L’essentiel
- Dix établissements scolaires reçoivent le statut d’école pilote à compter de l’année scolaire 2026-2027 : neuf dans les départements de Iași et de Neamț, énumérés à l’annexe de l’arrêté n° 5.541/2026, et le Liceul « Politehnica » de Bucarest, par l’arrêté n° 5.555/2026.
- Le statut dure quatre années scolaires, de 2026-2027 à 2029-2030 inclus, soit un cycle d’enseignement complet. Une année de plus que pour les 20 lycées qui ont reçu le statut la veille.
- La nouveauté lourde n’est pas le curriculum, c’est la direction. Dans les neuf écoles du Nord-Est, le conseil d’administration peut être remplacé par une équipe exécutive de cinq directeurs et un conseil consultatif de neuf membres. Le baccalauréat, les évaluations nationales et le nombre d’heures du programme-cadre restent intacts.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 770 du 10 septembre 2026
Entrée en vigueur : 10 septembre 2026, date de la publication
Un parent dont l’enfant est inscrit dans l’une des dix écoles de la liste aura affaire, à compter du 10 septembre 2026, à une école dirigée autrement. Deux arrêtés du ministre de l’éducation et de la recherche, n° 5.541/2026 et n° 5.555/2026, publiés au Journal officiel de la Roumanie n° 770 du 10 septembre 2026, accordent le statut d’établissement d’enseignement pilote pour quatre années scolaires : le premier à un groupe de neuf établissements des départements de Iași et de Neamț, le second au Liceul « Politehnica » de la municipalité de Bucarest. Les arrêtés arrivent un jour après celui par lequel 20 lycées sont devenus des écoles pilotes pour leurs classes de XIIe, mais ils vont beaucoup plus loin : là, l’expérimentation ne touchait que les derniers mois d’une année terminale, ici elle touche l’école entière et, au lycée de Bucarest, les quatre niveaux, de la section maternelle à la classe de XIIe. Et, pour la première fois, elle touche l’organe qui prend les décisions.
Les trois arrêtés ont été signés le même jour, le 31 août 2026, par le ministre Mihai Dimian. Les rapports d’approbation des deux arrêtés du jour portaient les numéros 2.798 et 2.799/DGIPNRR et la même date, le 26 août 2026. Celui de l’arrêté de la veille était plus ancien, n° 2.420/DGIPNRR du 23 juillet 2026, mais il a reçu un numéro d’arrêté plus élevé et a paru le premier au Journal officiel de la Roumanie. L’ordre des numéros ne dit rien, ici, de l’ordre des décisions.
Les effets concrets
Les deux arrêtés s’appliquent à compter de la date de publication, le 10 septembre 2026. L’article 13 du premier et l’article 16 du second disent seulement que l’acte est publié au Journal officiel de la Roumanie, sans prévoir de date ultérieure, et l’article 12 alinéa (3) de la loi n° 24/2000 établit que les arrêtés des dirigeants des organes de l’administration publique centrale spécialisée entrent en vigueur à la date de la publication s’ils n’en disposent pas autrement. Le délai de trois jours à compter de la publication concerne les lois et les ordonnances, non les arrêtés ministériels.
Ce que signifie, concrètement, le statut d’établissement pilote. Le fondement est l’article 24 de la loi sur l’enseignement préuniversitaire n° 198/2023, la section intitulée précisément « Pilotarea în învățământul preuniversitar », l’expérimentation pilote dans l’enseignement préuniversitaire. L’alinéa (1) lettre a) dit que les établissements pilotes fonctionnent « cu scopul de a implementa și de a evalua intervenții educaționale, în vederea fundamentării de politici publice în domeniul educației », afin de mettre en œuvre et d’évaluer des interventions éducatives pour fonder des politiques publiques dans le domaine de l’éducation, et les interventions peuvent comprendre « noi modele curriculare, utilizarea unor resurse educaționale inovative, modele educaționale bilingve și alte forme alternative de organizare, finanțare și management », de nouveaux modèles curriculaires, des ressources éducatives innovantes, des modèles bilingues et d’autres formes alternatives d’organisation, de financement et de gestion. Autrement dit, une école pilote a le droit de faire, légalement et pour une durée limitée, des choses dont le reste du réseau ne peut pas s’écarter : réorganiser l’emploi du temps, déplacer des heures entre les composantes du programme-cadre, enseigner une matière dans une autre langue, organiser autrement sa direction. Une école ordinaire qui ferait la même chose violerait un arrêté ministériel.
La durée n’est pas laissée au choix de l’école. L’article 18 alinéa (1) de la méthodologie-cadre approuvée par l’arrêté du ministre de l’éducation n° 4.575/2024 dit que le statut est accordé pour la durée de l’intervention expérimentée, « dar nu mai mică de 1 (un) an școlar », mais pas moins d’une année scolaire, et l’alinéa (2) exige que, pour les innovations d’un grand degré de complexité au niveau du curriculum, la planification couvre un cycle d’enseignement entier. Les quatre années scolaires de l’article 3 de chaque arrêté, de 2026-2027 à 2029-2030, sont exactement la réponse à cette exigence : la période se referme le 31 août 2030.
Pour les élèves, les arrêtés ne changent rien de ce qui compte à la fin. L’article 6 lettre c) du premier arrêté et l’article 12 lettre e) du second maintiennent intégralement les évaluations sommatives réglementées au niveau national, l’organisation, le déroulement et le calendrier des évaluations nationales et du baccalauréat. Le diplôme est le même, l’examen est le même, à la même date. La méthodologie de 2024 dit elle aussi, à l’article 19 alinéa (4), que la participation à une intervention expérimentée « nu afectează în niciun mod drepturile lor de a beneficia de acte de studiu, de a se transfera la altă unitate de învățământ, de a continua studiile sau de a participa la evaluări și examene naționale », n’affecte en aucune manière le droit des élèves aux titres scolaires, au transfert dans un autre établissement, à la poursuite des études ou à la participation aux évaluations et examens nationaux, et l’article 15 ajoute que les élèves inscrits dans des établissements pilotes conservent tous les droits prévus par le règlement d’organisation et de fonctionnement des écoles et par le statut de l’élève.
Les parents ne peuvent pas demander le statut et ne peuvent pas le refuser, mais ils ont un mot à dire par la suite. L’article 6 alinéa (1) de la méthodologie de 2024 laisse l’initiative de l’expérimentation à trois catégories : le ministère de l’Éducation, les établissements scolaires et les inspections scolaires. Les familles n’en font pas partie. En revanche, l’article 19 alinéa (1) lettre b) permet à l’école de demander la cessation anticipée de l’expérimentation lorsqu’« există solicitări ale părinților de retragere a elevilor din activitățile-pilot », qu’il existe des demandes de parents tendant à retirer les élèves des activités pilotes, et l’alinéa (2) lettre b) donne au ministère le droit d’arrêter l’expérimentation si les parents de la majorité des élèves le demandent. Le levier existe, mais il s’actionne après le démarrage du programme, non avant.
Le second arrêté, celui du Liceul « Politehnica », produit l’effet le plus visible pour l’élève. Le modèle approuvé par l’article 4 couvre les quatre niveaux de l’école, maternel, primaire, secondaire inférieur et lycée, et comprend des disciplines optionnelles transversales de littératie numérique, de littératie en intelligence artificielle, de pensée critique et de développement socio-émotionnel, enseignées sur les heures de curriculum au choix de l’élève dans l’offre de l’école, une composante bilingue de type CLIL pour les disciplines du domaine des sciences, un portfolio numérique de l’élève et un partenariat avec l’Universitatea Națională de Știință și Tehnologie Politehnica București, donnant accès aux laboratoires universitaires, à des activités de recherche et à du mentorat académique. L’article 7 permet que, durant l’année terminale, la présence physique se concentre sur les disciplines de l’examen national, le reste pouvant être suivi en ligne, en mode synchrone et asynchrone.
Pour les enseignants de ce même lycée, les articles 9 et 10 changent deux choses qui se ressentent dans le portefeuille et dans la carrière. La charge d’enseignement est calculée et suivie en régime annualisé, non hebdomadaire, à condition que le total annuel d’heures ne dépasse pas la charge annuelle légale et que le salaire mensuel reste constant sur toute l’année scolaire. Et le lycée peut organiser, en plus des critères nationaux obligatoires, son propre processus de sélection des titulaires, avec évaluation du CV, une lettre de motivation et un entretien enregistré en audio et vidéo, sur la base d’une grille publiée à l’avance. Il peut associer au coenseignement des universitaires de Politehnica et des spécialistes du secteur privé ou associatif, rémunérés à l’heure ou en qualité de personnel associé.
Pour les neuf établissements du Nord-Est, l’effet principal est autre, et il est administratif. L’article 5 du premier arrêté déroge à quatre dispositions de la méthodologie-cadre d’organisation et de fonctionnement des conseils d’administration, approuvée par l’arrêté du ministre de l’éducation n° 6.223/2023, et leur permet de fonctionner sur deux niveaux : une équipe exécutive de cinq membres issus de l’école, avec des intitulés nouveaux de directeur exécutif, directeur chargé de l’enseignement, de l’apprentissage et de son évaluation, directeur administratif et financier, directeur du développement de l’école et directeur des ressources humaines, plus un conseil consultatif de gouvernance de neuf membres, trois issus de l’école et six de l’extérieur, représentants des parents, de la société civile, du monde académique, du monde des affaires et de l’autorité publique locale. L’article 7 transfère à cette structure « integral atribuțiile legale ale consiliului de administrație », intégralement les attributions légales du conseil d’administration, et l’article 8 permet que, dans les documents internes, l’expression « consiliu de administrație » soit remplacée par « echipă executivă » ou par « consiliu consultativ de guvernanță ». Un second arrêté de septembre a travaillé le même régime pilote par le versant du curriculum, en l’étendant à la classe de XIe et en déplaçant la garantie d’heures de la discipline vers l’aire curriculaire.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
La liste figurant à l’annexe de l’arrêté n° 5.541/2026 est le cœur informatif de la journée, et elle comporte neuf positions. Nous les avons comptées une par une et avons confronté ce décompte à l’article 4 de l’arrêté, qui parle explicitement des « cele nouă unități de învățământ din regiunea Nord-Est prevăzute la art. 1 », des neuf établissements de la région Nord-Est visés à l’article 1er. Le chiffre du corps de l’arrêté confirme le décompte de l’annexe, donc la liste n’a ni perdu ni gagné une ligne à la composition.
Les établissements sont le Liceul Teoretic « Ion Neculce » Iași, la Școala Gimnazială « Alecu Russo » Iași, la Școala Gimnazială « Elena Cuza » Iași, la Școala Profesională Focuri, la Școala Gimnazială « Gheorghe Săvinescu » Crăcăoani, la Școala Gimnazială Horlești, la Școala Gimnazială « Colonel Constantin Langa » Miroslava, le Colegiul Economic « Virgil Madgearu » Iași et le Colegiul Agricol și de Industrie Alimentară « Vasile Adamachi » Iași. Par types : cinq écoles de niveau secondaire inférieur, deux collèges, un lycée théorique et une école professionnelle. Par niveaux, ensemble ils couvrent le primaire, le secondaire inférieur, le lycée théorique, le lycée technologique et l’enseignement professionnel, et avec le Liceul « Politehnica » de Bucarest s’ajoute le préscolaire.
La géographie dit plus que l’étiquette. L’arrêté parle de la « région Nord-Est », qui compte six départements : Bacău, Botoșani, Iași, Neamț, Suceava et Vaslui. Sur les neuf établissements, huit sont dans le département de Iași et un, la Școala Gimnazială « Gheorghe Săvinescu », dans celui de Neamț. Soit 88,9 % dans un seul département, et quatre des six départements de la région n’ont aucune école dans le programme. L’article 12 confirme cette concentration : il charge de l’application de l’arrêté les seules inspections scolaires de Iași et de Neamț.
La seconde répartition compte tout autant. Quatre des neuf établissements sont dans des communes et non en ville : Focuri, Crăcăoani, Horlești et Miroslava. Cela fait 44,4 % de la liste, une proportion inhabituellement élevée pour un programme d’innovation scolaire, où entrent d’ordinaire les collèges des centres-villes. Les cinq autres sont dans la municipalité de Iași. La comparaison avec l’arrêté de la veille est directe : sur les 20 lycées qui y figuraient, 14 étaient des collèges nationaux et aucun n’était situé dans une commune. Les deux arrêtés du jour ne poursuivent pas la même sélection, mais une sélection différente.
Par rapport à la veille, la profondeur a changé elle aussi. L’arrêté n° 5.557/2026 ouvrait quatre dérogations, toutes autour de l’emploi du temps, de la présence et de l’évaluation en classe de XIIe, sur trois années scolaires. L’arrêté n° 5.555/2026 ouvre six dérogations, aux articles 5 à 10, et les encadre par huit limites, à l’article 12. L’arrêté n° 5.541/2026 n’ouvre qu’une seule dérogation, mais celle-ci touche l’organe de direction de l’école, et il l’encadre par quatre limites. C’est la première fois, dans la série des arrêtés d’expérimentation publiés ces jours-ci, que la dérogation ne porte pas sur l’emploi du temps, mais sur qui décide.
Le cadre légal dans lequel tout cela s’inscrit a changé en 2023 et en 2024, et les arrêtés portent encore les traces de l’ancienne version. Les établissements pilotes ont été créés par la décision du Gouvernement n° 559/2020, et leur règlement a été approuvé par l’arrêté du ministre de l’éducation et de la recherche n° 4.813/2020, tous deux sur le fondement de la loi sur l’éducation nationale n° 1/2011. La loi n° 198/2023 a repris la matière à l’article 24, et l’arrêté n° 4.575/2024 a approuvé une nouvelle méthodologie-cadre. L’article 3 de ce dernier arrêté est explicite : à compter de sa publication, l’arrêté n° 4.813/2020 « se aplică doar pentru unitățile de învățământ preuniversitar care au dobândit statutul de școală-pilot sau de aplicație în baza acestuia, pentru finalizarea pilotării aprobate », ne s’applique qu’aux établissements qui ont acquis sur son fondement le statut d’école pilote ou d’application, pour achever l’expérimentation approuvée. Les dix établissements du jour acquièrent le statut maintenant, et non sur le fondement de l’acte de 2020.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- La durée couvre un cycle d’enseignement complet, quatre années scolaires. L’effet peut être mesuré sur le parcours d’un même élève, et non sur quelques mois de la vie de trois générations différentes, comme c’est le cas pour l’arrêté de la veille.
- Le diplôme, les examens nationaux et le baccalauréat restent intacts, ce qui est écrit explicitement dans les deux arrêtés. Un élève d’école pilote passe exactement les mêmes épreuves, aux mêmes dates, qu’un élève de l’école d’en face.
- Près de la moitié des établissements désignés, quatre sur neuf, sont dans des communes. Le programme ne s’arrête pas aux collèges de prestige du centre-ville, et les écoles de Focuri, Crăcăoani, Horlești et Miroslava entrent dans le même réseau que les collèges de Iași.
- Le budget n’augmente pas. L’exigence de l’article 6 lettre d) est le respect des budgets déjà approuvés, et la modification du nombre de postes d’enseignement est interdite. De son côté, au Liceul « Politehnica », l’article 11 admet des parrainages et des dons pour l’extension de l’offre, et non de l’argent nouveau venu du budget.
- Le Liceul « Politehnica » reçoit quelque chose qui ne s’obtient pas par un arrêté d’affectation : l’accès aux laboratoires d’une université technique, de la recherche et du mentorat académique pour les élèves, par le partenariat avec l’Universitatea Națională de Știință și Tehnologie Politehnica București.
- La charge d’enseignement annualisée de l’article 9 de l’arrêté n° 5.555/2026 vient avec deux garanties écrites : le total annuel ne peut dépasser la charge légale, et le salaire mensuel reste constant sur toute l’année scolaire.
Ce qui reste problématique
- Les arrêtés sont parus au Journal officiel de la Roumanie trois jours après la rentrée, le 7 septembre 2026. Les chefs d’établissement ont appris ce qu’ils avaient le droit de faire après que l’emploi du temps et les affectations étaient déjà arrêtés.
- Les attributions du conseil d’administration passent, dans les neuf écoles du Nord-Est, à une équipe exécutive de cinq personnes issues de l’école. Les parents et l’autorité locale, qui disposent aujourd’hui d’un vote au conseil, se retrouvent dans une structure que l’arrêté qualifie de « stratégique et consultative ».
- Les quatre limites de l’article 6 de l’arrêté n° 5.541/2026 ne contiennent rien sur le droit de l’élève au transfert et à la reconnaissance intégrale de sa situation scolaire, alors que l’arrêté frère, n° 5.555/2026, l’écrit noir sur blanc à l’article 12 lettre d).
- Cinq postes de directeur dans une école de niveau secondaire inférieur d’une commune ne peuvent sortir de nulle part, puisque l’arrêté exige le respect du budget déjà approuvé et interdit la modification du nombre de postes d’enseignement. Il reste le cumul d’attributions sur des personnes qui enseignent.
- L’étiquette « région Nord-Est » recouvre, en fait, un seul département : huit établissements sur neuf sont à Iași. Quatre des six départements de la région n’ont aucune école dans le programme.
- Le règlement spécifique d’expérimentation, exigé tant par l’article 2 du règlement de 2020 que par l’article 13 alinéa (1) de la méthodologie de 2024, n’existe pas. Il aurait apporté le degré de complexité, les résultats attendus et les mécanismes d’assurance de la qualité, c’est-à-dire précisément les repères par rapport auxquels l’évaluation sera faite au terme des quatre ans.
Conseils pratiques
- Vérifiez si l’école de votre enfant est sur la liste, en lisant le nom exact figurant à l’annexe. Il existe dans le département de Iași plusieurs établissements aux noms semblables, et le statut est accordé nominativement, non par localité.
- Si l’école est sur la liste, demandez son règlement d’organisation et de fonctionnement. L’article 10 de l’arrêté n° 5.541/2026 et l’article 13 de l’arrêté n° 5.555/2026 disent que toutes les règles particulières d’organisation des cours y sont écrites, et non dans l’arrêté. L’arrêté ouvre la marge, le règlement de l’école l’utilise.
- Demandez qui signe les décisions cette année. Dans une école qui passe au modèle à deux niveaux, les décisions peuvent porter le nom d’« équipe exécutive », mais elles ont la même force juridique et peuvent être contestées par les mêmes voies qu’une décision du conseil d’administration, selon les articles 7 et 8.
- Demandez à être consulté avant la constitution de la structure de direction. L’article 9 de l’arrêté n° 5.541/2026 oblige l’école à consulter le conseil pédagogique et les parents avant de la constituer. La consultation est une obligation de l’école, non une faveur.
- Ne craignez rien pour le diplôme. L’évaluation nationale et le baccalauréat restent identiques, aux mêmes dates, et l’article 19 alinéa (4) de la méthodologie de 2024 protège expressément le droit aux titres scolaires, au transfert et à la poursuite des études.
- Si le programme ne fonctionne pas, la voie est collective. L’école peut demander l’arrêt de l’expérimentation lorsqu’il existe des demandes de retrait formulées par des parents, et le ministère peut l’arrêter lorsque les parents de la majorité des élèves le demandent. Une demande individuelle n’arrête pas le programme, mais elle ne bloque pas non plus votre transfert.
- Si vous enseignez dans l’un des dix établissements, demandez une fiche de poste actualisée par écrit. Au Liceul « Politehnica », l’article 9 lie la charge annualisée à l’actualisation de la fiche de poste, et sans elle les activités complémentaires et celles en ligne restent un travail non documenté.
Questions fréquentes
Que peut faire une école pilote qu’une école ordinaire ne peut pas faire ?
Combien d’écoles sont sur la liste et d’où viennent-elles ?
Combien de temps le statut dure-t-il ?
Le diplôme de mon enfant sera-t-il le même ?
Puis-je demander que l’école de mon enfant devienne pilote ? Puis-je refuser ?
Le nombre d’heures ou les matières changent-ils ?
Que se passe-t-il si je veux transférer mon enfant dans une autre école ?
Qui paie l’expérimentation ?
Quand saurons-nous si cela a fonctionné ?
Erreurs et incohérences dans le texte publié
- Arrêté n° 5.541/2026, art. 9 : le délai de constitution de la structure de direction avait expiré avant que l’arrêté n’existe. L’article exige que la structure de direction soit constituée « nu mai târziu de data începerii cursurilor », au plus tard à la date de la rentrée. Les cours de l’année scolaire 2026-2027 ont commencé le 7 septembre 2026, date fixée par l’arrêté du ministre de l’éducation et de la recherche, par intérim, n° 3.194/2026 relatif à la structure de l’année scolaire 2026-2027, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 126 du 16 février 2026. L’arrêté n° 5.541/2026 a été publié le 10 septembre 2026 et est entré en vigueur à la publication, donc trois jours après le délai qu’il impose lui-même. La conséquence n’est pas théorique : la dérogation de l’article 5, la seule qui rende possible la structure à deux niveaux, n’existait pas le 7 septembre, et une école qui l’aurait constituée alors aurait violé la méthodologie des conseils d’administration. Une école de bonne foi aboutit à deux lectures, toutes deux défectueuses : le délai est manqué par construction, ou bien il se réfère à la rentrée de l’année scolaire suivante, ce qui laisserait la première année d’expérimentation sans la direction prévue par l’arrêté.
- Arrêté n° 5.541/2026, art. 5 et art. 7, rapportés à l’art. 128 de la loi n° 198/2023. L’article 5 ne déroge qu’à quatre dispositions de la méthodologie-cadre approuvée par l’arrêté du ministre de l’éducation n° 6.223/2023, et l’article 7 transfère « integral atribuțiile legale ale consiliului de administrație », intégralement les attributions légales du conseil d’administration, à la nouvelle structure. Sauf que le siège de la matière n’est pas cet arrêté. L’article 128 alinéa (1) de la loi n° 198/2023 prévoit que les établissements scolaires publics dotés de la personnalité juridique « sunt conduse de consiliile de administrație, de directori și de directori adjuncți », sont dirigés par les conseils d’administration, par les directeurs et par les directeurs adjoints, l’alinéa (2) établit que ce conseil « este organul deliberativ de conducere », est l’organe délibératif de direction, et en fixe la composition, 7, 9 ou 11 membres, avec des sièges nominatifs pour les parents, pour le maire et pour le conseil local, et l’alinéa (9) en énumère les attributions, de l’adoption du projet de budget à l’établissement des sanctions disciplinaires. L’alinéa (8) interdit, à l’exception du directeur et du directeur adjoint, que le personnel enseignant et de direction fasse partie du conseil. L’équipe exécutive de l’article 5, cinq membres, tous issus de l’école, tous exerçant une fonction de direction, reçoit par l’article 7 des attributions que la loi confie à un organe d’une autre composition. Un arrêté ministériel ne peut pas déroger à la loi, et le résultat est qu’il est impossible d’établir avec quelle composition sont prises, dans les neuf écoles, les décisions de l’article 128 alinéa (9). Que le problème soit réel, l’arrêté frère publié dans le même numéro le montre : l’arrêté n° 5.555/2026 admet à l’article 8 le même modèle à deux niveaux, mais seulement « cu condiția menținerii, în cadrul consiliului de administrație, a componenței și a atribuțiilor obligatorii prevăzute de lege », à condition de maintenir, au sein du conseil d’administration, la composition et les attributions obligatoires prévues par la loi. Même question, même ministre, même jour, deux solutions différentes.
- Les deux arrêtés, art. 2 : le renvoi à l’arrêté n° 4.813/2020 est sans objet pour ces établissements. L’article 2 de chaque arrêté exige que le programme d’expérimentation se déroule dans le respect de l’arrêté du ministre de l’éducation et de la recherche n° 4.813/2020 et de l’arrêté du ministre de l’éducation n° 4.575/2024, et le préambule invoque comme fondement l’article 2 de l’acte de 2020. Or l’article 3 de l’arrêté n° 4.575/2024 dit que, à compter de sa publication, l’arrêté n° 4.813/2020 « se aplică doar pentru unitățile de învățământ preuniversitar care au dobândit statutul de școală-pilot sau de aplicație în baza acestuia, pentru finalizarea pilotării aprobate », ne s’applique qu’aux établissements qui avaient acquis sur son fondement le statut d’école pilote ou d’application, pour achever l’expérimentation approuvée. Les dix établissements des arrêtés du jour acquièrent le statut maintenant, et non sur le fondement de l’acte de 2020, de sorte que le règlement de 2020 ne leur est pas applicable. L’exigence de l’article 2 oblige au respect d’un acte qui, pour ses destinataires, ne s’applique pas, et les deux régimes ne sont pas identiques : le règlement de 2020 compte onze éléments obligatoires du règlement spécifique, la méthodologie de 2024 les reprend à l’article 13 alinéa (2) mais y ajoute des procédures de sélection, d’évaluation et de contestation que le premier n’avait pas.
Analyse de la rédaction
L’arrêté n° 5.541/2026 est l’acte d’expérimentation le plus audacieux publié dans cette série, et c’est précisément pour cela qu’il est aussi le plus fragile. Les autres arrêtés jouent autour de l’emploi du temps : ils déplacent des heures, concentrent des modules, autorisent l’étude asynchrone. Celui-ci touche à qui décide dans l’école, c’est-à-dire à la seule chose qu’une méthodologie de ministère ne peut pas réagencer seule. L’idée de départ se défend : une école de Horlești ou de Focuri n’a pas besoin de plus d’heures de curriculum, elle a besoin d’une direction qui fonctionne, et le conseil d’administration avec le maire, deux parents et deux enseignants dans une école de commune est souvent un organe qui se réunit pour signer. Un niveau exécutif professionnalisé et un niveau stratégique composé de personnes de l’extérieur sont une réponse raisonnable à un problème réel. Le souci est que cette réponse a été écrite comme une dérogation à un arrêté, alors qu’elle aurait dû l’être comme une dérogation à une loi, ce qu’aucun ministre ne peut faire par arrêté.
Ce que l’on ne voit pas en lisant l’acte d’un bout à l’autre, c’est l’arithmétique des fonctions. L’équipe exécutive exigée par l’article 5 compte cinq membres, et le conseil consultatif de gouvernance neuf, dont trois issus de l’école. Cela fait huit rôles occupés par des personnes de l’intérieur de l’école et quatorze positions en tout. Pour une école de niveau secondaire inférieur située dans une commune, l’article 128 alinéa (2) lettre a) de la loi n° 198/2023 prévoit un conseil d’administration de sept membres, dont trois seulement issus de l’école, parce que la règle s’applique aux établissements comptant moins de 300 bénéficiaires primaires. L’arrêté exige donc, dans une petite école, le double des positions de direction et près de trois fois plus de personnes de l’intérieur, alors que l’article 6 lettre d) interdit explicitement la modification du nombre de postes d’enseignement et exige le respect du budget approuvé. Les cinq fonctions de directeur ne peuvent être que des attributions supplémentaires confiées à des enseignants en poste, et l’arrêté ne dit ni comment ils sont déchargés, ni comment ils sont payés. Le même chiffre explique pourquoi, au Liceul « Politehnica », une école à quatre niveaux et à effectif important, le modèle à deux niveaux n’a exigé aucune dérogation de fond : là, les positions existent déjà.
La structure de représentation des élèves a changé son propre organigramme en septembre 2026 : le Conseil national des élèves se dote d’un département des ressources et des finances, et les candidatures s’ouvrent à tout élève ayant un an d’ancienneté.
La deuxième observation vient de la comparaison des deux arrêtés comme d’une paire, car c’est ce qu’ils sont. L’arrêté n° 5.555/2026 compte six dérogations et huit limites ; l’arrêté n° 5.541/2026 compte une dérogation et quatre limites. Le rapport est inverse de ce que la logique exigerait : l’établissement dont on ne change que l’emploi du temps et le curriculum reçoit deux fois plus de garanties que les neuf dont on change la direction. Trois des limites manquantes comptent directement. Au Liceul « Politehnica », l’article 12 lettre d) protège expressément le droit des élèves au transfert et à la reconnaissance intégrale de leur situation scolaire, la lettre f) exige le respect de la structure de l’année scolaire, et la lettre g) les conditions légales de qualification de ceux qui occupent une fonction d’enseignement à temps plein. Dans l’arrêté des neuf établissements, aucune des trois n’apparaît. Ces droits sont garantis ailleurs, par les articles 15 et 19 de la méthodologie de 2024, donc ils ne se perdent pas. Mais dans un acte qui transfère les attributions de personnel à une équipe exécutive de cinq personnes, c’est précisément l’exigence de qualification qui aurait mérité d’être répétée.
La troisième observation relève du calendrier et c’est la moins coûteuse à réparer. Les rapports d’approbation portent les numéros 2.798 et 2.799/DGIPNRR et la date du 26 août 2026. Le ministre a signé le 31 août, et le Journal officiel de la Roumanie les a publiés le 10 septembre. L’administration a donc utilisé quinze jours du rapport à la publication, dont cinq du rapport à la signature et dix de la signature au Journal officiel de la Roumanie. Dans le même temps, l’article 9 exige de l’école qu’elle constitue une structure de direction entièrement nouvelle « nu mai târziu de data începerii cursurilor », au plus tard à la rentrée, soit avant le 7 septembre, après consultation du conseil pédagogique et des parents et après identification de six représentants extérieurs. Le délai que le ministère s’est accordé pour un acte déjà écrit est plus long que celui qu’il a accordé à une école pour refaire sa direction, et le second avait expiré avant que le premier ne s’achève. L’arrêté de la veille avait le même problème sous une forme plus douce, parce qu’il ne concernait que les deux derniers modules de l’année ; ici, il concerne le premier jour.
Reste une négligence de rédaction qui mérite d’être signalée sans faire l’objet d’une errata. L’article 4 lettre f) de l’arrêté n° 5.541/2026 exige un « mentorat interinstituțional și schimburi de experiență la nivelul consorțiului-pilot », un mentorat interinstitutionnel et des échanges d’expérience au niveau du consortium pilote. L’arrêté ne constitue aucun consortium, ne le définit pas et ne dit pas qui le compose, alors que la loi n° 198/2023 traite les consortiums scolaires comme des structures distinctes et que l’article 24 alinéa (5) les reconnaît comme initiateurs possibles de l’expérimentation. Le plus probable est que le consortium soit précisément le groupe des neuf établissements de l’annexe, mais cela se déduit, cela ne se lit pas. L’obligation de mentorat entre institutions reste, jusqu’à précision, sans titulaire pour l’organiser.
Ce qui devrait changer
- Le déplacement du fondement de la dérogation relative à la gouvernance, de l’arrêté vers la loi. Le modèle à deux niveaux ne peut pas être imposé par dérogation à l’arrêté n° 6.223/2023, puisque la composition et le caractère délibératif du conseil d’administration sont fixés à l’article 128 de la loi n° 198/2023. La solution minimale, disponible immédiatement : la reformulation des articles 5 et 7 sur le modèle de l’article 8 de l’arrêté n° 5.555/2026, avec maintien du conseil d’administration et de ses attributions légales, l’équipe exécutive et le conseil consultatif se plaçant au-dessus de lui et non à sa place. Effet : les neuf écoles peuvent démarrer le modèle sans risquer que les décisions prises cette année soient attaquables pour défaut d’organe compétent.
- Le remplacement du délai de l’article 9 par un délai calculé à compter de l’entrée en vigueur. Par exemple 30 jours à compter de la publication, au lieu de « la date de la rentrée ». Effet : le délai devient respectable, et la consultation du conseil pédagogique et des parents, que l’article exige, a le temps de se produire en fait et non seulement sur le papier.
- La suppression du renvoi à l’arrêté n° 4.813/2020 à l’article 2 des deux arrêtés. L’acte de 2020 ne s’applique plus aux établissements qui acquièrent le statut après juin 2024, selon l’article 3 de l’arrêté n° 4.575/2024. Effet : il ne reste qu’un seul corps de règles applicables, et une école n’a plus à deviner ce qu’elle fait de onze exigences issues d’un règlement qui, pour elle, n’est pas en vigueur.
- L’ajout, à l’article 6 de l’arrêté n° 5.541/2026, des trois limites présentes dans l’arrêté frère. Le droit des élèves au transfert et à la reconnaissance intégrale de leur situation scolaire, le respect de la structure de l’année scolaire et les conditions légales de qualification pour les fonctions d’enseignement à temps plein. Effet : les neuf écoles fonctionnent sous les mêmes garanties que le Liceul « Politehnica », et l’équipe exécutive ne peut pas utiliser ses nouvelles attributions de personnel pour contourner une condition de qualification.
- La précision, à l’article 5, de la manière dont les cinq fonctions exécutives sont pourvues. Soit par décharge d’heures, soit par une indemnité de direction, soit en limitant le modèle aux établissements qui disposent déjà de directeurs adjoints. Effet : une école de niveau secondaire inférieur d’une commune sait si elle peut appliquer le modèle ou non, au lieu d’ajouter quatre postes de directeur au même nombre de postes d’enseignement.
- La constitution expresse du consortium pilote auquel renvoie l’article 4 lettre f). Un alinéa disant que les neuf établissements de l’annexe forment le consortium et désignant l’établissement coordonnateur. Effet : l’obligation de mentorat interinstitutionnel a un organisateur, et les échanges d’expérience deviennent vérifiables dans le rapport annuel.
- L’approbation du règlement spécifique d’expérimentation, par un arrêté distinct, avant la fin de la première année scolaire. Il est exigé par l’article 13 alinéa (1) de la méthodologie de 2024, avec au moins neuf éléments obligatoires. Effet : le degré de complexité, les résultats attendus, les mécanismes d’assurance de la qualité et les modalités d’évaluation prennent une forme écrite, et les 40 rapports annuels et 10 rapports finaux ont un point de comparaison.
- La publication des arrêtés d’expérimentation avant le 1er juin, avant l’année scolaire qu’ils concernent. Effet : les chefs d’établissement construisent une seule fois l’emploi du temps et les affectations, et les parents apprennent avant les vacances sous quel régime entre l’école de leur enfant, et non trois jours après la rentrée.
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 770 du 10 septembre 2026 16 pages PDF, 114 KB l'acte commence à la page 13
Ouvrir le PDF officielTélécharger le PDF
La visionneuse ne s'affiche pas sur les petits écrans. Utilisez les boutons ci-dessus pour ouvrir ou télécharger le fichier.
Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
