L’essentiel
- L’État lance le Programme national d’accessibilité des logements « Un ascenseur pour la vie », par lequel les mairies installent des ascenseurs, des plateformes élévatrices, des escaliers mécanisés ou des rampes dans les immeubles de 3 étages ou plus qui n’ont pas été construits avec ascenseur.
- Il vise en premier lieu les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, les personnes en situation de handicap locomoteur et les familles avec de jeunes enfants habitant à l’étage, dans des immeubles dont les associations de copropriétaires signent un contrat de mandat avec la mairie.
- Le financement est non remboursable, sur fonds européens et sur le budget de l’État ; les 18 premiers mois constituent un projet pilote portant sur 100 immeubles au maximum, à raison de deux par chef-lieu de département.
Publié : J.O. n° 592 du 20 juillet 2026
Entrée en vigueur : 19 août 2026
Les vieux immeubles sans ascenseur, construits surtout dans les années 1960-1980, reçoivent un outil juridique et financier dédié. La loi n° 153/2026 relative à la réglementation du Programme national d’accessibilité des logements — « Un ascenseur pour la vie », promulguée par le décret n° 428/2026 et publiée au Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 592 du 20 juillet 2026, instaure un programme pluriannuel permettant aux autorités locales d’installer des ascenseurs, des plateformes élévatrices, des escaliers mécanisés ou des rampes d’accès dans les copropriétés d’au moins trois niveaux hors sol qui n’ont pas été dotées d’un ascenseur dans le projet initial. La loi intervient quelques jours après la modification des conditions de TVA réduite pour un premier logement, dans le même train de mesures législatives de l’été 2026 touchant directement le marché du logement.
Le programme est coordonné par le ministère du Développement, des Travaux publics et de l’Administration (MDLPA) et le ministère des Investissements et des Projets européens (MIPE), et s’applique aussi aux copropriétés situées dans des zones bâties protégées, dans le respect de la législation sur la protection des monuments historiques. En sont exclus les bâtiments classés ou en cours de classement comme monuments historiques, ainsi que ceux classés, par expertise technique, en classe de risque sismique RsI ou RsII — pour ces derniers, la loi permet toutefois d’intégrer les travaux d’accessibilité au programme de renforcement parasismique.
Les effets concrets
Qui met en œuvre le programme et comment il s’active. Le programme est mis en œuvre par les collectivités territoriales (mairies), qui ont la qualité de bénéficiaire et réalisent les investissements au nom des associations de copropriétaires. Le lien entre la mairie et l’immeuble s’établit par un contrat de mandat, signé soit par l’association de copropriétaires, soit, à défaut, par au moins deux tiers des propriétaires des logements et deux tiers des propriétaires des espaces à autre usage de la copropriété.
Un financement non remboursable, par étapes. L’argent provient de fonds européens dédiés au logement, de transferts du budget de l’État via le budget du MDLPA, des budgets locaux et, le cas échéant, de dons ou de parrainages. Au cours des 18 premiers mois suivant l’entrée en vigueur de la loi, le financement est assuré en priorité par des fonds européens, dans le cadre d’un projet pilote visant l’accessibilité de 100 copropriétés au maximum — à raison de deux par chef-lieu de département ou subdivision administrative-territoriale de Bucarest. Ce n’est qu’après ce pilote que le programme entre dans sa deuxième étape, d’extension à toutes les copropriétés éligibles du pays, financée sur le budget de l’État.
Qui est prioritaire. Une copropriété peut entrer dans le programme si, à un étage autre que le rez-de-chaussée, réside au moins une personne âgée, une personne à mobilité réduite, une personne en situation de handicap locomoteur ou une famille avec un enfant en bas âge ou d’âge préscolaire. La sélection tient compte du nombre de ces personnes dans l’immeuble (plus il y en a, plus la priorité est élevée), du nombre d’étages du bâtiment (les immeubles plus hauts sont prioritaires) et de l’année de construction — les bâtiments construits après l’entrée en vigueur de la norme n° 23/IX du 15 juin 1978 sont prioritaires.
Solutions techniques acceptées. Outre l’ascenseur proprement dit, la loi accepte aussi des solutions alternatives ou complémentaires — escaliers mécanisés, plateformes élévatrices ou rampes d’accès — là où l’installation d’un ascenseur n’est pas possible. Les travaux doivent garantir un espace technique adéquat (dans la cage d’escalier ou, si cela n’est pas possible, à l’extérieur du bâtiment), respecter les normes d’accessibilité et les exigences de résistance, de sécurité incendie et de santé de la loi n° 10/1995, avec une consommation d’énergie réduite, sans porter atteinte aux caractéristiques architecturales de l’immeuble.
Autorisation simplifiée. Les travaux d’accessibilité bénéficient d’un régime d’autorisation simplifié : les taxes habituelles prévues par le Code fiscal ne sont pas perçues, et pour les interventions sur les parties communes ou sur le domaine public attenant à la copropriété, le permis de construire est délivré sans titre de propriété sur l’immeuble, sans extrait de plan cadastral et sans extrait du livre foncier à titre informatif. La loi modifie à cet effet la loi n° 50/1991, en introduisant la possibilité de délivrer un permis de construire sans documentation d’urbanisme complète, lorsque les travaux ne changent pas la destination du bâtiment et respectent les normes techniques d’accessibilité.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
- Il n’existait pas de programme national dédié : jusqu’à présent, l’installation d’un ascenseur dans un vieil immeuble relevait, en pratique, exclusivement de l’association de copropriétaires ou dépendait de programmes locaux disparates, sans financement européen ou étatique explicitement dédié à cet objectif.
- L’autorisation était lourde : les travaux d’installation d’un ascenseur dans un immeuble existant nécessitaient, en règle générale, une documentation d’urbanisme complète, des taxes et, souvent, des extraits du livre foncier pour les parties communes ; la nouvelle loi simplifie considérablement ce parcours pour les travaux d’accessibilité.
- Le renforcement parasismique et la réhabilitation thermique étaient dissociés de l’accessibilité : la loi n° 212/2022 (risque sismique) et l’ordonnance d’urgence n° 18/2009 (performance énergétique) ne permettaient pas explicitement d’intégrer les travaux d’installation d’ascenseurs dans le même projet ; la loi introduit désormais de nouveaux articles dans ces deux textes, permettant de réaliser les travaux d’accessibilité en même temps que ceux de renforcement ou de réhabilitation thermique.
- Il n’existait pas de mécanisme unifié de priorisation : les décisions relatives aux immeubles bénéficiant d’un ascenseur dépendaient des ressources et des priorités propres à chaque mairie ; la loi introduit des critères d’éligibilité et de priorité valables au niveau national.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- Un financement non remboursable pour les associations de copropriétaires, qui n’ont plus à supporter seules le coût intégral d’un ascenseur neuf, souvent prohibitif pour les petits budgets des vieux immeubles.
- Des critères d’éligibilité clairs, centrés sur les personnes âgées, en situation de handicap ou à mobilité réduite, les plus touchées par l’absence d’ascenseur dans les immeubles sans rez-de-chaussée accessible.
- La possibilité de combiner les travaux d’accessibilité avec des travaux de renforcement parasismique ou de réhabilitation thermique déjà programmés ou en cours, permettant de gagner du temps et de l’argent.
- Le régime d’autorisation simplifié raccourcit un parcours administratif qui, en pratique, pouvait durer des mois, voire des années, avant que les travaux ne débutent réellement.
Ce qui reste problématique
- Le projet pilote ne vise que 100 copropriétés au maximum à l’échelle nationale, sur les 18 premiers mois — une fraction infime des immeubles sans ascenseur en Roumanie, et l’étape d’extension nationale dépend des fonds disponibles au budget de l’État, année après année.
- La plateforme électronique de dépôt des demandes de financement n’ouvrira qu’« une fois le programme inscrit dans la loi de finances », sans échéance ferme fixée par la loi.
- Les normes méthodologiques précisant exactement les modalités d’application du programme (documents requis, catégories de dépenses éligibles) ne sont pas encore publiées — la loi leur accorde un délai de 90 jours à compter de son entrée en vigueur, soit vers la mi-novembre 2026.
- Les associations de copropriétaires restent responsables de toutes les dépenses d’exploitation, d’entretien et de révision de l’ascenseur une fois installé, ce qui peut engendrer de nouvelles charges mensuelles.
Conseils pratiques
- Vous habitez un immeuble de 3 étages ou plus sans ascenseur, avec des personnes âgées ou en situation de handicap à l’étage : discutez au sein de votre association de copropriétaires de l’adoption d’une résolution d’inscription au programme, et préparez le tableau nominatif avec l’accord écrit des propriétaires, exigé pour le contrat de mandat avec la mairie.
- Vous êtes président d’une association de copropriétaires : contactez tôt votre mairie pour savoir si votre commune compte déposer des candidatures pour le projet pilote, car le nombre de copropriétés éligibles est limité à deux par chef-lieu de département lors de cette première étape.
- Vous travaillez à l’administration d’une mairie ayant des immeubles sans ascenseur sur son territoire : préparez dès maintenant l’inventaire de ces bâtiments, exigé par la loi dans un délai de 6 mois à compter de son entrée en vigueur (jusqu’au 19 février 2027), structuré selon le nombre d’étages, la période de construction et les solutions constructives.
- Vous avez un immeuble classé en risque sismique RsI ou RsII, ou visé par des travaux de réhabilitation thermique : vérifiez si vous pouvez inclure l’installation de l’ascenseur dans le même projet de renforcement ou d’isolation thermique, une option désormais explicitement introduite par la loi et pouvant réduire le coût total.
Questions fréquentes
Qui paie l’ascenseur installé par le Programme « Un ascenseur pour la vie » ?
Quels immeubles sont éligibles au programme ?
Quand le programme démarre-t-il concrètement ?
Comment déposer une demande d’installation d’ascenseur ?
Qui devient propriétaire de l’ascenseur une fois installé ?
Peut-on combiner l’ascenseur avec d’autres travaux, comme le renforcement parasismique ou la réhabilitation thermique ?
Le Programme « Un ascenseur pour la vie » n’est pas la seule intervention de 2026 sur le parc de logements anciens. Début juillet, le ministère du Développement a modifié les règles de renforcement parasismique, de sorte que les immeubles endommagés par des explosions ou des incendies puissent intégrer le programme sans les critères d’éligibilité habituels.
Texte original de l’acte normatif
Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de la loi n° 153/2026, tel que publié au Journal officiel de Roumanie, Partie I, n° 592 du 20 juillet 2026, accompagné du décret de promulgation n° 428/2026. Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la langue officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 592 du 20 juillet 2026 32 pages PDF, 179 KB l'acte commence à la page 2
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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.
