L’essentiel
- La prestation logement, une indemnité mensuelle égale à un salaire minimum brut national, est élargie : elle peut désormais être versée aussi aux personnes qui quittent les services de logement accompagné dans la communauté, et plus seulement à celles qui sortent des centres résidentiels.
- Les commissions qui prononcent le classement en degré de handicap disposent d’une liste bien plus large de spécialités médicales parmi lesquelles recruter leurs membres, et la composition de la commission supérieure est désormais fixée par la loi.
- Le Gouvernement dispose de 30 jours à compter du 23 juillet 2026 pour modifier les standards de coût des services sociaux et la Nomenclature des services sociaux.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 588 du 20 juillet 2026
Entrée en vigueur : 23 juillet 2026
Une personne handicapée qui quitte un logement protégé pour un logement à elle ne se retrouve plus sans soutien financier au seul motif qu’elle ne venait pas directement d’un centre résidentiel. La loi n° 146/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 588 du 20 juillet 2026, approuve avec modifications l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 90/2025 et corrige précisément cette lacune. Elle complète le cadre pour lequel le Gouvernement avait déjà arrêté la procédure d’octroi de la prestation logement et de la prestation de transition.
L’ordonnance approuvée, publiée le dernier jour de l’année 2025, avait réécrit une partie importante de la loi n° 448/2006 relative à la protection et à la promotion des droits des personnes handicapées. Elle a introduit la prestation logement, une indemnité mensuelle d’un montant égal à un salaire minimum brut national, et la prestation de transition, plafonnée à deux salaires minimums, pour ceux qui quittent les centres résidentiels publics et passent à une vie dans la communauté.
La même ordonnance a rebaptisé les services sociaux destinés à la vie autonome et a modifié le régime de la gratuité des transports interurbains, transformée en une option entre des voyages gratuits et des bons d’achat pour du carburant ou de l’électricité, dans la limite de 1 500 lei par an pour un handicap grave et de 750 lei par an pour un handicap accentué.
Le 28 août, la procédure a été abrogée et réécrite comme annexe à la loi n° 7/2023, et le délai du 30 juin 2026 a disparu.
Les effets concrets
Le premier effet est l’élargissement de la prestation logement. La loi ajoute un alinéa nouveau à l’article 202 de la loi n° 448/2006 : les personnes classées en handicap grave, accentué ou moyen qui quittent les services de logement accompagné dans la communauté pour une vie autonome peuvent recevoir cette prestation, sur la base de l’évaluation des besoins individuels réalisée par les services d’évaluation complexe des personnes adultes handicapées.
L’écart avec la version de l’ordonnance est de taille. Le texte de décembre 2025 accordait la prestation à ceux qui sortaient des centres résidentiels publics, mais excluait expressément les mesures de protection de type logement accompagné dans la communauté. Autrement dit, celui qui était déjà passé par un logement protégé n’avait plus accès au soutien à l’étape suivante, celle qui mène à une vie pleinement autonome. La loi referme cette discontinuité.
Le deuxième effet touche à l’argent et à la nomenclature. Trois alinéas nouveaux sont ajoutés à l’article 51 de la même loi, qui rattachent les anciens codes de services aux dénominations nouvelles. Le standard de coût du centre pour une vie autonome, ancien code 8790 CR-D-IV, devient standard de coût du service de logement accompagné dans la communauté de type centre pour une vie autonome. Le standard du logement à protection maximale, ancien code 8790 CR-D-VII, devient standard du logement protégé, tandis que le standard du service de type logement à protection minimale est abrogé. Leur mise à jour se fera par décision du Gouvernement.
Le troisième effet concerne les commissions d’évaluation. Pour la commission d’évaluation des personnes adultes handicapées, la loi réécrit les conditions posées à l’article 85, alinéa (4). Le président et le vice-président doivent être médecins principaux ou spécialistes en expertise médicale de la capacité de travail, en médecine de famille ou médecine générale, en médecine interne ou en médecine physique et de réadaptation, titulaires du droit de libre pratique. Le troisième membre médecin, proposé par la direction départementale de santé publique, peut venir d’une liste bien plus large, qui comprend la psychiatrie, l’ophtalmologie, la neurologie, l’oncologie, la chirurgie, la néphrologie, la pneumologie et l’endocrinologie.
Le quatrième effet est la composition de la commission supérieure, prévue à l’article 901. Celle-ci comprend deux médecins spécialistes en expertise de la capacité de travail ou en médecine physique et de réadaptation, deux médecins principaux ou spécialistes issus de la liste élargie, deux titulaires d’une licence en travail social et deux titulaires d’une licence en psychologie, tous justifiant d’une expérience dans le domaine de la protection des personnes en situation de handicap.
Le cinquième effet vise la loi sur l’assistance sociale n° 292/2011. La classification des services sociaux est modifiée : avec hébergement, de type résidentiel et de soutien avec hébergement, et sans hébergement, de type soutien dans la communauté et logement accompagné dans la communauté, conformément à la Nomenclature des services sociaux approuvée par la décision du Gouvernement n° 268/2026. L’énumération des institutions d’assistance sociale et la liste des services destinés aux personnes en situation de handicap sont également actualisées.
Le sixième effet est un délai ferme imposé au Gouvernement. Dans les 30 jours suivant l’entrée en vigueur de la loi, soit jusqu’au 22 août 2026, l’exécutif doit approuver par décision, sur proposition du ministère du Travail, de la Famille, de la Jeunesse et de la Solidarité sociale, la modification de la décision du Gouvernement n° 426/2020 relative aux standards de coût des services sociaux et celle de la décision du Gouvernement n° 268/2026.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Le premier changement porte sur l’accès à la prestation. Auparavant, le droit était strictement lié à la sortie d’un centre résidentiel public, et le logement accompagné dans la communauté était expressément exclu. Désormais, la sortie du service de logement accompagné constitue à elle seule un fondement, à la même condition d’évaluation individuelle.
Le deuxième changement relève de la technique législative, mais ses effets pratiques sont immédiats : sans la correspondance entre les anciens codes et les dénominations nouvelles, les directions générales d’assistance sociale n’auraient pas pu appliquer les standards de coût aux services rebaptisés. La loi tranche la question, et une catégorie disparaît, le logement à protection minimale, dont le standard est abrogé.
Le troisième changement concerne l’identité de ceux qui vous évaluent. Dans la version antérieure, les exigences de spécialité imposées aux membres de la commission étaient plus étroites. L’élargissement de la liste des spécialités, en particulier pour le membre proposé par la direction de santé publique, donne aux commissions des départements où manquent les médecins experts une chance réelle de se constituer.
Le quatrième changement est d’architecture. La loi sur l’assistance sociale ne répartit plus les services selon l’ancienne logique, mais selon celle de la Nomenclature de 2026, avec un accent mis sur le logement accompagné dans la communauté. C’est le pas législatif qui accompagne le processus de désinstitutionnalisation.
Ce qui ne change pas, ce sont les montants. La prestation logement reste égale à un salaire minimum brut national par mois, et la prestation de transition reste plafonnée à deux salaires minimums. La loi ne touche pas davantage aux plafonds des bons de carburant.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Le texte supprime une rupture bien réelle sur le chemin de la vie autonome : le soutien ne s’arrête plus au premier pas hors de l’institution.
- Il rend applicables les standards de coût aux services rebaptisés, ce qui compte directement pour les budgets des directions générales d’assistance sociale.
- L’élargissement de la liste des spécialités médicales aide les commissions des départements dépourvus de médecins experts de la capacité de travail à fonctionner.
- Il fixe dans la loi la composition de la commission supérieure, avec un équilibre entre médecins, travailleurs sociaux et psychologues.
- Il impose au Gouvernement un délai court et vérifiable, 30 jours, pour actualiser les deux décisions.
Ce qui reste problématique
- La prestation reste conditionnée à une évaluation individuelle, et la loi ne prévoit aucun délai dans lequel le service d’évaluation complexe doit la mener à son terme.
- Les montants restent indexés sur le salaire minimum, sans aucune différenciation selon le coût réel du loyer, qui varie énormément entre Bucarest et le milieu rural.
- L’abrogation du standard applicable au logement à protection minimale ne s’accompagne d’aucune solution explicite pour les services déjà agréés sous ce code.
- Le délai de 30 jours imposé au Gouvernement n’est assorti d’aucune conséquence en cas de dépassement, comme la plupart des délais de ce type.
- L’ordonnance a été publiée le dernier jour de l’année 2025, et les corrections de fond n’arrivent qu’au bout de sept mois, un intervalle pendant lequel le texte incomplet a été appliqué.
Conseils pratiques
- Si vous vivez dans un service de logement accompagné dans la communauté et souhaitez passer à un logement à vous, demandez au service d’évaluation complexe des personnes adultes handicapées une évaluation de vos besoins individuels de vie dans la communauté. C’est la condition de la prestation.
- Déposez la demande auprès de la direction générale d’assistance sociale et de protection de l’enfance du département ou du secteur où vous résidez. C’est l’institution qui accorde et verse la prestation.
- Si vous avez essuyé un refus avant le 23 juillet 2026 au motif que vous ne veniez pas d’un centre résidentiel, vous pouvez reprendre la démarche. Le nouveau fondement vous est favorable.
- Pour les fournisseurs de services sociaux : vérifiez sous quel code votre service est agréé et suivez la décision du Gouvernement qui actualisera les standards de coût, attendue d’ici au 22 août 2026.
- Les services agréés comme logement à protection minimale ont besoin d’être reclassés. Discutez-en à temps avec l’Agence nationale pour les paiements et l’inspection sociale et avec la direction générale d’assistance sociale.
- Si la commission d’évaluation vous a débouté, la contestation est tranchée par la commission supérieure, dont la composition est désormais fixée par la loi. Vous pouvez vérifier si elle a été constituée correctement.
- Pour l’option entre la gratuité des transports interurbains et les bons de carburant, calculez d’abord combien vous vous déplacez. Les plafonds sont de 1 500 lei par an pour un handicap grave et de 750 lei par an pour un handicap accentué.
Questions fréquentes
Qui peut recevoir la prestation logement en vertu de cette loi ?
À combien s’élève la prestation logement ?
Qu’advient-il des logements à protection minimale ?
Que doit faire le Gouvernement, et dans quel délai ?
La composition de la commission d’évaluation change-t-elle ?
Qui tranche les contestations ?
La loi change-t-elle quelque chose à la gratuité des transports ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 588 du 20 juillet 2026 16 pages PDF, 110 KB l'acte commence à la page 9
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
