L’essentiel
- La Cour constitutionnelle a rejeté, comme irrecevable, une nouvelle contestation de la loi sur la dation en paiement, soulevée par Banca Transilvania dans un litige avec un débiteur dont le crédit dépassait l’équivalent de 250 000 euros.
- La loi n° 77/2016 relative à la dation en paiement reste inchangée : les règles d’imprévision, la suspension des paiements et les délais de convocation chez le notaire n’ont pas été affectés par cette décision.
- La décision confirme indirectement un seuil important : seuls les crédits ne dépassant pas 250 000 euros (calculés au taux de change du jour de la signature du contrat) peuvent bénéficier du mécanisme de la dation en paiement.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 650 du 6 août 2026
Prononcée le : 16 décembre 2025
La Cour constitutionnelle a rejeté, comme irrecevable, l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par Banca Transilvania contre des dispositions de la loi n° 77/2016 relative à la dation en paiement et de la loi n° 52/2020 qui l’a modifiée. La décision n° 806/2025, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 650 du 6 août 2026, ne se prononce pas sur le fond des critiques formulées par la banque ; elle constate que la loi contestée ne s’appliquait pas au litige en cause : le crédit du débiteur dépassait l’équivalent en lei de 250 000 euros, seuil au-delà duquel la loi n° 77/2016 ne s’applique pas du tout.
La banque soutenait que les présomptions d’imprévision introduites par la loi n° 52/2020, qui permettent d’éteindre la dette par un simple transfert du bien immobilier à la banque lorsque le taux de change a augmenté de plus de 52,6 %, portaient atteinte au droit de propriété du créancier et au principe de sécurité juridique. La Cour n’a pas examiné ces arguments sur le fond, s’arrêtant à une question procédurale : l’affaire en cause n’entrait pas dans le champ d’application de la loi contestée.
Quatre banques ont trouvé exactement un tel dossier, et la Cour a rejeté leurs critiques au fond, par la décision CCR n° 644/2025.
Les effets concrets
Pour les débiteurs et créanciers déjà engagés dans des procédures de dation en paiement, la décision ne change rien : les règles de la loi n° 77/2016, y compris les présomptions d’imprévision introduites par la loi n° 52/2020, restent applicables exactement comme avant. La Cour n’a annulé, modifié ni suspendu aucune disposition légale.
Pour les établissements de crédit qui souhaiteraient contester la constitutionnalité de ces présomptions, la décision révèle une limite pratique : une telle exception peut être rejetée comme irrecevable si le litige concret dans lequel elle est soulevée n’entre pas dans le champ d’application de la loi (par exemple, si le montant du crédit dépasse le seuil de 250 000 euros). Les banques devraient trouver un dossier avec un crédit inférieur à ce seuil pour qu’une future exception soit examinée sur le fond.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
- Rien ne change dans l’application de la loi sur la dation en paiement : les règles restent exactement celles de 2016, modifiées en 2020.
- Le seuil de 250 000 euros est confirmé : la Cour a explicitement rappelé que seuls les crédits ne dépassant pas ce montant, calculé au taux de change du jour de la signature du contrat, entrent dans le champ d’application de la loi n° 77/2016.
- Une condition de recevabilité est clarifiée : la décision montre clairement que le lien avec la résolution de l’affaire est une condition obligatoire pour qu’une exception d’inconstitutionnalité soit examinée sur le fond, et non une simple formalité.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Cela apporte de la prévisibilité aux débiteurs ayant des crédits inférieurs à 250 000 euros : le mécanisme de la dation en paiement, avec ses présomptions d’imprévision, reste intact.
- Cela clarifie, pour les juridictions et les parties, le seuil exact au-delà duquel la loi n° 77/2016 ne s’applique pas, réduisant les litiges inutiles sur ce sujet.
- Cela rappelle la rigueur des conditions de recevabilité des exceptions d’inconstitutionnalité, utile pour la discipline procédurale générale.
Ce qui reste problématique
- Les critiques de fond des créanciers concernant la constitutionnalité des présomptions d’imprévision restent non examinées, et devront être soulevées à nouveau dans un dossier éligible.
- Les débiteurs ayant des crédits supérieurs à 250 000 euros restent, pour l’instant, en dehors de la protection offerte par la loi n° 77/2016, sans solution législative alternative mentionnée dans la décision.
- La décision ne précise pas si et comment ces critiques pourraient être examinées sur le fond dans un futur dossier éligible.
Conseils pratiques
- Si vous êtes débiteur et souhaitez recourir à la dation en paiement, vérifiez d’abord si la somme empruntée, au moment de l’octroi, ne dépasse pas l’équivalent en lei de 250 000 euros, calculé au taux de change du jour de la signature du contrat de crédit.
- Si vous êtes créancier (banque ou établissement de crédit non bancaire) et souhaitez contester la constitutionnalité des présomptions d’imprévision, assurez-vous que le dossier concret dans lequel vous soulevez l’exception concerne un crédit inférieur au seuil de 250 000 euros, sous peine de rejet pour irrecevabilité.
- Ne confondez pas le rejet pour irrecevabilité avec le rejet sur le fond : la Cour n’a pas déclaré les présomptions d’imprévision constitutionnelles ou inconstitutionnelles, elle a simplement indiqué qu’elle ne pouvait pas examiner ce cas particulier.
- Pour les crédits supérieurs à 250 000 euros, les recours disponibles restent ceux du droit commun, prévus par le Code civil (imprévision contractuelle générale), et non le mécanisme spécial de la loi n° 77/2016.
Questions fréquentes
Qu’a décidé la Cour constitutionnelle par la décision n° 806/2025 ?
Les règles de la dation en paiement changent-elles après cette décision ?
Pourquoi l’exception a-t-elle été rejetée comme irrecevable, et non comme non fondée ?
Qu’est-ce que le seuil de 250 000 euros ?
La décision est-elle définitive ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 650 du 6 août 2026 8 pages PDF, 81 KB l'acte commence à la page 3
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
