L’essentiel

  • Les entreprises publiques qui avaient des arriérés de paiement au 31 décembre 2025, mais sans enregistrer de pertes à la même date, peuvent de nouveau demander au Gouvernement l’autorisation de pourvoir les postes vacants et d’augmenter leurs effectifs. La condition : au 30 août 2026, elles ne doivent plus avoir d’arriérés et ne doivent prévoir ni pertes ni impayés pour l’ensemble de l’année.
  • Les ministères et les autres institutions qui gèrent un budget sont autorisés à déplacer les crédits d’engagement d’un titre de dépenses à un autre, lorsque le contrat signé en 2026 s’est en réalité retrouvé sur un titre différent de celui prévu au départ. Les sommes dégagées ne peuvent pas servir à de nouvelles dépenses.
  • Les fonds européens non remboursables inscrits au budget du ministère des Finances peuvent être redirigés vers l’injection de capital dans la Banque nationale de développement, l’investissement 11 du volet prêts du PNRR.
Acte : loi n° 173/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 672 du 13 août 2026
Entrée en vigueur : le 16 août 2026

Une entreprise publique qui avait payé à temps ses dettes envers le budget de l’État, mais qui avait pris du retard sur ses factures fournisseurs, ne pouvait pas, jusqu’à présent, demander au Gouvernement l’autorisation d’embaucher. La loi n° 173/2026 lui rouvre la porte, avec une date butoir : le 30 août 2026. L’acte a été publié au Journal officiel de la Roumanie n° 672 du 13 août 2026 et promulgué le même jour par le décret du Président de la Roumanie n° 724/2026. Elle s’ajoute à une série de lois de mesures budgétaires adoptées cet été, parmi lesquelles la loi n° 171/2026, qui a débloqué les réserves d’État de pétrole brut et le capital de la Banque d’investissement et de développement.

La loi ne crée pas de réglementation entièrement nouvelle. En quatre articles brefs, elle complète trois ordonnances d’urgence déjà en vigueur et ajoute une règle de redistribution budgétaire. Le dénominateur commun est la souplesse : l’État se ménage une marge de manœuvre dans l’exécution du budget 2026, une année où les règles d’austérité salariale, fixées en décembre 2025, se sont révélées par endroits trop rigides.

Le changement le plus visible concerne les entreprises publiques. L’ordonnance d’urgence n° 89/2025, l’acte qui a fixé le régime des dépenses de personnel pour 2026, n’autorisait le pourvoi des postes vacants et l’augmentation des effectifs que pour deux catégories d’opérateurs économiques : ceux qui n’avaient ni pertes ni arriérés de paiement à la fin de 2025, et ceux qui accusaient des pertes ou des arriérés, mais les compensaient par une hausse correspondante des produits d’exploitation. La loi ajoute une troisième catégorie.

Les trois autres articles sont techniques, mais ils ont un effet direct sur les projets financés par des fonds européens : le premier débloque le réengagement des crédits du programme SAFE de financement de l’industrie de défense, le deuxième lève un blocage de procédure de la Compagnie nationale des investissements, le troisième permet d’alimenter le capital de la Banque nationale de développement à partir de fonds européens non remboursables.

Les effets concrets

Une troisième voie d’accès à l’embauche s’ouvre dans les entreprises publiques. L’article III introduit, aux alinéas (3) et (4) de l’article XXXVI de l’ordonnance d’urgence n° 89/2025, un point c) identique dans les deux : les opérateurs économiques qui ont enregistré des arriérés de paiement au 31 décembre 2025 sans enregistrer de pertes à la même date. L’alinéa (3) porte sur le pourvoi des postes restés vacants à la fin de 2025, l’alinéa (4) sur l’augmentation effective des effectifs en cas de développement de l’activité.

La condition a une date fixe et ne se négocie pas. Au 30 août 2026, l’entreprise ne doit plus enregistrer d’arriérés de paiement et, en outre, elle ne doit prévoir pour toute l’année 2026 ni pertes ni arriérés. Les exigences sont cumulatives et s’apprécient au 30 août 2026, et non au moment du dépôt de la demande.

L’autorisation reste du ressort du Gouvernement, par mémorandum. La loi ne transforme pas le droit d’embaucher en un droit automatique. L’article XXXVI continue d’exiger une analyse dûment justifiée et un mémorandum approuvé par le Gouvernement. Le nouveau point c) ne fait qu’élargir la liste de ceux qui ont le droit de déposer la demande.

Les ordonnateurs principaux de crédits peuvent déplacer les crédits d’engagement entre titres de dépenses. Le nouvel article 810 de l’ordonnance d’urgence n° 62/2025 vise les crédits d’engagement inscrits aux budgets conformément à l’article 68, alinéa (1), de la loi de finances pour 2026. Si l’engagement juridique a été conclu, en cours d’année, sur un autre titre de dépenses que celui prévu, l’ordonnateur peut dégager les fonds et les réengager sur le nouveau titre.

Les sommes dégagées restent bloquées pour tout autre usage. L’alinéa (2) du même article précise explicitement que ces crédits d’engagement ne peuvent pas servir à engager de nouvelles dépenses, ne peuvent pas être virés vers d’autres titres et ne peuvent pas être reversés au Fonds de réserve budgétaire à la disposition du Gouvernement. Il s’agit d’une opération de correction comptable, pas d’une source d’argent supplémentaire.

La Compagnie nationale des investissements obtient un mécanisme de mise en œuvre clair. L’article II réécrit l’alinéa (14) de l’article 9 de l’ordonnance d’urgence n° 133/2021 relative aux fonds européens 2021-2027. Par dérogation à l’ordonnance du Gouvernement n° 25/2001, le mécanisme de mise en œuvre est fixé par l’accord de mise en œuvre conclu avec le chef de file du partenariat, et les dépenses de la compagnie sont éligibles dans les conditions prévues par le contrat ou la décision de financement et par cet accord.

Le capital de la Banque nationale de développement peut être alimenté par des fonds européens non remboursables. L’article IV permet de redistribuer des crédits budgétaires depuis l’article 01 « Fonds européens non remboursables » du budget du ministère des Finances, Actions générales, vers l’article 16 « Sommes afférentes à l’investissement 11, Injection de capital dans la Banque nationale de développement », dans les conditions de l’article 59 de la loi de finances pour 2026.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

Le régime des dépenses de personnel dans les entreprises publiques a été fixé en décembre 2025, par l’article XXXVI de l’ordonnance d’urgence n° 89/2025. La règle de base est le maintien des droits salariaux au niveau du 30 novembre 2025, avec une seule exception automatique, la hausse du salaire minimum. Tout le reste, augmentation des dépenses salariales, pourvoi de postes vacants ou hausse des effectifs, exige un mémorandum approuvé par le Gouvernement.

Jusqu’à aujourd’hui, seules deux catégories d’entreprises pouvaient prétendre au pourvoi des postes vacants et à l’augmentation des effectifs. La première : celles qui n’ont enregistré ni pertes ni arriérés de paiement au 31 décembre 2025 et qui n’en prévoient pas en 2026. La seconde : celles qui ont enregistré des pertes ou des arriérés, à condition que ces montants se traduisent par une hausse correspondante des produits d’exploitation.

Entre les deux subsistait une catégorie sans solution : l’entreprise rentable, mais dont les factures n’étaient pas réglées à l’échéance. Elle ne remplissait pas la première condition, puisqu’elle avait des arriérés, et elle ne correspondait pas non plus à la seconde, construite autour de la couverture de ces montants par des recettes d’exploitation supplémentaires. Le nouveau point c) comble précisément ce vide, mais il impose en contrepartie une preuve concrète : les arriérés doivent disparaître d’ici au 30 août 2026.

Pour les crédits d’engagement, la situation antérieure était un blocage technique. L’ordonnance d’urgence n° 62/2025, l’acte qui met en œuvre l’instrument européen SAFE pour l’industrie de défense, ne prévoyait pas ce qui se passe lorsque l’engagement juridique se retrouve sur un titre de dépenses autre que celui inscrit au budget. Le cadre général de l’emprunt SAFE avait été approuvé cet été par la loi n° 167/2026, qui ratifie l’emprunt de 16,68 milliards d’euros. Le nouvel article 810 règle la situation, mais avec l’interdiction expresse d’utiliser cet argent à d’autres fins.

À la Compagnie nationale des investissements, l’alinéa (14) renvoyait auparavant à la règle générale de l’ordonnance du Gouvernement n° 25/2001 portant création de la compagnie. La nouvelle rédaction déplace la source du mécanisme de mise en œuvre vers l’accord signé avec le chef de file du partenariat, ce qui compte pour les projets où la compagnie est partenaire et non bénéficiaire direct.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Les entreprises publiques rentables, mais avec des factures en souffrance, peuvent pourvoir leurs postes vacants sans attendre une réforme de fond du régime d’austérité.
  • La condition posée, l’apurement des arriérés d’ici au 30 août 2026, pousse les entreprises à payer leurs fournisseurs, et pas seulement à demander des autorisations.
  • Le réengagement des crédits sur le bon titre supprime un blocage purement comptable pour des contrats déjà signés dans le cadre du programme SAFE.
  • L’interdiction d’utiliser les sommes dégagées pour de nouvelles dépenses maintient le plafond de dépenses intact, la souplesse ne coûte donc rien de plus au budget.
  • La Compagnie nationale des investissements dispose d’une base légale claire pour ses dépenses dans les projets européens menés en partenariat.
  • La capitalisation de la Banque nationale de développement à partir de fonds non remboursables accélère un investissement déjà inscrit dans le PNRR.

Ce qui reste problématique

  • Le délai du 30 août 2026 est très court pour une entreprise qui doit apurer l’intégralité de ses arriérés : la loi entre en vigueur le 16 août, il ne reste donc que deux semaines.
  • La loi ne dit pas qui vérifie la situation au 30 août, ni ce qui se passe si les arriérés réapparaissent après cette date.
  • L’autorisation reste discrétionnaire, par mémorandum du Gouvernement, aucune entreprise n’a donc la certitude de l’obtenir, même si elle remplit les conditions.
  • L’exigence de ne prévoir aucune perte sur toute l’année 2026 est une projection, pas un fait vérifiable à la date de la demande, ce qui laisse place à l’interprétation.
  • Le texte se lit difficilement sans avoir les trois ordonnances sous les yeux, car il ne reprend pas le contexte qu’il modifie.
  • La redistribution de crédits vers le capital de la Banque nationale de développement réduit d’autant les sommes disponibles à l’article des fonds européens non remboursables.

Conseils pratiques

  1. Si vous travaillez dans une entreprise publique dont les postes vacants sont bloqués, vérifiez immédiatement la situation des arriérés de paiement au 31 décembre 2025. S’il y avait des arriérés, mais pas de pertes, l’entreprise relève du nouveau point c).
  2. Fixez le 30 août 2026 comme échéance interne de paiement de toutes les factures en souffrance. La condition est vérifiée à cette date, et non à la date de dépôt du mémorandum.
  3. Préparez à l’avance l’analyse dûment justifiée exigée par l’article XXXVI. Sans elle, le Gouvernement n’a rien à approuver, quelles que soient les conditions financières remplies.
  4. Intégrez au dossier la projection pour toute l’année 2026, qui doit afficher zéro perte et zéro arriéré de paiement. C’est une exigence distincte de la situation au 30 août.
  5. Si vous êtes ordonnateur principal de crédits, recensez les engagements juridiques conclus en 2026 sur des titres autres que ceux budgétés. Ils peuvent être dégagés puis réengagés sur le bon titre.
  6. Ne bâtissez aucun plan sur les crédits dégagés. Ils ne peuvent pas financer de nouvelles dépenses, ni être virés vers d’autres titres, ni aller au Fonds de réserve.
  7. Si vous êtes partenaire dans un projet européen avec la Compagnie nationale des investissements, relisez l’accord de mise en œuvre. C’est désormais là que le mécanisme est fixé, et l’éligibilité des dépenses en dépend.

Questions fréquentes

Quelles entreprises sont visées par la nouvelle règle sur les embauches ?
Les opérateurs économiques soumis à l’ordonnance du Gouvernement n° 26/2013 relative à la discipline financière, c’est-à-dire les sociétés dont l’État ou les collectivités territoriales sont actionnaires uniques ou majoritaires, ou détiennent, directement ou indirectement, une participation majoritaire. Le nouveau point c) s’adresse à celles qui avaient des arriérés de paiement au 31 décembre 2025, mais pas de pertes à la même date.
L’entreprise peut-elle embaucher automatiquement après le 16 août ?
Non. La loi ne fait que l’ajouter à la liste de celles qui peuvent demander l’accord du Gouvernement. Le pourvoi des postes vacants et l’augmentation des effectifs restent soumis à une approbation par mémorandum, sur la base d’une analyse dûment justifiée.
Que se passe-t-il si les arriérés ne sont pas apurés d’ici au 30 août 2026 ?
La condition du point c) n’est pas remplie, l’entreprise ne peut donc pas se prévaloir de ce fondement. La loi ne prévoit ni date alternative ni procédure de prolongation.
Que signifie le dégagement des crédits d’engagement ?
C’est l’opération par laquelle les fonds réservés sur un titre de dépenses donné sont libérés, puis inscrits sur le titre où l’engagement juridique a effectivement été conclu. Le montant total n’augmente pas, il se déplace simplement à l’intérieur du budget du même ordonnateur.
Les crédits dégagés peuvent-ils financer d’autres projets ?
Non. L’alinéa (2) du nouvel article 810 interdit expressément de les utiliser pour engager de nouvelles dépenses, de les virer vers d’autres titres et de les reverser au Fonds de réserve budgétaire à la disposition du Gouvernement.
Qu’est-ce que l’investissement 11 du PNRR mentionné dans la loi ?
L’injection de capital dans la Banque nationale de développement, financée par le volet prêts du Plan national de redressement et de résilience. La loi permet que des sommes inscrites à l’article des fonds européens non remboursables du budget du ministère des Finances y soient redistribuées, dans les conditions de l’article 59 de la loi de finances pour 2026.
Quand la loi entre-t-elle en vigueur ?
Le 16 août 2026. Les lois entrent en vigueur trois jours après leur publication au Journal officiel de la Roumanie, délai calculé en jours calendaires à compter du jour de la publication, conformément à l’article 12 de la loi n° 24/2000.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 672 du 13 août 2026 16 pages PDF, 111 KB l'acte commence à la page 2

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.