L’essentiel

  • La loi contre la violence dans les stades change de nom et de logique : elle devient la loi relative à la bonne organisation et au bon déroulement des compétitions et des jeux sportifs.
  • Le texte crée les zones « safe standing », sur au moins 10 % de la tribune des supporters locaux dans les stades de niveau national et international, et autorise les spectacles pyrotechniques organisés par des sociétés agréées.
  • Les portes et les issues de secours doivent rester déverrouillées pendant toute la durée du match et être gardées par un agent spécial, tandis que le recours contre une interdiction d’accès suspend l’exécution de la sanction.
Acte : loi n° 154/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 592 du 20 juillet 2026
Entrée en vigueur : 23 juillet 2026

Après Colectiv, toute porte verrouillée dans une salle pleine de monde est un problème de sécurité. La nouvelle loi sur les stades le règle explicitement : tant que des spectateurs sont à l’intérieur, toutes les sorties restent déverrouillées et gardées. La loi n° 154/2026, publiée au Journal officiel de la Roumanie n° 592 du 20 juillet 2026, réécrit la loi n° 4/2008 en dix-neuf points et en change jusqu’au titre. C’est la deuxième loi de cet été à toucher à la relation entre les clubs et les supporters, après celle qui a donné aux sportifs le droit d’être assistés par un avocat au moment du contrat et devant les commissions.

Le changement de titre n’a rien de cosmétique. De loi « relative à la prévention et à la lutte contre la violence lors des compétitions et des jeux sportifs », le texte devient loi « relative à la bonne organisation et au bon déroulement des compétitions et des jeux sportifs ». Toute référence faite dans d’autres textes à l’ancien intitulé s’entend comme faite au nouveau, et la loi doit être republiée avec une numérotation nouvelle.

C’est le passage d’une loi construite autour du supporter traité comme un risque à une loi construite autour de l’organisateur traité comme responsable de la qualité de l’événement.

Les effets concrets

Le premier effet concerne l’évacuation. Les nouveaux alinéas (31) et (32) de l’article 5 obligent l’organisateur à s’assurer que, pendant toute la durée de présence des spectateurs dans le stade, l’ensemble des portes et des issues de sortie, ainsi que toutes les portes qui mènent des zones réservées au public vers le terrain de jeu, restent déverrouillées. Elles sont gardées en permanence par un agent de sécurité, appelé agent spécial, à la fois pour éviter les abus et pour garantir une évacuation immédiate en cas d’urgence.

Le deuxième effet est la création des zones debout. Dans les stades destinés aux compétitions de niveau national et international, au moins 10 % de la capacité de la tribune des supporters locaux peut être aménagée et homologuée en zone « safe standing », avec des systèmes de protection spécifiques. Le but affiché par la loi est d’accroître la sécurité, d’améliorer l’ambiance sportive et de développer la culture participative des supporters.

Le troisième effet est la légalisation des spectacles pyrotechniques. Le nouvel article 101 permet à l’organisateur de proposer des spectacles pyrotechniques, mais uniquement par l’intermédiaire de sociétés spécialisées et agréées, et uniquement dans les stades. Seuls les articles des catégories P1, T1, T2 et P2 sont autorisés, c’est-à-dire les fumigènes, les stroboscopes et les torches à main. Le spectacle se déroule dans une zone réservée, calculée en fonction des distances de sécurité, l’accès n’est ouvert qu’aux personnes habilitées et l’accès des mineurs est strictement interdit. L’autorisation se demande auprès de l’inspection territoriale du travail et de la police.

Le quatrième effet porte sur l’alcool. L’interdiction générale demeure, à l’exception des boissons faiblement alcoolisées, titrant au maximum 5,5 %, servies uniquement dans des gobelets en carton ou en plastique, sans couvercle. Une exception nouvelle apparaît toutefois : dans les loges et les espaces d’hospitalité premium, à accès exclusif et contrôlé, séparés des tribunes ordinaires, des boissons alcoolisées peuvent être servies en formule traiteur, sans limite de degré et y compris dans des récipients en verre. Les interdictions visant les mineurs et les personnes manifestement en état d’ébriété restent en place. L’organisateur doit afficher, à des endroits visibles, des messages sur la consommation responsable.

Le cinquième effet concerne la séparation des supporters. Outre la séparation des groupes rivaux, l’organisateur doit désormais séparer aussi les groupes de supporters d’une même équipe lorsqu’ils relèvent de structures associatives différentes, en leur attribuant des places dans des secteurs distincts et éloignés. Si plusieurs structures soutiennent la même équipe, la séparation se fait par rapport au groupe le plus nombreux.

Le sixième effet relève de l’accessibilité. L’organisateur doit assurer l’accès des personnes à besoins spécifiques, des sanitaires et des places spécialement aménagées, de manière que la vision du spectacle ne soit pas obstruée.

Le septième effet touche aux sanctions. Le recours contre le procès-verbal suspend l’exécution des sanctions appliquées, y compris des sanctions complémentaires, jusqu’à une décision définitive. Le délai de recours est de 15 jours à compter de la remise ou de la notification, et l’alinéa (5) de l’article 47 est abrogé.

Le huitième effet sort du stade. L’article 15, lettre c), de la loi n° 60/1991 sur l’organisation et le déroulement des rassemblements publics est modifié : l’interdiction de vendre des boissons alcoolisées ne s’applique plus dans les périmètres spécialement aménagés et délimités où se tiennent des manifestations culturelles, artistiques et sportives à accès contrôlé, en plus des exceptions déjà prévues pour le réveillon du Nouvel An, les fêtes des communes et les événements de promotion.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Le premier changement est philosophique. La loi de 2008 avait été écrite comme un instrument d’ordre public, et son intitulé le disait sans détour. Le nouveau titre déplace l’accent sur l’organisation, et l’article III précise que les références figurant dans d’autres textes s’entendent comme faites à la nouvelle dénomination.

Le deuxième changement est la sécurité physique. L’obligation de garder toutes les sorties déverrouillées et gardées pendant la présence des spectateurs ne figurait pas dans le texte. La pratique consistant à verrouiller les portes pour empêcher l’entrée sur le terrain relevait jusqu’ici du plan d’action, pas de la loi.

Le troisième changement est la pyrotechnie. Jusqu’à présent, tout matériel pyrotechnique figurait sur la liste des objets interdits, sans la moindre distinction. La nouvelle loi maintient l’interdiction pour les supporters, mais crée un cadre légal pour un spectacle organisé par une société agréée, avec des articles appartenant à des catégories limitées.

Le quatrième changement est le tourniquet. L’obligation d’installer des dispositifs métalliques rotatifs avec système de comptage se limite désormais aux seuls événements à haut risque et aux rencontres internationales, qu’elles concernent des équipes nationales ou des clubs. Auparavant, l’exigence était générale.

Le cinquième changement porte sur les abonnements et les données personnelles. Le nom et le prénom doivent figurer sur chaque abonnement, dans le respect de la législation sur la protection des données. Lors des déplacements dans d’autres localités, les données des supporters ne sont communiquées que sur demande écrite et motivée des structures compétentes, exclusivement pour des personnes identifiées, afin de vérifier une interdiction d’accès ou de clarifier des incidents ponctuels. Le responsable de l’ordre consulte au préalable les représentants des groupes de supporters.

Le sixième changement est procédural et compte pour les personnes sanctionnées. Jusqu’ici, la mise à exécution de l’interdiction d’accès n’était pas suspendue par le recours dans les mêmes termes. Désormais, le recours suspend l’exécution, y compris celle des sanctions complémentaires, jusqu’à la décision définitive.

Ce qui ne change pas, c’est le régime des objets interdits aux spectateurs : flambeaux, torches, feux d’artifice, pétards, matières explosives ou incendiaires, armes, appareils à décharge électrique, substances toxiques ou irritantes et lacrymogènes et objets contondants restent interdits à l’entrée.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • L’obligation de garder toutes les sorties déverrouillées et gardées est la mesure de sécurité la plus importante du texte et répond à un problème réel.
  • Les zones « safe standing » alignent la Roumanie sur la pratique des championnats d’Europe occidentale, avec des systèmes de protection homologués.
  • Le cadre légal des spectacles pyrotechniques peut réduire l’usage de matériel introduit clandestinement, en offrant une solution encadrée.
  • L’accès des personnes à besoins spécifiques, avec des sanitaires et des places sans obstruction, devient une obligation expresse.
  • Limiter la communication des données personnelles des supporters aux demandes écrites et motivées protège une catégorie jusqu’ici étroitement surveillée.
  • La suspension de l’exécution de la sanction pendant le recours évite qu’une personne purge une interdiction annulée par la suite en justice.

Ce qui reste problématique

  • L’exception accordée aux loges premium, où l’on peut servir des alcools forts en bouteille de verre, crée deux régimes différents dans la même enceinte, difficiles à expliquer au public des tribunes populaires.
  • Réserver les tourniquets aux matchs à haut risque et aux rencontres internationales affaiblit le contrôle des accès pour toutes les autres compétitions.
  • La loi ne fixe pas de délai de mise en conformité pour les zones « safe standing » ni pour l’accessibilité, si bien que la mise en œuvre dépend des budgets des clubs.
  • Le statut de l’agent spécial n’est pas détaillé : le texte ne dit ni qui le forme, ni qui l’habilite, ni comment il répond si une porte reste malgré tout verrouillée.
  • La suspension automatique des sanctions complémentaires pendant le recours peut retarder l’éloignement du stade de personnes dangereuses.
  • La republication de la loi est annoncée, mais sans échéance, et d’ici là les praticiens travaillent avec un texte modifié en dix-neuf points.

Conseils pratiques

  1. Si vous êtes un club ou un organisateur, vérifiez avant chaque match que toutes les portes et issues de secours sont déverrouillées et que chacune dispose d’un agent spécial désigné. C’est l’obligation nouvelle la plus directe.
  2. Intégrez le spectacle pyrotechnique au plan d’action et obtenez les autorisations de l’inspection territoriale du travail et de la police. Sans elles, le spectacle n’est pas légal.
  3. Vérifiez le classement des articles pyrotechniques. Seules les catégories P1, T1, T2 et P2 sont autorisées, c’est-à-dire les fumigènes, les stroboscopes et les torches à main.
  4. Pour les zones « safe standing », l’homologation se fait dans le respect des normes de sécurité des autorités et des règlements des fédérations. Lancez la démarche à temps, pas une semaine avant le match.
  5. Sur les abonnements, imprimez le nom et le prénom de l’abonné et tenez un registre clair des abonnés, dans le respect des règles de protection des données.
  6. Ne communiquez de données personnelles de supporters que sur demande écrite et motivée, pour des personnes identifiées. La transmission de listes entières n’a plus de fondement.
  7. Si vous avez reçu une interdiction d’accès au stade, formez un recours dans les 15 jours suivant la remise ou la notification du procès-verbal. Le recours suspend l’exécution jusqu’à la décision définitive.
  8. Pour les loges premium, délimitez physiquement la zone, contrôlez l’accès et organisez la collecte des récipients. L’exception ne fonctionne que dans ces conditions.

Questions fréquentes

Comment s’appelle désormais la loi ?
Loi n° 4/2008 relative à la bonne organisation et au bon déroulement des compétitions et des jeux sportifs. Toute référence à l’ancien intitulé s’entend comme faite au nouveau.
Que signifie « safe standing » ?
Il s’agit de zones destinées à suivre le match debout, aménagées et homologuées avec des systèmes de protection spécifiques. Dans les stades de niveau national et international, au moins 10 % de la capacité de la tribune des supporters locaux peut être aménagée de la sorte.
Peut-on utiliser des torches dans le stade ?
Uniquement dans le cadre d’un spectacle pyrotechnique organisé par une société spécialisée et agréée, avec des articles des catégories autorisées et dans une zone réservée. Pour les spectateurs, les flambeaux, les torches, les feux d’artifice et les pétards restent des objets interdits.
Vend-on de l’alcool dans le stade ?
Oui, des boissons faiblement alcoolisées, titrant au maximum 5,5 %, dans des gobelets en carton ou en plastique sans couvercle. Dans les loges et les espaces d’hospitalité premium, à accès exclusif et contrôlé, des boissons alcoolisées peuvent être servies sans limite de degré, y compris dans des récipients en verre.
Les portes du stade doivent-elles rester ouvertes ?
Déverrouillées, pendant toute la durée de présence des spectateurs dans le stade, et gardées en permanence par un agent spécial. La règle vaut aussi bien pour les sorties du stade que pour les portes menant au terrain de jeu.
Que se passe-t-il si je conteste une interdiction d’accès ?
Le recours se forme dans les 15 jours suivant la remise ou la notification du procès-verbal et suspend l’exécution des sanctions appliquées, y compris des sanctions complémentaires, jusqu’au prononcé d’une décision définitive.
Les tourniquets restent-ils obligatoires à tous les matchs ?
Non. L’installation de dispositifs métalliques rotatifs avec système de comptage n’est obligatoire que pour les événements sportifs à haut risque et pour les rencontres internationales, qu’il s’agisse d’équipes nationales ou de clubs.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 592 du 20 juillet 2026 32 pages PDF, 179 KB l'acte commence à la page 6

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.