L’essentiel
- Le statut de la profession de praticien de l’insolvabilité et le code de déontologie ont été republiés sous forme consolidée, après 123 points de modification adoptés par le Congrès de l’Union le 8 mai 2026. C’est la troisième republication en moins de deux ans.
- Les changements les plus importants : le praticien n’engage plus sa responsabilité pénale pour les propos tenus de bonne foi devant le tribunal et ne peut pas être condamné aux dépens dans les actions relevant de la procédure d’insolvabilité. En contrepartie, il reçoit de nouvelles obligations de transparence et deux fautes disciplinaires supplémentaires.
- Le versement de la quote-part de 2 % des sommes recouvrées se déclare sur le portail UNPIR SEDIS dans un délai de 3 jours. L’utilisation des bases de données ANCPI, Patrimven, DRPCIV ou ONRC à d’autres fins que le dossier d’insolvabilité est sanctionnée par une amende de 1 000 à 10 000 lei et par la coupure de l’accès.
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 579 du 15 juillet 2026
Republié le : 15 juillet 2026
Si votre entreprise est entrée en insolvabilité, la personne qui gère la procédure travaille selon un ensemble de règles qui vient d’être modifié en 123 points. Le texte consolidé a été publié le 15 juillet 2026 et occupe 42 pages du Journal officiel de la Roumanie. Le statut relatif à l’organisation et à l’exercice de la profession de praticien de l’insolvabilité, ainsi que le code de déontologie professionnelle et de discipline, sont republiés au Journal officiel de la Roumanie n° 579 du 15 juillet 2026, sur le fondement de la décision du Congrès de l’Union nationale des praticiens de l’insolvabilité de Roumanie n° 3/2026. Le texte concerne les administrateurs judiciaires et les liquidateurs, mais aussi les débiteurs et les créanciers qui se retrouvent face à eux, y compris les sociétés en procès qui ne peuvent pas obtenir l’exonération du droit de timbre, pas même en liquidation.
La republication n’est pas une simple réimpression. Elle intervient après les modifications adoptées par le Congrès de l’Union, réuni à Bucarest le 8 mai 2026 et publiées au Journal officiel de la Roumanie n° 470 du 4 juin 2026. Les textes ont reçu une nouvelle numérotation : les renvois figurant dans les contrats, dans les décisions de justice ou dans les procédures internes rédigées avant cette date peuvent donc ne plus correspondre.
C’est la troisième fois en moins de deux ans que le statut paraît sous forme republiée. Les deux premières ont eu lieu au Journal officiel de la Roumanie n° 1108 du 6 novembre 2024 et au Journal officiel de la Roumanie n° 1113 du 3 décembre 2025. Ce rythme en dit long sur la fréquence à laquelle les règles de cette profession sont réécrites.
Les effets concrets
Toujours sur ce que les membres d’une profession réglementée doivent à leur ordre, la décision par laquelle les auditeurs financiers salariés passent à une cotisation fixe de 1 000 lei par an.
Le premier effet est une protection nouvelle pour le praticien dans la salle d’audience. L’art. 11 prévoit désormais que le praticien de l’insolvabilité n’engage pas sa responsabilité pénale pour les propos formulés oralement ou par écrit devant les tribunaux, les organes de poursuite pénale ou d’autres organes administratifs à compétence juridictionnelle, lorsque ces propos soutiennent la position du débiteur qu’il représente ou qu’il surveille, ou lorsqu’ils se rattachent aux consultations données aux participants à la procédure. La condition est qu’ils soient tenus de bonne foi et dans le respect de la loi et de la déontologie professionnelle.
Le deuxième effet est l’exemption des dépens. Le même art. 11 ajoute que, pour les actions engagées dans l’exercice des attributions prévues par la loi n° 85/2014, le praticien ne peut pas être condamné au paiement des dépens. Le changement a des conséquences directes : un administrateur judiciaire qui perd une action en annulation ne risque plus de payer les honoraires de l’avocat de la partie adverse sur ses propres deniers.
Le troisième effet rend public le suivi de l’argent du fonds de liquidation. L’art. 21 lettre l) oblige le praticien à enregistrer et à publier sur le portail de données UNPIR SEDIS, module Fonds de liquidation, la déclaration relative au versement de la quote-part de 2 % des sommes recouvrées dans les procédures d’insolvabilité. Le délai est de 3 jours à compter de la date du virement et, en tout état de cause, jusqu’à la fin du mois au cours duquel le paiement a été effectué.
Le quatrième effet est une faute disciplinaire nouvelle, liée aux bases de données de l’État. Le point 26 de l’art. 124 sanctionne l’utilisation des informations obtenues au moyen des applications ANCPI, Patrimven, DRPCIV ou ONRC à d’autres fins que la gestion des dossiers d’insolvabilité. La sanction est pécuniaire, de 1 000 à 10 000 lei, et l’art. 127 al. (6) prévoit que l’accès à l’application est suspendu immédiatement, à titre provisoire, jusqu’à l’instruction de la faute, et qu’il peut être retiré définitivement par décision.
Le cinquième effet lie la formation continue au droit d’exercer. Le point 25 du même article érige en faute le non-respect de l’obligation de participer aux cours de formation professionnelle continue. Selon l’art. 126, ce comportement est sanctionné par la suspension de la qualité de praticien pour une durée de 3 mois à un an.
Le sixième effet porte sur les offres d’honoraires. Le code de déontologie présume désormais l’atteinte à l’indépendance dans deux situations nouvelles : lorsque le praticien accepte des honoraires conditionnés à la satisfaction d’une exigence individuelle d’un créancier déterminé, ce qui rompt le caractère unitaire et égalitaire de la procédure, et lorsqu’il demande des honoraires dérisoires au regard des critères de l’art. 38 de l’ordonnance d’urgence du Gouvernement n° 86/2006.
Le septième effet ajoute une obligation de divulgation envers le tribunal. Le praticien doit communiquer au tribunal, dans le cadre de l’offre ou ultérieurement, par publication au Bulletin des procédures d’insolvabilité et dépôt au dossier, toute situation présentant un risque d’incompatibilité ou une obligation présumée d’abstention, ainsi que tout élément qui ressort de sa vérification permanente et qui serait de nature à affecter les principes du code de déontologie.
Ce qui change par rapport à la situation antérieure
Les modifications ont été adoptées par la décision du Congrès n° 3/2026, comptant 123 points, et la republication du 15 juillet ne fait que les incorporer. Les plus visibles relèvent de trois directions : le statut du praticien face au tribunal, la numérisation des registres et la discipline.
Sur le statut, l’art. 8 al. (2) précise désormais que le praticien ne peut pas organiser son activité simultanément sous plusieurs formes d’organisation et ne peut être associé que dans une seule société professionnelle, à l’exception des filiales de la société professionnelle à responsabilité limitée dans laquelle il est déjà associé. L’art. 13 al. (5^2) impose à ceux qui se retirent de la forme d’organisation ou qui perdent leur qualité d’associé, de salarié ou de collaborateur de mettre à jour leur statut dans un délai de 30 jours. Celui qui ne le fait pas est versé d’office parmi les membres incompatibles.
Sur les honoraires, l’art. 12 lettre k) rattache expressément l’offre au standard de coût et aux critères de complexité de l’art. 38 de l’ordonnance. Les formes possibles restent les honoraires fixes, les honoraires de résultat ou une combinaison des deux, mais le point de repère n’est plus libre.
Du côté des examens, l’annexe n° 1 fixe la note minimale d’admission à 7, l’affichage des résultats dans un délai maximal de 5 jours ouvrables à compter de l’épreuve, le dépôt des contestations dans un délai maximal de deux jours ouvrables à compter de l’affichage et leur examen dans un délai maximal de 15 jours calendaires, par une commission de 3 membres, avec retraitement des grilles pour toutes les contestations reçues.
Sur le plan disciplinaire, au-delà des deux fautes nouvelles, l’art. 127 al. (3) maintient la règle sévère du défaut de paiement : la sanction pécuniaire non acquittée dans un délai de 90 jours entraîne la suspension de la profession pour une durée de 3 à 6 mois, avec réactivation de plein droit si les arriérés sont intégralement réglés avant l’expiration de cette période. Les sommes provenant des amendes constituent une recette du budget de la filiale et de celui de l’Union, à parts égales.
La convocation du Congrès est désormais annoncée par la publication de l’avis de convocation sur le site de l’Union, au moins 30 jours à l’avance, et les filiales ont l’obligation d’en informer leurs membres. Les modèles d’actes figurant en annexe, parmi lesquels la décision de création du cabinet individuel, ont eux aussi été remplacés.
Avantages et inconvénients
Ce que cela améliore
- La protection contre la responsabilité pénale pour les propos tenus de bonne foi permet au praticien de défendre la position du débiteur sans avoir à calculer le risque d’un dossier pénal.
- L’interdiction de le condamner aux dépens supprime une pression financière qui décourageait les actions en annulation, c’est-à-dire précisément l’instrument par lequel des actifs sont récupérés au profit des créanciers.
- La publication en 3 jours de la déclaration relative à la quote-part de 2 % rend vérifiable une circulation d’argent qui, jusqu’ici, était contrôlée par sondage.
- La sanction de l’usage abusif des bases de données de l’État répond à un problème réel : un accès à des données personnelles obtenu pour un dossier et utilisé ailleurs.
- Le fait de lier la formation continue au droit d’exercer relève le niveau dans une profession dont les règles changent chaque année.
- Les nouvelles présomptions d’atteinte à l’indépendance visent deux pratiques bien connues du marché : les honoraires de complaisance consentis à un créancier déterminé et l’offre dérisoire faite pour emporter le dossier.
Ce qui reste problématique
- Une troisième republication en moins de deux ans signifie que tout renvoi à un article figurant dans un contrat ou dans une ancienne décision doit être vérifié de nouveau.
- La renumérotation des textes ne s’accompagne d’aucune table de correspondance publiée : chacun établit donc l’équivalence entre l’ancien et le nouveau pour son propre compte.
- L’immunité pénale est conditionnée par la bonne foi, une notion qui sera de toute façon appréciée au cas par cas, de sorte que la protection est moins nette qu’elle n’en a l’air.
- Le délai de 3 jours pour publier la déclaration sur SEDIS est court pour les petits cabinets, et son non-respect entre directement dans les fautes sanctionnées pécuniairement.
- Les honoraires « dérisoires » ne sont assortis d’aucun seuil chiffré, de sorte que la présomption d’atteinte à l’indépendance reste à l’appréciation de l’instance disciplinaire.
- Le texte compte 42 pages de Journal officiel de la Roumanie et aucune version consolidée officielle ne met en évidence les modifications, ce qui rend la lecture difficile pour qui ne suit pas la profession.
Conseils pratiques
- Si vous êtes praticien de l’insolvabilité, vérifiez tous les renvois aux articles dans vos procédures internes, dans vos contrats de collaboration et dans vos modèles de demandes. La numérotation a changé lors de la republication.
- Fixez-vous un délai interne de 2 jours pour la déclaration relative à la quote-part de 2 % sur le portail SEDIS. Le délai légal est de 3 jours à compter du virement et son dépassement constitue une faute disciplinaire.
- Vérifiez vos règles internes d’accès à ANCPI, Patrimven, DRPCIV et ONRC. Consulter une base de données pour autre chose que le dossier dans lequel vous avez été désigné entraîne une amende et la suspension de l’accès.
- Tenez le registre des cours de formation professionnelle continue et des justificatifs de participation. Leur absence est désormais sanctionnée par la suspension de la profession.
- Lors de la formulation de l’offre d’honoraires, documentez la référence au standard de coût et aux critères de complexité. Une offre très basse peut être traitée comme une atteinte à l’indépendance.
- Si vous êtes créancier ou débiteur dans une procédure, demandez au praticien la déclaration relative aux situations présentant un risque d’incompatibilité. L’obligation de les communiquer au tribunal est désormais expresse.
- Si vous vous retirez d’une forme d’organisation, informez-en la filiale dans un délai de 30 jours et choisissez votre section au Tableau de l’UNPIR. À défaut, vous basculez automatiquement parmi les membres incompatibles.
- Pour toute sanction pécuniaire reçue, retenez le délai de 90 jours. Le défaut de paiement dans cet intervalle entraîne la suspension de la profession pour une durée de 3 à 6 mois.
Questions fréquentes
Qu’a-t-on publié, exactement, le 15 juillet 2026 ?
Les modifications sont-elles nouvelles depuis le 15 juillet ?
Le praticien ne peut-il vraiment plus être poursuivi pénalement pour ce qu’il dit à l’audience ?
Que représente la quote-part de 2 % sur le portail SEDIS ?
À combien s’élève l’amende pour usage abusif des bases de données ?
Je suis créancier. À quoi cette republication me sert-elle ?
Où trouver la correspondance entre l’ancienne et la nouvelle numérotation ?
Texte original de l’acte normatif
Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.
Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie
Journal officiel de la Roumanie n° 579 du 15 juillet 2026 48 pages PDF, 268 KB l'acte commence à la page 6
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