséquence directe du mode de calcul : l’art. 9 al. (5) du règlement n° 5/2024 rattache le taux aux données du jour ouvrable précédant le début de la période, et l’art. 9 al. (4) donne aux banques trois jours ouvrables après le départ pour les déclarer. La preuve que le retard est un choix, et non un raté, se trouve dans l’autre type de circulaire portant sur la même matière. Pour les taux de réserve, l’art. 6 al. (2) du règlement exige une communication au moins 10 jours avant le début de la période, parce que là le comportement des banques change. Les circulaires n° 60 et n° 61 du 11 décembre 2024, celles qui ont fixé les taux de 5 % et de 8 %, ont été publiées le 19 décembre 2024 pour une période commençant le 24 janvier 2025, soit 36 jours à l’avance, plus de trois fois le minimum exigé. Même émetteur, même matière, calendriers opposés, et la raison est écrite dans le règlement.

La deuxième observation porte sur ce qui se perd en chemin. La loi dit « au moins » la moyenne des taux servis sur les dépôts à vue, ce qui signifie que la banque centrale est libre de payer davantage. Ni la circulaire, ni aucun autre document publié en même temps qu’elle ne montre quelle a été la moyenne calculée pour la période du 24 août au 23 septembre 2026. Un lecteur qui voudrait vérifier si le minimum légal a été respecté n’en a pas le moyen. Le fait que les valeurs bougent chaque mois d’un ou deux centièmes de point, exactement comme bouge une moyenne pondérée recalculée, est compatible avec l’idée que le taux est repris tel quel, mais compatible ne veut pas dire démontré. Une seule phrase de plus dans l’acte clorait le sujet.

La troisième naît de la comparaison de chiffres qui ne figurent jamais au même endroit. Une banque reçoit 0,24 % par an pour la réserve correctement constituée et paie 9,5 % par an pour celle qu’elle ne constitue pas, un rapport de près de quarante contre un. Sur les réserves en lei, elle touche 0,90 % par an, tandis que le taux directeur de la même banque centrale est de 6,50 %. Le mécanisme est, par construction, un transfert des banques vers la banque centrale, et son ampleur ne se lit dans aucun de ses actes composants pris isolément. La circulaire mensuelle ne montre que la pointe visible du mécanisme, le plus petit chiffre de tous.

Ce qui devrait changer

  • Publier, en même temps que le taux, la moyenne des taux à vue dont il résulte. Ce serait un seul chiffre ajouté à la fin de l’article unique. Effet pratique : chacun pourrait vérifier si le plancher légal de l’art. 8 al. (3) de la loi n° 312/2004 a été respecté et de combien il a éventuellement été dépassé, au lieu de le déduire du mouvement mensuel du résultat.
  • Renvoyer, dans le texte même de la circulaire, à l’acte qu’elle remplace. Une parenthèse avec le numéro de la circulaire précédente et le taux qu’elle modifie suffirait. Effet pratique : le lecteur apprendrait de l’acte s’il s’agit d’une hausse ou d’une baisse et de combien, sans chercher lui-même l’édition précédente du Journal officiel.
  • Ajouter une ligne de motivation. Effet pratique : on verrait directement dans l’acte que la moyenne des taux servis par les banques sur les comptes courants en euros a augmenté, c’est-à-dire un signe sur la concurrence pour le financement en devises, au lieu d’un chiffre qui monte sans explication.
  • Mentionner dans l’acte le nombre de jours de la période d’application. Effet pratique : comme l’intérêt se calcule en jours effectifs rapportés à 360 et que les périodes comptent 28, 30 ou 31 jours, ce chiffre retirerait du calcul de chaque destinataire une source d’erreur qui se règle aujourd’hui en comptant sur un calendrier.
  • Réunir dans un seul acte les deux taux, celui des lei et celui des euros, lorsque les deux changent. Effet pratique : le lecteur aurait, en une seule publication, tout le tableau de la rémunération des réserves, et l’absence de l’une des monnaies signalerait clairement que rien n’y a changé, au lieu de laisser l’impression d’un oubli.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel n° 790 du 17 septembre 2026 16 pages PDF, 101 KB l'acte commence à la page 16

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.