L’essentiel

  • Les microentreprises deviennent éligibles au programme SME Eco-Tech, financé par la deuxième contribution suisse. Jusqu’ici, la procédure indiquait noir sur blanc que les microentreprises n’étaient pas éligibles.
  • Le changement tient à une seule lettre de la procédure, mais il ouvre le programme aux entreprises de moins de 10 salariés, qui forment l’écrasante majorité des sociétés roumaines.
  • Le programme dispose d’un budget de 54 041 886 francs suisses, soit environ 288,8 millions de lei, pour au minimum 800 bénéficiaires, avec des contrats et des paiements jusqu’au 31 décembre 2027. L’attribution se fait selon le principe du premier arrivé, premier servi.
Acte : arrêté MEDAT n° 1.241/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 671 du 13 août 2026
Entrée en vigueur : 13 août 2026

Une entreprise de trois salariés qui voulait de l’argent suisse pour une machine plus performante recevait jusqu’ici toujours la même réponse : ce programme n’est pas pour vous. À partir du 13 août 2026, la réponse change. L’arrêté du ministre de l’économie, de la numérisation, de l’entrepreneuriat et du tourisme n° 1.241/2026, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 671 du 13 août 2026, ne modifie qu’une seule lettre de la procédure du programme SME Eco-Tech, mais c’était précisément cette lettre qui tenait les microentreprises hors jeu. C’est la deuxième ouverture de financement pour les petites entreprises ce mois-ci, après le programme Diaspora investit au pays, avec des subventions pouvant atteindre 200 000 euros.

SME Eco-Tech est le programme par lequel la Roumanie utilise la deuxième contribution financière suisse non remboursable, dans le cadre du programme de coopération helvético-roumain. L’objectif affiché est de soutenir les entreprises privées du secteur productif dans leurs investissements verts et numériques, avec un effet sur l’empreinte environnementale, la productivité et la compétitivité.

La procédure de mise en œuvre avait été approuvée en juin 2025, par l’arrêté n° 1.392/2025, publié au Journal officiel de la Roumanie n° 583 et n° 583 bis du 23 juin 2025. Elle fixait les critères cumulatifs d’éligibilité au point 3, sous-point 3.2.

L’arrêté publié le 13 août 2026 compte trois articles et ne réécrit que la lettre b) de ce sous-point. L’avis du Conseil de la concurrence sur le projet a été rendu le 4 août 2026.

Les effets concrets

Les microentreprises apparaissent aussi dans une seconde ligne de financement, celle de la Transition juste : 37,8 millions d’euros de plus pour six départements, sauf Galați.

Les microentreprises entrent dans le programme. La nouvelle lettre b) prévoit que les bénéficiaires doivent relever de la catégorie des microentreprises, des petites entreprises ou des moyennes entreprises, conformément à la loi n° 346/2004 sur la stimulation de la création et du développement des petites et moyennes entreprises.

L’interdiction explicite disparaît. L’ancien texte de la lettre b) ne visait que les petites ou moyennes entreprises et ajoutait une phrase sans équivoque : les microentreprises ne sont pas éligibles au programme. Cette phrase n’existe plus.

La différence pratique est considérable, car le seuil se situe à 10 salariés. Selon la loi n° 346/2004, la microentreprise compte jusqu’à 9 salariés, la petite entreprise entre 10 et 49, et la moyenne entreprise entre 50 et 249 salariés, avec les seuils de chiffre d’affaires et d’actifs correspondants.

Les autres critères d’éligibilité restent intacts. L’entreprise doit être immatriculée conformément à la loi n° 31/1990, disposer d’un capital social intégralement privé, avoir enregistré au cours de l’exercice fiscal de référence un chiffre d’affaires supérieur à zéro et s’engager à le maintenir positif, et son activité principale doit relever de l’un des codes CAEN prioritaires prévus par la procédure.

L’argent est limité et se distribue dans l’ordre des inscriptions. Le budget estimé du dispositif pour la période 2025-2027 s’élève à 54 041 886 francs suisses, soit 288 843 072 lei au taux retenu lors de l’initiation de l’accord de mise en œuvre, dont 70 % de contribution suisse et 30 % de contribution propre du ministère. L’accès se fait selon le principe du premier arrivé, premier servi.

Le nombre estimé de bénéficiaires prend une tout autre importance avec cette ouverture. La procédure prévoit l’octroi d’une aide de minimis à un minimum de 800 bénéficiaires. Les microentreprises étant désormais dans la course, la concurrence pour les mêmes places devient nettement plus forte.

L’échéance finale reste le 31 décembre 2027. C’est la date limite pour la signature des contrats et pour l’exécution des paiements dans le cadre du dispositif.

L’aide relève du régime de minimis, elle entre donc dans le plafond général. Une entreprise unique ne peut pas recevoir plus de 300 000 euros sur une période de trois ans, conformément au règlement européen 2023/2831. Celui qui a déjà perçu des aides de minimis doit les cumuler.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Jusqu’à l’arrêté publié le 13 août 2026, la procédure excluait explicitement les microentreprises. La lettre b) du sous-point 3.2 visait la catégorie des petites ou moyennes entreprises et précisait, en majuscules dans le texte officiel, que les microentreprises n’étaient pas éligibles. Ce n’était pas un oubli, mais un choix de politique publique, aujourd’hui révisé.

La nouvelle formulation ajoute les microentreprises en tête de l’énumération et supprime la phrase d’exclusion. Le reste de la lettre demeure identique : le renvoi à l’annexe n° 3 de la procédure et à la loi n° 346/2004.

L’arrêté ne touche ni aux autres lettres du sous-point 3.2 ni au reste de la procédure. Les codes CAEN éligibles, les obligations de déclaration, les règles relatives à l’entreprise unique, les exigences de capital privé et les plafonds d’aide de minimis restent ceux de 2025.

Une incohérence de rédaction subsiste, que l’arrêté ne corrige pas : la phrase introductive du sous-point 3.2 continue de parler de sociétés définies comme petites ou moyennes entreprises, alors que la lettre b) inclut désormais aussi les microentreprises. Le texte ne se lit correctement que par recoupement, et c’est la lettre modifiée qui fixe la catégorie.

Le programme reste financé par les mêmes sources : l’accord entre le Secrétariat d’État à l’économie de la Suisse et le ministère des Finances, signé le 19 septembre 2024, et l’accord de mise en œuvre entre le ministère des Finances et le ministère de l’Économie, signé le 4 décembre 2024, tous deux dans le cadre de l’ordonnance d’urgence n° 120/2023.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Les entreprises de moins de 10 salariés, soit la majorité des sociétés roumaines, accèdent à un financement dont un texte exprès les écartait.
  • Les investissements verts et numériques deviennent accessibles précisément au segment qui obtient le plus difficilement un crédit bancaire.
  • La modification est simple et n’ajoute aucune condition nouvelle pour les autres bénéficiaires déjà éligibles.
  • Le renvoi direct à la loi n° 346/2004 écarte toute interprétation propre du ministère quant à la catégorie d’entreprise.
  • Le programme a un long horizon de mise en œuvre, jusqu’au 31 décembre 2027, ce qui laisse le temps de préparer les dossiers.
  • L’avis du Conseil de la concurrence a été obtenu avant l’émission de l’acte, ce qui réduit le risque de blocage ultérieur au titre des aides d’État.

Ce qui reste problématique

  • Le budget n’augmente pas en même temps que le nombre d’éligibles : la même enveloppe se partage entre davantage de demandeurs.
  • Le principe du premier arrivé, premier servi désavantage les petites structures, plus lentes à monter leurs dossiers, c’est-à-dire justement celles qui viennent d’être admises.
  • La phrase introductive du sous-point 3.2 n’a pas été mise en cohérence et continue de ne parler que de petites ou moyennes entreprises.
  • L’arrêté ne prévoit pas de nouvelle session d’inscription : on ignore encore si les microentreprises pourront participer au tour en cours ou seulement au suivant.
  • Le plafond de minimis de 300 000 euros sur trois ans s’applique par entreprise unique, de sorte que les groupes de petites sociétés doivent cumuler leurs aides.
  • L’exigence d’un capital social intégralement privé et d’un chiffre d’affaires positif continue d’exclure les entreprises nouvellement créées ou à participation publique.

Conseils pratiques

  1. Vérifiez dans quelle catégorie se situe votre entreprise au regard de la loi n° 346/2004, selon le nombre de salariés et le chiffre d’affaires ou le total des actifs. La microentreprise compte jusqu’à 9 salariés.
  2. Si vous avez été refusé auparavant au motif de la taille de l’entreprise, reprenez l’analyse. Ce motif ne figure plus dans la procédure.
  3. Vérifiez à temps le code CAEN de votre activité principale. Le programme ne finance que les secteurs prioritaires énumérés dans la procédure.
  4. Calculez le montant d’aide de minimis perçu au cours des trois dernières années, au niveau de l’entreprise unique et non de votre seule société. Le plafond est de 300 000 euros.
  5. Préparez le dossier avant l’ouverture de la session. Avec le principe du premier arrivé, premier servi, c’est l’ordre d’inscription qui décide, pas la qualité du projet.
  6. Assurez-vous d’avoir un capital social intégralement privé et un chiffre d’affaires positif au cours de l’exercice fiscal de référence. Ce sont des conditions cumulatives, pas alternatives.
  7. Gardez en tête l’échéance du 31 décembre 2027 pour la signature du contrat et l’exécution des paiements. Un projet qui n’y entre pas ne pourra pas être remboursé.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le programme SME Eco-Tech ?
Un programme de soutien aux petites et moyennes entreprises privées du secteur productif, financé par la deuxième contribution financière suisse non remboursable, dans le cadre du programme de coopération helvético-roumain. Il finance des investissements verts et numériques.
Qu’est-ce qui a changé exactement ?
La lettre b) du point 3, sous-point 3.2 de la procédure de mise en œuvre. Elle ne visait auparavant que les petites ou moyennes entreprises et indiquait explicitement que les microentreprises n’étaient pas éligibles. Elle inclut désormais les microentreprises parmi les bénéficiaires.
Qu’est-ce qu’une microentreprise ?
Selon la loi n° 346/2004, une entreprise qui compte jusqu’à 9 salariés et qui réalise un chiffre d’affaires annuel net ou détient un total d’actifs allant jusqu’à l’équivalent en lei de 2 millions d’euros.
Quel est le budget du programme ?
54 041 886 francs suisses pour la période 2025-2027, soit l’équivalent de 288 843 072 lei au taux retenu lors de l’initiation de l’accord de mise en œuvre. Sur cette somme, 70 % représentent la contribution suisse et 30 % la contribution propre du ministère.
Combien de bénéficiaires sont estimés ?
La procédure prévoit l’octroi d’une aide de minimis à un minimum de 800 bénéficiaires, l’accès au financement se faisant selon le principe du premier arrivé, premier servi.
Jusqu’à quand les contrats peuvent-ils être signés ?
La date limite pour la signature des contrats et l’exécution des paiements est fixée au 31 décembre 2027, selon la procédure de mise en œuvre.
Existe-t-il un plafond de l’aide ?
Oui. S’agissant d’une aide de minimis, une entreprise unique ne peut pas recevoir plus de 300 000 euros sur une période de trois ans, conformément au règlement (UE) 2023/2831. Les aides perçues antérieurement se cumulent.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 671 du 13 août 2026 16 pages PDF, 100 KB l'acte commence à la page 15

Ouvrir le PDF officielTélécharger le PDF

La visionneuse ne s'affiche pas sur les petits écrans. Utilisez les boutons ci-dessus pour ouvrir ou télécharger le fichier.

Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.