L’essentiel

  • La loi n° 168/2026 impose une part croissante d’énergie renouvelable dans le chauffage et le refroidissement : 35,9 % en 2027, 37,1 % en 2028, 38,6 % en 2029 et 41,4 % en 2030, via des programmes de soutien pour remplacer les vieilles chaudières et poêles par des pompes à chaleur, des panneaux solaires ou d’autres solutions.
  • La biomasse forestière utilisée par les grands opérateurs (installations de plus de 7,5 MW pour la biomasse solide ou 2 MW pour la biomasse gazeuse) doit être exclusivement certifiée et traçable, sous peine d’amendes pouvant atteindre 40 000 lei.
  • Sont concernés : les propriétaires d’appartements raccordés au chauffage urbain (comptage individuel obligatoire d’ici le 31 décembre 2030), les communes de plus de 20 000 habitants (plan local de chauffage à partir de 2027) et les opérateurs de chauffage urbain.
Acte : Loi n° 168/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 647 du 5 août 2026
En vigueur depuis : 8 août 2026

La Roumanie entend, par la loi n° 168/2026, réduire drastiquement sa dépendance au bois de chauffage et aux combustibles fossiles solides pour le chauffage des logements et des bâtiments, à travers un calendrier clair d’objectifs annuels et des programmes nationaux de remplacement des vieilles chaudières et poêles par des pompes à chaleur, des panneaux solaires ou d’autres technologies propres. La loi, promulguée le 4 août 2026 et publiée le lendemain au Journal officiel de la Roumanie, transpose des objectifs européens de décarbonation du secteur du chauffage et du refroidissement et introduit, pour la première fois à ce niveau de détail, des obligations de traçabilité pour la biomasse forestière utilisée à l’échelle industrielle, aux côtés d’autres mesures récentes encourageant les sources renouvelables au niveau des ménages individuels, comme la compensation quantitative de l’énergie produite par des panneaux solaires.

Le cœur de la loi est un calendrier d’objectifs pour la part des sources renouvelables dans le chauffage et le refroidissement : 35,9 % en 2027, 37,1 % en 2028, 38,6 % en 2029 et 41,4 % en 2030. Pour les atteindre, les autorités locales, avec les autorités centrales, doivent mener des programmes de soutien volontaires (les propriétaires ne sont donc pas obligés de changer de chaudière) pour le remplacement progressif, d’ici 2040, des unités de chauffage de plus de 10 ans ou dont le rendement est inférieur à 65 %, en privilégiant les sources géothermiques, les pompes à chaleur, les capteurs solaires, la cogénération à haut rendement sans biomasse forestière, les systèmes photovoltaïques couplés à des pompes à chaleur, ou la valorisation de la chaleur fatale. La loi fixe aussi des objectifs quantitatifs minimaux : au moins 50 000 unités remplacées d’ici 2030, 100 000 d’ici 2035 et 250 000 d’ici 2040.

Le second volet majeur concerne la biomasse forestière utilisée industriellement. Les opérateurs disposant d’installations de plus de 7,5 MW pour la biomasse solide ou 2 MW pour la biomasse gazeuse doivent utiliser exclusivement de la biomasse forestière certifiable et transmettre chaque année, avant le 31 mars, un rapport de durabilité vérifié de manière indépendante par un tiers accrédité. Le non-respect de ces obligations est sanctionné par des amendes allant de 7 500 à 40 000 lei, selon le type de manquement.

Le cadre méthodologique que la loi exigeait pour le 31 août 2026 a été publié ce jour même : comment se décide ce que chaque ménage reçoit à la place de son poêle à bois.

Les effets concrets

Pour les propriétaires d’appartements raccordés aux réseaux de chauffage urbain, l’effet le plus concret est une échéance ferme : d’ici le 31 décembre 2030, tous les immeubles en copropriété devront disposer de compteurs individuels pour le chauffage, le refroidissement et l’eau chaude, ou, lorsque le comptage individuel n’est pas techniquement réalisable ou rentable, de répartiteurs de frais installés sur chaque radiateur. En pratique, la facturation à parts égales, sans lien avec la consommation réelle, devrait disparaître dans les années à venir.

L’argent destiné aux réseaux qui portent la chaleur jusqu’à ces appartements a désormais son formulaire de demande : le guide de 590 millions d’euros pour le chauffage urbain intelligent reçoit la demande de préfinancement 99 jours avant le dernier délai.

Pour les communes de plus de 20 000 habitants, la loi introduit une nouvelle obligation : à partir de 2027, chaque collectivité de ce type devra élaborer et actualiser, une fois tous les 4 ans, un plan local de chauffage et de refroidissement, incluant des scénarios de transition énergétique, communiqué au ministère de l’Énergie. Ces mêmes communes pourront délimiter, par décision, des zones unifiées de chauffage où s’applique une solution technique centralisée unique, précisément pour protéger les investissements publics déjà réalisés dans les réseaux de chauffage urbain.

Pour les entreprises brûlant de la biomasse forestière à grande échelle, la loi signifie des coûts de conformité supplémentaires (certification, vérification indépendante, rapport annuel), mais aussi un risque de sanction en cas d’utilisation de bois issu de sources non certifiées ou non durables, un sujet sensible dans le contexte des coupes illégales régulièrement signalées ces dernières années.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

  • Des objectifs légaux, pas de simples recommandations : la part des sources renouvelables dans le chauffage et le refroidissement reçoit pour la première fois des objectifs chiffrés contraignants, année après année, jusqu’en 2030.
  • Une nouvelle traçabilité pour la biomasse : les grands opérateurs de biomasse doivent démontrer chaque année, par une vérification indépendante, que le bois utilisé est certifié et durable, sous peine de sanctions.
  • Une échéance ferme pour le comptage individuel : le 31 décembre 2030 pour l’installation de compteurs ou de répartiteurs de frais dans toutes les copropriétés raccordées aux réseaux collectifs, une modification apportée à la loi sur l’efficacité énergétique n° 121/2014.
  • Une planification locale obligatoire : les communes de plus de 20 000 habitants doivent disposer, à partir de 2027, d’un plan local de chauffage et de refroidissement, actualisé périodiquement.
  • Une gouvernance d’entreprise élargie : les opérateurs de chauffage urbain ayant le statut d’entreprise publique relèvent désormais explicitement des règles de gouvernance d’entreprise de l’ordonnance d’urgence du gouvernement n° 109/2011.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Une facturation plus juste pour les habitants d’immeubles, fondée sur la consommation réelle, une fois le comptage individuel généralisé d’ici 2030.
  • Un soutien financier (fonds européens, Fonds pour l’environnement, Fonds pour la modernisation) pour remplacer les vieilles chaudières et poêles polluants par des technologies propres, sur une base volontaire.
  • Un risque réduit d’exploitation illégale du bois, grâce aux obligations de traçabilité et de certification de la biomasse forestière utilisée industriellement.

Ce qui reste problématique

  • Les programmes de remplacement des chaudières sont volontaires ; sans demande de la part des propriétaires, le rythme réel de décarbonation pourrait rester bien en deçà des objectifs légaux.
  • Le financement dépend de budgets approuvés annuellement et de fonds européens, donc le soutien concret aux ménages peut être retardé ou varier d’une année à l’autre.
  • Le comptage individuel d’ici 2030 implique des coûts d’investissement pour les copropriétés, même si l’installation de répartiteurs est en général moins coûteuse que celle de compteurs.

Conseils pratiques

  1. Si vous habitez un immeuble raccordé au chauffage urbain sans comptage individuel : discutez dès maintenant en copropriété de l’installation de compteurs ou de répartiteurs, l’échéance légale (31 décembre 2030) approche plus vite qu’il n’y paraît.
  2. Si vous avez une chaudière ou un poêle à combustible solide de plus de 10 ans : suivez les programmes de soutien de votre commune et du ministère de l’Énergie pour le remplacement par une pompe à chaleur ou des panneaux solaires, la participation est volontaire et vous n’êtes pas obligé de changer immédiatement de chaudière.
  3. Si vous êtes syndic d’une copropriété : vérifiez dès maintenant si votre immeuble relève du comptage individuel ou des répartiteurs, selon la faisabilité technique, la décision influence les coûts d’investissement.
  4. Si vous êtes une entreprise disposant d’une installation biomasse au-dessus des seuils légaux : préparez à l’avance les documents de traçabilité et la vérification indépendante annuelle, le rapport est à déposer avant le 31 mars pour l’année précédente.
  5. Si vous habitez une commune de plus de 20 000 habitants : suivez le plan local de chauffage et de refroidissement de votre commune, qui indiquera, à partir de 2027, les solutions techniques prévues pour votre zone.

Questions fréquentes

Que rend obligatoire exactement la loi n° 168/2026 ?
Elle fixe des objectifs annuels pour la part de l’énergie renouvelable dans le chauffage et le refroidissement (jusqu’à 41,4 % en 2030), impose la traçabilité et la certification de la biomasse forestière utilisée industriellement, et introduit l’échéance du 31 décembre 2030 pour le comptage individuel de l’énergie thermique dans les immeubles.
Les propriétaires sont-ils obligés de changer leur chaudière à bois ?
Non. Les programmes de remplacement des unités de chauffage sont volontaires, la participation se fait uniquement à la demande du propriétaire. La loi n’interdit pas l’utilisation des chaudières existantes, y compris celles fonctionnant à la biomasse forestière.
Que se passe-t-il si mon immeuble n’a pas de comptage individuel d’ici 2030 ?
La loi ne détaille pas de sanctions directes pour les copropriétés, mais elle impose l’installation de compteurs ou, lorsque ce n’est pas techniquement réalisable, de répartiteurs de frais, comme obligation légale pour les opérateurs et les autorités responsables des réseaux collectifs.
Qui vérifie que la biomasse forestière est légale et durable ?
Les grands opérateurs doivent obtenir une vérification indépendante d’un tiers accrédité ou certifié, au niveau national ou dans un autre État membre de l’UE, tandis que l’Autorité nationale de régulation dans le domaine de l’énergie et le ministère de l’Environnement, des Eaux et des Forêts constatent les infractions et appliquent les sanctions.
Qu’est-ce qu’une zone unifiée de chauffage et de refroidissement ?
Une zone délimitée par décision de l’autorité locale, dans laquelle s’applique une solution technique centralisée unique de chauffage et de refroidissement, destinée à protéger les investissements publics déjà réalisés dans les réseaux de chauffage urbain de cette zone.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 647 du 5 août 2026 16 pages PDF, 114 KB l'acte commence à la page 7

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Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.