L’essentiel

  • Un prévenu s’est plaint de ne pas avoir bénéficié d’un avocat commis d’office, ni pendant l’instruction pénale, ni devant la chambre préliminaire, et de ne pas avoir été informé des droits prévus par le code de procédure pénale.
  • La Cour constitutionnelle a rejeté l’exception comme irrecevable, à l’unanimité des voix : le grief ne portait pas sur les textes de loi, mais sur la manière dont les autorités judiciaires les ont appliqués.
  • Le reproche reste valable comme moyen de défense, mais il se soulève devant la juridiction pénale, non devant la Cour constitutionnelle. La juridiction peut l’examiner et y remédier.
Acte : Décision CCR n° 164/2026
Publié : Journal officiel de la Roumanie n° 611 du 27 juillet 2026
Entrée en vigueur : 27 juillet 2026

Si vous n’avez pas eu d’avocat commis d’office dans un dossier pénal, la plainte se dépose devant la juridiction qui juge l’affaire, non devant la Cour constitutionnelle. La Cour a rejeté comme irrecevable l’exception soulevée par Bratu Adrian-Robert dans un dossier du tribunal pour mineurs et la famille de Brașov, par laquelle étaient contestés l’article 83, lettres c), d), e) et h) et l’article 90, lettre b) du code de procédure pénale. C’est la même ligne que la Cour a suivie lorsque elle a été interrogée sur la confirmation du juge lors de la réouverture de l’instruction pénale. La décision n° 164 du 26 février 2026 a été publiée au Journal officiel de la Roumanie (Monitorul Oficial) n° 611 du 27 juillet 2026.

Les textes contestés sont précisément ceux qui énumèrent les droits du prévenu. L’article 83, lettre c) prévoit le droit d’avoir un avocat choisi et, si la personne n’en désigne aucun, le droit de se voir désigner un avocat commis d’office dans les cas d’assistance obligatoire. Les lettres d), e) et h) concernent le droit de proposer des preuves, de soulever des exceptions et de présenter des conclusions, le droit de formuler toute autre demande et les autres droits prévus par la loi.

L’article 90, lettre b) établit que l’assistance juridique est obligatoire lorsque l’autorité judiciaire estime que le suspect ou le prévenu ne pourrait pas assurer seul sa défense. L’auteur de l’exception a soutenu qu’aucun avocat commis d’office ne lui a été assuré et que ce texte ne lui a été porté à la connaissance ni oralement, ni par écrit.

Les effets concrets

Le premier effet est que les textes restent intacts. L’article 83 et l’article 90 du code de procédure pénale continuent de s’appliquer sous la même forme, et la Cour n’a pas examiné au fond s’ils sont ou non conformes à la Constitution.

Le deuxième effet est la délimitation qui compte en pratique. La Cour a retenu que les allégations de l’auteur ne visent pas l’inconstitutionnalité des textes, mais la manière dont ces dispositions légales ont été appliquées par les autorités judiciaires dans l’affaire soumise au juge. C’est exactement le type de problème que les juridictions de droit commun peuvent examiner et, le cas échéant, corriger.

Le troisième effet est une limite de compétence, invoquée expressément. Selon l’article 2, paragraphe 3 de la loi n° 47/1992, la Cour ne se prononce que sur la constitutionnalité des actes dont elle a été saisie et ne peut pas examiner l’application concrète de la loi dans une affaire déterminée.

Le quatrième effet tient au fondement du rejet, un peu plus inhabituel. La Cour a constaté l’irrecevabilité au regard de l’article 126, paragraphe 1 de la Constitution, c’est-à-dire de la règle selon laquelle la justice est rendue par les juridictions, et de l’article 2, paragraphes 2 et 3 de la loi n° 47/1992. Autrement dit, la réponse appartient au juge de l’affaire.

Le cinquième effet est celui qui sert à tout prévenu placé dans la même situation. Le reproche portant sur l’absence d’avocat commis d’office ne se perd pas : il reste un moyen de défense qui se soulève dans la procédure de la chambre préliminaire ou dans la voie de recours, où il peut entraîner des sanctions procédurales concrètes.

Ce qui change par rapport à la situation antérieure

En droit, rien ne change. La décision ne modifie pas le régime de l’assistance juridique obligatoire et n’ajoute aucune condition nouvelle. Elle confirme seulement où se tient la discussion.

La position de la juridiction de renvoi allait d’ailleurs dans le même sens, quoique sur un autre fondement. Le tribunal pour mineurs et la famille de Brașov a estimé l’exception non fondée et a relevé que l’auteur invoque des arguments qui visent le fond de la contestation, sans établir de corrélation concrète et précise entre les textes critiqués et les dispositions constitutionnelles prétendument violées.

La liste des textes constitutionnels invoqués par l’auteur mérite elle aussi d’être observée. Elle comprenait le libre accès à la justice et le droit à un procès équitable, la présomption d’innocence, les droits de la défense, le droit de pétition, le droit de la personne lésée par une autorité publique, la réalisation de la justice et l’exercice des voies de recours. La représentante du ministère public a demandé le rejet comme irrecevable précisément parce que l’auteur s’était limité à énumérer ces dispositions, sans montrer en quoi consiste la contrariété.

C’est la deuxième fois dans la même édition du Journal officiel de la Roumanie que la Cour rejette une exception en matière pénale pour un motif de recevabilité, et non au fond. La tendance n’est pas fortuite : les critiques qui décrivent une expérience procédurale concrète, aussi fondées soient-elles comme reproche, ne se transforment pas automatiquement en un problème de constitutionnalité du texte.

Pour le standard appliqué, la Cour renvoie à la décision n° 491 du 27 octobre 2022, où elle a retenu la même chose : le contrôle de constitutionnalité vise exclusivement la conformité des dispositions légales aux normes constitutionnelles, et non la manière dont les autorités judiciaires les appliquent. Lorsque la critique porte en revanche sur le texte lui-même, la Cour se prononce au fond, comme elle l’a fait en examinant si la défense peut connaître l’identité réelle du témoin menacé.

Avantages et inconvénients

Ce que cela améliore

  • Elle dit clairement où le problème se résout : devant la juridiction pénale, qui peut examiner et corriger la manière dont la loi a été appliquée.
  • Elle reproduit intégralement les textes sur les droits du prévenu et sur l’assistance juridique obligatoire, utiles comme repère pour quiconque prépare sa défense.
  • Elle confirme que l’assistance juridique est obligatoire aussi lorsque l’autorité judiciaire estime que le prévenu ne pourrait pas assurer seul sa défense, et pas seulement dans les cas énumérés expressément.
  • Elle explique pourquoi une énumération d’articles de la Constitution ne suffit pas à soutenir une exception, information qui évite du temps perdu.

Ce qui reste problématique

  • L’auteur de l’exception reste sans réponse au fond, plus de quatre ans après la saisine de la Cour.
  • La décision n’offre aucun critère sur la façon dont l’autorité judiciaire doit apprécier si quelqu’un peut assurer seul sa défense, alors que c’était là le véritable enjeu.
  • Le remède dépend de la juridiction qui juge le dossier, si bien que les solutions peuvent varier d’une affaire à l’autre.
  • L’obligation de porter à la connaissance les dispositions relatives à l’assistance obligatoire n’est pas clarifiée non plus, aspect pourtant expressément dénoncé par l’auteur.

Conseils pratiques

  1. Si vous n’avez pas eu d’avocat dans un dossier pénal, invoquez-le devant la juridiction, dans la procédure de la chambre préliminaire ou dans la voie de recours. C’est le seul endroit où cela peut être examiné et corrigé.
  2. Demandez par écrit la désignation d’un avocat commis d’office et conservez la preuve de la demande. Sans trace écrite, la discussion ultérieure devient beaucoup plus difficile à mener.
  3. Si vous estimez ne pas pouvoir assurer seul votre défense, dites-le expressément à l’autorité judiciaire et demandez que cela soit consigné dans le procès-verbal. L’article 90, lettre b) rattache l’assistance obligatoire précisément à cette appréciation.
  4. Vérifiez si les droits prévus par l’article 83 du code de procédure pénale vous ont été portés à la connaissance et si cela a été consigné. L’absence de consignation est un argument procédural.
  5. Si vous soulevez une exception d’inconstitutionnalité, n’énumérez pas des articles de la Constitution. Montrez concrètement en quoi consiste la contrariété entre le texte de loi et la norme constitutionnelle, faute de quoi l’exception sera rejetée comme irrecevable.
  6. Séparez clairement les deux types de critiques : ce que vous reprochez au texte de loi et ce que vous reprochez aux autorités judiciaires. Les premières vont à la Cour constitutionnelle, les secondes à la juridiction de l’affaire.

Questions fréquentes

Quand l’assistance juridique est-elle obligatoire dans le procès pénal ?
Entre autres, selon l’article 90, lettre b) du code de procédure pénale, lorsque l’autorité judiciaire estime que le suspect ou le prévenu ne pourrait pas assurer seul sa défense. Le texte énumère aussi d’autres cas d’assistance obligatoire.
Qu’a décidé effectivement la Cour constitutionnelle ?
Elle a rejeté l’exception comme irrecevable, à l’unanimité des voix, parce que les allégations portaient sur la manière dont la loi a été appliquée par les autorités judiciaires, et non sur la constitutionnalité des textes.
Où signaler l’absence d’avocat commis d’office ?
Devant la juridiction qui juge le dossier. La Cour constitutionnelle a montré expressément que ce type de problème relève de la compétence des juridictions de droit commun, qui peuvent l’examiner et, le cas échéant, y remédier.
Quels droits le prévenu a-t-il selon l’article 83 du code de procédure pénale ?
Entre autres, le droit à un avocat choisi ou, dans les cas d’assistance obligatoire, à un avocat commis d’office, le droit de proposer des preuves, de soulever des exceptions et de présenter des conclusions, le droit de formuler toute autre demande concernant le volet pénal et le volet civil, ainsi que les autres droits prévus par la loi.
Pourquoi ne suffit-il pas d’invoquer plusieurs articles de la Constitution ?
Parce qu’une exception doit montrer en quoi consiste la contrariété entre le texte critiqué et la norme constitutionnelle. La simple énumération de dispositions ne constitue pas une critique véritable, et la Cour ne peut pas se substituer à l’auteur pour la formuler.
À partir de quand la décision produit-elle des effets ?
À partir de sa publication au Journal officiel de la Roumanie, c’est-à-dire du 27 juillet 2026. Selon l’article 147, paragraphe 4 de la Constitution, les décisions de la Cour constitutionnelle sont généralement obligatoires à compter de la date de leur publication et n’ont d’effet que pour l’avenir.

Texte original de l’acte normatif

Le texte ci-dessous est reproduit en roumain, la forme officielle de publication.

Le texte intégral, tel que publié au Journal officiel de la Roumanie

Journal officiel de la Roumanie n° 611 du 27 juillet 2026 16 pages PDF, 111 KB l'acte commence à la page 4

Ouvrir le PDF officielTélécharger le PDF

La visionneuse ne s'affiche pas sur les petits écrans. Utilisez les boutons ci-dessus pour ouvrir ou télécharger le fichier.

Cet article a un caractère purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour des situations concrètes, consultez un avocat ou un conseiller fiscal agréé.